Article proposé par Exponaute

Portrait de Jules II par Raphaël (1511–1512), Londres, National Gallery.
Grand portraitiste, Raphaël représente ici le pape Jules II, qui règne à Rome de 1503 à 1513. D’après l’exégète de l’art de la Renaissance Giorgio Vasari, le portrait est « si travaillé et si réaliste, qu’il a causé à tous ceux qui l’ont vu des tremblements comme si cela avait été l’homme vivant lui-même ». Raphaël reprend la tradition des portraits de pape, mais l’humanise en donnant au vieil homme, assis sur un simple siège et non pas un trône luxueux, une belle expression de mélancolie.

Portrait d’Innocent X par Diego Vélasquez (1650), Rome, galerie Doria-Pamphili.
Le regard et la main acérées d’Innocent X (pape pourtant célèbre pour son humanisme), peint un siècle plus tard par Vélasquez, contraste avec l’œil humide de Jules II. La toile est peinte lors du séjour de l’artiste en Italie. Vélasquez y développe sa science de la matière picturale, avec une touche quasi impressionniste dans le rendu des moirures de la mante rouge, et les dégradés vaporeux de la dentelle de la robe. Il y décline toutes les variations du rouge, avec une dominante sang qui donne au tableau une grande violence, reprise trois siècles plus tard par Francis Bacon (voir ci-dessous).

Portrait de Pie VII par Jacques-Louis David (1805), Paris, musée du Louvre.
Retour à l’ordre et à la clarté avec ce portrait de Pie VII par le maître du néo-classicisme, David. Ici encore, le costume, marque de distinction du pape parmi les autres hommes, occupe la plus grande partie de la toile. L’artiste français, qui vota la mort de Louis XVI une décennie plus tôt, montre là un pape à l’expression étonnamment modeste, contrastant avec le luxe de son vêtement.

Etude d’après le portrait du pape Innocent X par Francis Bacon (1953), Des Moines Art Center.
S’inspirant du portrait d’Innocent X par Vélasquez, le peintre anglais Francis Bacon peint une quarantaine d’études, notamment cette vision hallucinée d’un homme dont la bouche difforme hurle d’angoisse et le corps implose. Le trône du pontife se transforme en chaise électrique et le palais en cage dorée. Le rouge vire au violet dans cette vision infernale de la suprême fonction.

La Nona Ora, par Maurizio Cattelan, 1999, collection particulière.
Vendu près de 900 000 dollars à un collectionneur particulier en 2001, La Nona Ora de l’artiste italien Maurizio Cattelan montre Jean-Paul II, tenant un sceptre de prière, écrasé par une météorite. La figure du pape, réalisée en cire, est d’un réalisme bluffant. Provocatrice et apocalyptique, l’œuvre fait littéralement tomber le ciel sur le corps du saint Père, intercesseur entre la terre et les cieux.
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutiqueÀ lire aussi
QUIZ
ARTIPS Reconnaissez-vous ces chefs-d’œuvre de l’Antiquité ? _ re Testez vos connaissances et défiez vos amis !_
DOSSIER
TEST ! Ses chefs-d’œuvre, son histoire, ses plus belles salles… Tout pour préparer sa visite au musée du Louvre
Abonnés
LA CHRONIQUE DE NICOLAS BOURRIAUD
« Face aux galeries hors sol, aux Shein de l’art contemporain, les petites échoppes intelligentes ont une carte à jouer » en RW