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Le Pérugin en 2 minutes

En bref

En plein cœur de la première Renaissance italienne, Le Pérugin (1450–1523) eut le privilège de côtoyer Léonard de Vinci dans l’atelier du maître Andrea del Verrocchio. Il est ensuite l’un des artistes appelés sur le chantier de la chapelle Sixtine, aux côtés de Sandro Botticelli. Ce peintre religieux, spécialiste de la technique de la fresque, fut ensuite le maître de Raphaël ! Au cœur du bouillonnement de la Renaissance, il s’impose comme l’un des artistes les plus novateurs de son temps.

Le Pérugin, Autoportrait présumé, détail des fresques du Collegio del Cambio, Pérouse
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Le Pérugin, Autoportrait présumé, détail des fresques du Collegio del Cambio, Pérouse, 1497–1500

On a dit de lui

« Si un maître convenait à Raphaël, c’était Le Pérugin ! » Alexandre Dumas

Sa vie

Le Pérugin doit son nom d’artiste à la ville de Pérouse, près de laquelle il est né sous le nom de baptême de Pietro Vannucci. Issu d’une famille nombreuse, il est mis très jeune en apprentissage chez un peintre local. Se révélant talentueux, et surtout passionné, le jeune entre dans l’atelier de Piero della Francesca à Pérouse.

Sans doute vers l’âge de vingt ans,  Le Pérugin quitte sa ville pour rejoindre Florence, attiré par la modernité et la nouveauté artistique. Là, il entre dans l’atelier de Verrocchio, où se forme également Léonard de Vinci. Il concentre ses efforts sur la peinture religieuse, la demande locale étant très vive pour ce type de sujets, bien que Le Pérugin soit peu croyant. Vasari le présenta comme un fieffé matérialiste, à la « cervelle de marbre ».

En 1478, l’artiste est appelé à Rome pour apporter son concours au prestigieux chantier de la chapelle Sixtine, la chapelle privée du pape. Le Pérugin y réalise pas moins de six fresques dont seules trois subsistent aujourd’hui.

L’art du Pérugin est très réputé à son époque, il est considéré comme l’un des plus talentueux peintres d’Italie. La raison ? Sa maîtrise de la transparence des couleurs et des lumières, mais aussi son goût pour les compositions lisibles, facilement accessibles. Ses œuvres semblent emplies de sérénité.

Pourtant, Le Pérugin semble avoir été animé d’un tempérament plutôt volcanique. En 1486, il est condamné pour avoir agressé un individu dans les rues de Florence. Était-ce pour un différend lié à l’argent ? Néanmoins, cet incident déplorable n’entache guère sa réputation de peintre. Le Pérugin possède non pas un mais deux ateliers : à Florence et à Pérouse. Raphaël devient son élève. Ce dernier travailla à certains décors de fresque avec son maître, notamment à Pérouse (chapelle San Severo). À la mort du Pérugin, en 1523 (en raison de l’épidémie de peste), la notoriété de l’élève aura dépassé celle de son professeur !

Ses œuvres clés

Le Pérugin, La Remise des clés à saint Pierre
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Le Pérugin, La Remise des clés à saint Pierre, 1481–1482

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Fresque • 335 × 550 cm • Chapelle Sixtine, Vatican • © Bridgeman Images.

La Remise des clés à saint Pierre, 1482

Dans ce vaste décor, Jésus est représenté remettant les clés à saint Pierre. L’une ouvrira les portes du paradis. L’artiste soigne l’attitude des personnages dont les visages expriment concentration et douceur. Le Pérugin montre également qu’il maîtrise à la perfection les lois de la perspective, au travers du décor architectural qui se déploie à l’arrière-plan des personnages. Il emploie la perspective centrée, comme le veut l’usage du XVe siècle.

Le Pérugin, La Vierge à l’Enfant entre les saints Jean-Baptiste et Sébastien
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Le Pérugin, La Vierge à l’Enfant entre les saints Jean-Baptiste et Sébastien, 1493

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Huile sur panneau • 164 × 178 cm • Coll. Galerie des Offices, Florence

La Vierge à l’Enfant entre les saints Jean-Baptiste et Sébastien, 1493

Le Pérugin aurait pris pour modèle son épouse, Chiara, pour prêter ses traits à la Vierge. Cette dernière est assise en majesté, tenant l’enfant Jésus. Rien ne semble les relier au monde visible, ni même aux saints qui les entourent. C’est une image pleine de distanciation, mais aussi de douceur pieuse. Le Pérugin traite la composition en symétrie et avec frontalité, selon ses habitudes.

Le Pérugin, Les Grands Hommes de l’Antiquité
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Le Pérugin, Les Grands Hommes de l’Antiquité, 1497–1500

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Fresque • 293 × 418 cm • Collegio del Cambio, Pérouse

Les Grands Hommes de l’Antiquité, 1497–1500

Chef-d’œuvre de la peinture italienne à l’extrême fin du XVe siècle, cet ensemble de fresques fut confié au Pérugin au fait de sa gloire. Ce sont des scènes allégoriques qui incarnent les vertus, ici la sagesse personnifiée par les hommes illustres de l’Antiquité classique (dont Socrate) surmontés de la Prudence et de la Justice. Pleinement humaniste, la beauté de ce décor est servie par une palette contrastée et brillante.

Par • le 28 septembre 2020
Retrouvez dans l’Encyclo : Renaissance italienne Le Pérugin

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