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Des pizzas, des livres, des fleurs : le « Click & Collect », expression apparue pendant le confinement désignant le commerce à emporter, a permis à de nombreuses enseignes de continuer à vendre malgré les restrictions. Inspirés, Hervé Loevenbruck et Stéphane Corréard, amis et collaborateurs de longue date, ont créé Loeve & Co-llect, une déclinaison numérique de leur galerie commune Loeve & Co. L’idée ? Mettre en lumière chaque semaine un moment de l’histoire de l’art à travers une œuvre du stock de la galerie, dont le prix est largement baissé pour l’occasion – et accompagnée d’une documentation fournie. Début décembre, le projet s’est concrétisé dans une galerie en dur appelée Love & Collect, « magasin d’histoires de l’art », qui reprend le principe rue des Beaux-Arts à Paris en le déclinant tous les jours. Un exemple récent : une aquarelle de Malcolm Morley, lauréat du prestigieux Turner Prize, a été proposée à 2200 euros au lieu de 3200, soit 30% de moins.
Love&Collect, « magasin d’histoires de l’art »
Photo Fabrice Gousset
Rappelez-vous : c’était en octobre 2020, la Fiac venait d’annoncer qu’elle ne pourrait finalement pas se tenir. Associée à la Réunion des musées nationaux, la galerie Perrotin en a profité pour proposer aux Parisiens de participer à une grande chasse aux trésors dans un Grand Palais entièrement vide – un décor qui, en soi, valait déjà le détour. En deux jours, une dizaine de créneaux horaires étaient ouverts, pour 500 personnes à la fois. Avec, savamment dissimulées dans le monument tout entier, des placards à balais aux toilettes, des œuvres signées JR, Johan Creten, Bernard Frize, Takashi Murakami, Jean-Michel Othoniel, GaHee Park, Xavier Veilhan… D’une valeur estimée entre 1000 et 40 000 euros. Une vingtaine d’heureux veinards sont repartis conquis – de quoi damer le pion à la traditionnelle chasse aux œufs de Pâques.
Wanted !, au Grand Palais, 24 et 25 octobre 2020
Photo Tanguy Beurdeley
Elles ont le vent en poupe, ces boxes qui livrent chez nous toutes sortes de produits à thème : cosmétiques, vins, livres, vinyles, paires de collants… Le charismatique peintre Olivier Masmonteil s’en est inspiré pour créer « L’atelier en boîte ». Soit une box où se glissent œuvres de petite taille, sérigraphies, stickers, catalogues, carnets, etc. L’occasion de fournir aux artistes un revenu complémentaire en cette période de vaches maigres et de s’offrir une « visite d’atelier » en quelques objets. Il existe à ce jour dix boxes soigneusement emplies de surprises par Lionel Sabatté, Gaël Davrinche, Françoise Pétrovitch… Prix ? 300 euros chacune. Une somme inespérée pour ces noms bien établis de la scène française.
L’atelier d’Olivier Masmonteil
Photo Julie Limont
L'atelier en boîte
Sarah Trouche n’est pas du genre à faire tapisserie. Performeuse, sculptrice, photographe, elle utilise volontiers son corps nu pour porter un propos féministe, écologique, politique. Également réalisatrice et metteuse en scène, elle a fondé un exigeant festival de performances en 2019 dans son Médoc natal et passé l’été 2020 à parcourir la France en van avec des artistes… On n’était donc guère surpris (mais un peu tout de même) que cette hyperactive nous annonce son dernier « nouveau projet » : une série d’émissions culturelles diffusées sur TV7, une chaîne locale du sud-ouest de la France… dont elle se fait l’animatrice. Un format court, amusant et prescripteur, qui se plaît à mettre en avant artistes et lieux d’art de sa région (mais pas que), qu’elle défend avec cœur. L’occasion, nous confie-t-elle, de réinventer son rôle d’artiste à la faveur de la crise. Et de nous bluffer, encore une fois.
Sophie Calle, Des journées entières sous le signe du B, du C, du W, 2013
© Sophie Calle / © Perrotin Store
Connaissez-vous la valise RTL ? Chaque jour, un auditeur des « Grosses Têtes » tente de deviner le prix total de ce qu’elle contient (objets variés, bons d’achat, livres…) et remporte l’ensemble s’il vise juste. Le 21 janvier dernier, Emmanuel Perrotin (décidément toujours aussi généreux) a fait don d’une édition de Sophie Calle, d’une valeur de 300 euros ! Avec un petit message à passer, que le présentateur Laurent Ruquier a mis en avant : si les musées sont fermés, les galeries sont bel et bien ouvertes et n’attendent que vous ! Il fallait oser se payer un coup de pub’ aussi atypique, remporté quatre jours plus tard. Décidément, le galeriste a plus d’un tour dans son sac…
À la Glasgow School Art, une grande exposition des étudiants tout juste diplômés vient rituellement clôturer l’année scolaire. En 2020, le Covid-19 l’a évidemment empêchée… Mais a soufflé à l’oreille de deux copains, Benjamin Villagehall et Jay Darlington, une idée farfelue : celle d’organiser une exposition en ligne accessible via un jeu vidéo. Ils ont ainsi réussi à disséminer les œuvres de 136 étudiants dans une trentaine d’univers, paysages de toutes sortes où l’on se balade virtuellement, comme à la recherche d’ennemis à tuer ou de villages à construire. Là où Wretched Light Industry fait mouche, c’est qu’il propose une alternative inventive, qui utilise et jouit des codes du numérique, aux expositions virtuelles se contentant de singer les musées. Good game !
Wretched Light Industry
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