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Hiroshige en 2 minutes

En bref

Andô Hiroshige (1797–1858) est l’un des plus célèbres graveurs japonais de l’époque Edo (1603–1868) et l’un des maîtres du mouvement ukiyo-e (« images du monde flottant ») après Hokusai. Ces images font partie de la culture populaire du Japon mais sont collectionnées comme des œuvres à part entière en Europe au cours du XIXe siècle. Observateur de la nature, Hiroshige est principalement reconnu comme un peintre du paysage, jouant sur les transparences et cultivant le thème des saisons.

Utagawa Kunisada, Portrait mémorial d’Andô Hiroshige
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Utagawa Kunisada, Portrait mémorial d’Andô Hiroshige, 1858

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Gravure sur bois • 36,2 × 24,4 cm • Coll. Metropolitan Museum of Art, New York

Il a dit

 « Moi, je ne peux que copier la nature des choses. Ainsi mes œuvres sont comme des photographies. »

Sa vie

Originaire d’une famille de samouraïs, Andô Hiroshige est destiné à une carrière au sein de la brigade des pompiers de la cour du Shôgun. Il perd très jeune ses parents, mais tient la charge transmise par son père jusqu’à l’âge de 27 ans. En parallèle, le jeune homme cultive l’art du dessin. Son aptitude lui permet de rejoindre l’atelier du maître Toyohiro Utagawa, grand nom de l’ukiyo-e spécialisé dans la représentation des paysages.

Aux côtés d’Utagawa, Hiroshige se forme à l’art de l’estampe. Le procédé est celui de la xylographie, une technique de gravure sur bois permettant de multiplier une image sur un support de tissu ou de papier. Son goût le porte vers la représentation de personnages, notamment d’acteurs et de courtisanes. C’est alors un art populaire, aux thèmes répétitifs, produit en nombre et destiné à la bourgeoisie. Avant 1858, et l’ouverture du Japon au commerce avec l’Europe, ces estampes ne circulent pas en dehors du pays du Soleil-Levant. Elles doivent, du reste, être visées par le comité de censure.

À partir des années 1830, Hiroshige se tourne vers le paysage. Il réalise à l’occasion d’une mission diplomatique la célèbre série « Cinquante-trois relais du Tōkaidō ». L’artiste est alors reconnu et reçoit de nombreuses commandes d’éditeurs. Sa production est faramineuse, elle compte à la fin de sa vie plus de 5 000 estampes ! La nature est omniprésente, mais Hiroshige n’oublie jamais les personnages. En arrière-plan, il aime peupler ses paysages de scènes de la vie quotidienne : foules, passants, pèlerins, courtisanes.

Pour accomplir l’immense travail qui lui est confié, l’artiste s’entoure d’un atelier comprenant une vingtaine d’élèves, qui achèvent parfois ses travaux.

À la fin de sa vie, Hiroshige produit ce qui restera son chef-d’œuvre : un recueil de 19 planches intitulé Cent vues célèbres d’Edo. Il réalise également deux importantes séries sur le mont Fuji, reprenant un thème traité avant lui par Hokusai. Il décède du choléra en 1858, victime d’une épidémie qui a décimé une partie de la ville d’Edo.

Ses œuvres clés

Andô Hiroshige, Les Cinquante-trois relais du Tōkaidō – Mitsuke n°29
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Andô Hiroshige, Les Cinquante-trois relais du Tōkaidō – Mitsuke n°29, 1832

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Xylographie

Les Cinquante-trois relais du Tōkaidō, 1832

Il s’agit d’un recueil de 55 estampes représentant des étapes reliant Edo (actuelle Tokyo) à Kyoto, qui était alors la ville impériale. Ce volume d’images, qui glorifie l’une des routes les plus célèbres du Japon, a valu à Hiroshige une grande renommée. L’artiste offre la preuve de son talent de paysagiste, il sait notamment mettre en scène les phénomènes naturels que sont la pluie ou le brouillard. La série montre de nombreux points de vue spectaculaires, entre montagne et mer.

Andô Hiroshige, Langouste, crevettes
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Andô Hiroshige, Langouste, crevettes, 1832

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Xylographie • © akg-images

Langouste, crevettes, 1832

Hiroshige n’était pas seulement un maître du paysage, il s’est aussi intéressé au monde marin en réalisant deux séries de 10 planches consacrées aux poissons et crustacés. Il s’agit sans doute d’une commande d’un club de poésie. On remarque la délicatesse avec laquelle le peintre a représenté les détails, et son grand souci de réalisme.

Andô Hiroshige, Cent vues célèbres d’Edo – Suruga-cho n°8
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Andô Hiroshige, Cent vues célèbres d’Edo – Suruga-cho n°8, 1856–1858

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Xylographie • Coll. Brooklyn museum

Cent vues célèbres d’Edo, 1856–1858

Ce recueil représente des vues paysagères célèbres d’Edo, et plus particulièrement des lieux emblématiques de la ville. La série intervient après un terrible séisme, et pourtant Hiroshige a privilégié une vision idéalisée de la cité. L’artiste n’oublie pas les habitants, leurs habitudes, leur circulation. La composition est représentative du style d’Hiroshige : un premier plan large et des détails représentés en arrière-plan. Les couleurs sont éclatantes, privilégiant le bleu et le vert.

Par • le 17 février 2020
Retrouvez dans l’Encyclo : Utagawa Hiroshige

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