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Ces expositions où il est formellement permis de toucher

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Artistes et commissaires d’exposition bousculent de plus en plus les habitudes des musées et invitent les visiteurs à passer à l’acte en touchant les œuvres. Le but ? Permettre à chacun de mieux les percevoir, d’entrer en résonance avec l’objet ou, carrément, de s’improviser performeur pendant quelques minutes. Alors ne tremblez plus sous l’œil du gardien et caressez, effleurez, palpez, manipulez…

1. Franz West, les formes à pleines mains

Difficile de ne pas être intimidé. Pourtant le gardien de salle vous encouragera : oui, ces œuvres de Franz West (1947–2012) exposées au Centre Pompidou sont bel et bien destinées à être manipulées. Mieux : des cabines ont été installées pour que vous puissiez faire, en toute discrétion, absolument ce que vous voulez avec les Passstücke, ces sculptures conçues par l’artiste autrichien dans les années 1970 comme des prothèses mobiles du corps humain. Emparez-vous de l’une d’entre elles, soupesez son poids, puis dansez, touchez, partagez. Voilà exactement le but de l’artiste : défier le hiératisme autoritaire des espaces muséaux, et insuffler vie et absurdité au cœur du monde de l’art. Un peu plus loin, quelques bouquins sont mis à disposition – histoire que votre esprit, tout comme votre corps, s’agitent au contact de l’œuvre profondément ironique de Franz West.

Vue de l’exposition Franz West au Centre Pompidou
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Vue de l’exposition Franz West au Centre Pompidou, 2018

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© Philippe Migeat – Centre Pompidou

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Franz West

Du 12 septembre 2018 au 10 décembre 2018

2. Prendre son pied avec Gaëlle Choisne

On lui a dit : parlez-nous d’amour. L’artiste Gaëlle Choisne (née en 1985) a répondu en bâtissant un Temple of Love éphémère, spirituel et un chouïa bordélique, au sein de Bétonsalon, centre d’art du 13e arrondissement. Avant de passer sous un faux péristyle et de s’affaler sur de gigantesques coussins pour regarder des vidéos, le visiteur est invité à enlever ses chaussures pour plonger ses pieds dans un Pediluv (2018). À proximité, quelques livres (encore !). Ainsi, les jambes en partie baignées dans une eau qui fait figure de seuil à l’exposition rappellent certaines coutumes religieuses ; chacun peut s’immerger dans les préoccupations politiques de l’artiste – fondées sur la pensée post-colonialiste et les théories féministes. Classe. Et très actuel.

Gaëlle Choisne, TEMPLE OF LOVE (détail)
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Gaëlle Choisne, TEMPLE OF LOVE (détail), 2018

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Courtesy Bétonsalon – Centre d’art et de recherche, Paris / © Aurélien Mole

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Gaëlle Choisne. Temple of Love

Du 5 septembre 2018 au 15 décembre 2018

3. Le graphisme à portée de main

D’ordinaire, les expositions de graphisme se résument à des séries d’affiches qui se contemplent à distance. Mais les trois curateurs – François Havegeer, Sacha Léopold et Quentin Schmerber –, ont voulu défier la tendance, en présentant des dizaines de petits objets : invitations, cartes de visite, boîtes d’allumettes, publications… Avec, pour titre d’exposition, une facétie : Ce n’est pas la taille qui compte. L’idée géniale de ce rendez-vous graphique tient à sa scénographie, signée par la jeune Pernelle Poyet : tous les objets sont mis à disposition sur de grandes étagères, histoire que les visiteurs puissent s’en emparer, les retourner, en observer tous les infinis détails. La tranche bleutée de la carte de visite d’un architecte, la texture d’une invitation à un défilé de mode, la brillance d’une typographie… Le résultat est là : on comprend parfaitement l’aspect jubilatoire du graphisme, qui conjugue design, invention et imprimerie haut de gamme.

Petits Objets #6
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Petits Objets #6

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© Sunier Mazé / Alexandru Balgiu / Olivier Lebrun / SpMillot / M M (Paris) / Bizzarri & Rodriguez

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Ce n’est pas la taille qui compte

Du 13 septembre 2018 au 16 décembre 2018

4. Monsieur et Madame touche-à-tout

Son nom ne vous dit peut-être rien, pourtant il y a peu de foyers occidentaux qui n’accueillent pas ses créations. L’illustrateur Roger Hargreaves (1935–1988) est le créateur de la série de livres pour enfants Monsieur Madame. Son premier personnage ? Monsieur Chatouille, en 1971, rapidement suivi par Monsieur Grincheux et Monsieur Sale. Le Musée en Herbe revient sur ce succès phénoménal de la littérature jeunesse avec une exposition en deux parties : la première consacrée à l’histoire des Monsieur Madame, la seconde offrant une carte blanche à des artistes contemporains tels que Uderzo, Speedy Graphito et Chanoir. Surtout, et parce que chaque exposition est conçue à hauteur d’enfants, des jeux reprenant les formes et les couleurs des œuvres présentées permettent à chacun de se les approprier – et de reproduire, en puzzle, les tableaux présentés.

Vue de l’exposition « Les Monsieur Madame au musée »
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Vue de l’exposition « Les Monsieur Madame au musée », 2018

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© Le Musée en herbe

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Les Monsieur Madame au musée

Du 4 octobre 2018 au 20 janvier 2019
À partir de 6 €

5. Tomás Saraceno, faire corps avec l’œuvre

Le Palais de Tokyo confie une nouvelle fois l’intégralité de ses espaces à un seul et même artiste, Tomás Saraceno. Né en 1973 en Argentine, l’artiste imagine ON AIR, un projet protéiforme qui sollicite tous les sens des visiteurs… y compris leur participation. Preuve en est avec l’œuvre intitulée Algo-r(h)i(y)thms, installation de cordes tendues que les visiteurs sont invités à caresser et à pincer. Certaines produisent un son audible, d’autres une vibration imperceptible par l’oreille humaine. Aussi, le sol est transformé en enceinte monumentale grâce à la présence d’amplificateurs d’infrasons : pour mieux les entendre, il vaut mieux s’allonger sur le sol. Et ainsi faire corps avec l’espace d’exposition, avec l’œuvre, avec la musique.

Tomás Saraceno, Hybrid semi-social solitary musical instrument
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Tomás Saraceno, Hybrid semi-social solitary musical instrument, 2014

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Toile sous marine construite par une araignée Cyrtophora moluccensis en un jour, une araignée Cyrtophora citricola en trois semaines, et une araignée Agelena labyrinthica en six semaines • © Courtesy Tomás Saraceno / Tanya Bonakdar Gallery, New York / Andersen’s Contemporary, Copenhagen / Pinksummer contemporary art, Genoa / Esther Schipper, Berlin / Ruth Benzacar, Buenos Aires / Photo Studio Tomás Saraceno, 2014

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Carte Blanche à Tomás Saraceno : ON AIR

Du 17 octobre 2018 au 6 janvier 2019

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