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Toute la splendeur du mont Fuji se reflétant dans les eaux du lac Shoji… Envoyé dix-huit mois dans l’archipel entre 1926 et 1927, Roger Dumas sera si séduit qu’il commencera à s’exprimer en japonais, avant de devoir partir «aux Indes» à l’occasion du jubilé du maharajah de Kapurthala.
© Département des Hauts-de-Seine / Musée départemental Albert- Kahn – Collection Archives de la Planète White.
Encapsuler la planète avant qu’il ne soit trop tard. Envoyer des photographes et cinéastes à travers le monde pour immortaliser toutes ses merveilles – dont la « disparition fatale n’est plus qu’une question de temps ». Cette idée extravagante n’est pas la dernière tocade d’Elon Musk. Elle est plutôt l’expression d’une inquiétude singulière, celle du banquier parisien Albert Kahn, en 1909. De retour d’un voyage d’affaires en Amérique et en Asie, ce redoutable financier a pu observer une fois de plus comment l’industrie, déjà mondialisée, bouleversait les modes de vie, les traditions, les paysages.
Jamais à un paradoxe près, ce petit homme discret décide alors d’employer toute sa fortune et son énergie à documenter ce qui pouvait encore l’être, comme s’il allait protéger à lui seul le patrimoine mondial naturel, culturel, immatériel… Son ambition : dresser « une sorte d’inventaire photographique de la surface du globe, occupée et aménagée par l’homme, telle qu’elle se présente au début du XXe siècle ». Rien de moins !
« Rien ne s’est fait de grand qui ne soit une espérance exagérée » : la pensée de Jules Verne semble avoir été formulée pour Albert Kahn, qui imagine donc un tour du monde inédit en 72 000 autochromes (premières photographies couleur, sur plaques de verre, inventées par Louis Lumière), 183 000 mètres de pellicule de film (l’équivalent de 120 heures de projection) et 4 000 plaques stéréoscopiques en noir et blanc (donnant l’illusion du relief), couvrant au total une cinquantaine de pays. Cet ensemble absolument unique au monde, qu’il baptise les Archives de la planète, recouvre un espoir plus grand encore : la paix universelle.
Enchanté par le «calme et la douceur de vivre» des Japonais dès son premier voyage dans l’archipel en 1895, Kahn fera aménager dans sa somptueuse propriété un village nippon, oeuvre du charpentier Yoshizô Suzuki et du jardinier Tôtarô Suzuki qu’il a fait venir spécialement en France. Ce pavillon de thé (de type sencha), photographié en couleurs par Auguste Léon en 1915, est toujours en place.
© Département des Hauts-de-Seine / Musée départemental Albert-Kahn – Collection Jardin de Boulogne.
Telle est l’obsession de Kahn, sa quête ultime pour laquelle il n’hésitera jamais à engager tous les moyens nécessaires. Même immense, sa fortune ne suffira pourtant pas à accomplir cet idéal. Kahn le taciturne devra pour cela en passer par une dizaine de fondations (de 1898 à 1930), d’incessants conflits avec le directeur scientifique des Archives de la planète, une logistique colossale pour préparer les périples de ses envoyés très spéciaux et des mondanités sans fin, organisées à l’occasion de projections dans sa maison-laboratoire de Boulogne-Billancourt, devenue aujourd’hui le musée départemental Albert Kahn.
En somme, tout ce qu’abhorre cet être mystérieux et solitaire, fuyant toujours l’objectif. En témoignent ses très rares apparitions, sur une trentaine de films et une poignée d’images : furtif, flou, parfois caché, Kahn préfère vivre et agir dans l’ombre. Qu’il reçoive le maharajah de Kapurthala ou la baronne Ephrussi de Rothschild, il « est bien souvent sur le fil du visible, à ras de l’image », analyse l’historien Adrien Genoudet, qui lui a consacré sa thèse en 2018 (l’Effervescence des images – Albert Kahn et la disparition du monde).
Albert Kahn (1860–1940) sur le balcon de sa banque, à Paris, en 1928.
© Département des Hauts-de-Seine / Musée départemental Albert-Kahn.
Qui était donc Albert Kahn avant de devenir « Citizen Kahn » – ce citoyen du monde bientôt à la tête d’un empire d’images ? Né le 3 mars 1860, Abraham Kahn voit le jour dans la commune rurale de Marmoutier, dans le Bas-Rhin. Aîné d’une fratrie de quatre enfants, il grandit au sein d’une famille juive alsacienne relativement aisée : son père est maquignon. Mais sa mère, Babette Bloch, meurt dans les premiers mois de la guerre franco-prussienne. En 1871, l’Alsace et une partie de la Lorraine sont annexées. Les Kahn, ne pouvant abandonner leurs terres, deviennent allemands malgré eux. Scolarisé à Saverne, Abraham parvient à obtenir, à 16 ans, un permis d’émigration pour la France. Il prend pour prénom Albert et se fixe à Paris, où il est d’abord engagé chez un tailleur-confectionneur de la rue Montmartre. Fasciné, il découvre la capitale métamorphosée par les grands travaux du baron Haussmann. La cité pittoresque et insalubre du Moyen Âge a laissé place à la Ville lumière, symbole triomphant de la modernité, avec ses « rues-murs » et ses places dégagées.
D’une intelligence vive et curieux de tout, le jeune Albert travaille dur et n’a déjà qu’une idée en tête : voyager. En 1878, il entre à la banque des frères Charles & Edmond Goudchaux (des cousins éloignés) en tant que commis, et suit des études en parallèle. Il a pour répétiteur Henri Bergson, alors élève à l’École normale supérieure. Du même âge, ces deux personnalités exceptionnelles resteront amies toute leur vie. Licencié en droit en 1884, Albert redevient français par décret l’année suivante. Fondé de pouvoir à partir de 1889, il connaît une ascension fulgurante en spéculant sur les mines d’or et de diamant du Transvaal, en Afrique du Sud.
Auteur de nombreuses vues de régions dévastées par la Grande Guerre, le géographe Paul Castelnau est ici photographié par Charles Winckelsen avec tout son barda, à Ismaïlia (Égypte), en 1918.
© Département des Hauts-de-Seine / Musée départemental Albert-Kahn – Collection Archives de la Planète.
Propulsé en un temps record à la tête d’une immense fortune, il devient l’associé de Goudchaux, puis monte sa propre banque en 1898, au 102, rue de Richelieu. Le Japon est son nouvel eldorado, où il est reçu par des proches de la famille impériale. Kahn cherche à introduire l’emprunt nippon à la Bourse de Paris. Ses investissements risqués – mais perspicaces – et son expertise du marché japonais achèvent d’imposer son nom sur la place financière internationale. La légende Kahn est lancée.
Albert Kahn et des visiteurs japonais filmés par Camille Sauvageot dans les jardins, à Boulogne, en 1920.
© Département des Hauts-de-Seine / Musée départemental Albert-Kahn – Collection Jardin de Boulogne.
Membres de la très influente loge Alsace-Lorraine du Grand Orient de France, les frères Goudchaux initient leur cousin prodige aux actions philanthropiques et sociales. Par leur entremise, Kahn est introduit dans les cercles intellectuels de la IIIe République, où il rencontre notamment Ferdinand Buisson. Ce cofondateur de la Ligue des droits de l’homme et futur prix Nobel de la paix lui inspire la création des bourses Autour du monde, en 1895 : l’acte I de ses opérations de mécénat, offrant l’opportunité à de jeunes diplômé(e)s de parcourir le monde.
Kahn, plus enthousiaste que jamais, n’a qu’un conseil à leur donner : « Oh surtout, ne vous noyez pas dans les livres, oubliez ce que vous avez lu, prenez un paquet de cigarettes et partez. Je ne vous demande qu’une chose, c’est d’avoir les yeux grands ouverts. » Oublier le savoir pour mieux voir, et voir pour mieux prévoir – telle est déjà, parfaitement formulée, la pensée kahnienne
Albert Kahn filmé par Lucien Le Saint en compagnie de l’épouse de l’ambassadeur de Turquie, en 1922.
« La parole fruste et pleine de flamme », Kahn est un paradoxevivant. Un homme solitaire fuyant l’objectif mais qui invite chez lui un nombre incalculable de personnalités pour leur révéler ses Archives de la planète.
© Département des Hauts-de-Seine / Musée départemental Albert-Kahn.
Le mantra de ce célibataire sans enfant prend cependant un tour inattendu, quand il annonce à son chauffeur-mécanicien Albert Dutertre : « Petit, prenez deux jours de congé pour aller embrasser vos parents, car nous partons vendredi 13 novembre [1908] pour aller au Japon, en effectuant le tour du monde. » Formé à la hâte aux méthodes les plus pionnières de la prise de vue, Dutertre photographie et filme New York, Chicago, San Francisco, la grande muraille de Chine… Tels Phileas Fogg et Jean Passepartout, les deux hommes se lancent à fond de train dans la modernité. Paquebots de luxe, trains spéciaux, trams, automobiles, pousse-pousse… Malgré ses péripéties romanesques, leur périple est surtout l’occasion d’« éprouver la nostalgie d’un monde en train de s’effacer », nuance l’historien Sylvain Venayre.
La planète court à sa perte mais Kahn a la solution : « La photographie stéréoscopique, les projections, le Cinématographe surtout, voilà ce que je voudrais faire fonctionner en grand. » Pour enregistrer « le flux de la vie », le tycoon envoie au total une douzaine de photographes et cinéastes (d’Auguste Léon à Frédéric Gadmer) sur le terrain. « Kahn était un spectateur extraordinaire, un spectateur qui vibrait à toutes choses qui l’emballaient », témoignera Georges Wormser, banquier et membre du cabinet de Georges Clemenceau. Mais encapsuler le monde ne lui suffit pas : le projet des Archives de la planète consiste aussi à le sauver.
D’une modernité sidérante, ce portrait a été pris par Stéphane Passet au temple confucéen de Qufu, en Chine, le 14 juin 1913. Ni journalistiques ni artistiques, les Archives de la planète sont des images documentaires destinées aux générations futures.
© Département des Hauts-de-Seine / Musée départemental Albert-Kahn – Collection Archives de la Planète.
Traumatisé par la guerre de 1870, Kahn a l’intime conviction que les images qu’il collecte sauront former de nouvelles élites et exercer une influence sur les gouvernements. Aussi délirant que cela puisse paraître, il cherche donc à dupliquer le réel à l’échelle mondiale, à offrir un instantané de notre « petite planète » pour les générations futures. À la manière d’un entomologiste, Kahn épingle le monde en une infinité de scènes chatoyantes, virevoltantes… Des maisons de thé à Kaboul jusqu’aux rivages de Recife, il veut tout voir et tout savoir du village global pour en informer les puissants et favoriser le dialogue et l’amitié entre les peuples.
Haut lieu de pèlerinage chiite, le mausolée d’Ali à Nadjaf, en Irak, offre l’occasion à Frédéric Gadmer de réaliser un sublime autochrome en 1927. Confirmant hélas les pires craintes d’Albert Kahn, ce joyau de l’architecture persane sera régulièrement pris pour cible aux XXe et XXIe siècles.
© Département des Hauts-de-Seine / Musée départemental Albert-Kahn – Collection Archives de la Planète.
Un problème se pose : comment diffuser ces images fixes et animées ? Pour cela, Kahn a une idée géniale. Il fait appel à Jules Gervais-Courtellemont, un virtuose de l’autochrome qui projette chaque jour ses « Visions d’Orient » salle Charras, à Paris. Le spectacle est si saisissant que Pierre Loti écrit : « Je ne prévoyais pas quelles seraient ma surprise et mon émotion devant tout ce qui m’attendait là : des horizons du désert arabique me réapparaissant avec leurs sables brûlés et leurs ciels fauves […] ; des incendies de soleil couchant sur les minarets et les toits roses de Damas ; Stamboul, les cimetières d’Eyoub avec la peuplade de leurs stèles dorées et de leurs cyprès noirs, me donnant le frisson de ces nostalgies soudaines qu’aucun mot n’exprime… » Grâce à Gervais-Courtellemont, Kahn dévoile sans attendre son « voyage en Extrême-Orient », filmé par Dutertre. L’ami Auguste Rodin, dont il possède plusieurs marbres, est convié à l’événement.
Trois ans plus tard, Kahn équipe son hôtel particulier d’une salle de projection. Pour les invités, comme la danseuse américaine Isadora Duncan venue avec ses élèves admirer des vues d’Athènes, le show est total. Pour reprendre les mots de Nabokov, c’est « un pays-des- merveilles-de-poche » qui, dans la pénombre, embarque les visiteurs dans tous les ports, sur toutes les routes et sous toutes les latitudes. À l’extérieur du bâtiment, un vaste et luxuriant jardin dépayse tout autant. Cet espace symbolique, où dialoguent les cultures, met en scène des essences des cinq continents, avec un sens de la magnificence digne du palais de Xanadu, fantasmé par Orson Welles. Boulogne-Billancourt est, en 1912, le nouveau centre du monde.
Prix Nobel de littérature, le poète et dramaturge indien Tagore apparaît dans la roseraie d’Albert Kahn, en 1921. Figé comme une statue, il prend la pose pour Auguste Léon : les autochromes – premières photos couleur inventées en 1903 par Louis Lumière – exigent du temps et de la patience.
© Département des Hauts-de-Seine / Musée départemental Albert- Kahn – Collection Archives de la Planète White.
Il supervise, archive, développe, référence, inventorie les images que les opérateurs rapportent par centaines dans leurs malles.
Mais Kahn ne s’arrête pas là. Pour garantir un socle scientifique aux Archives de la planète, il nomme Jean Brunhes directeur scientifique et crée dans la foulée (moyennant une donation de 300 000 francs sur trente ans) une chaire de géographie humaine au Collège de France. Brunhes, moins porté sur le volet social du projet que son employeur, est un géographe attentif à l’impact des activités humaines sur l’environnement. Il supervise, archive, développe, référence, inventorie les images que les opérateurs rapportent par centaines dans leurs malles. Malgré leur fragilité, les films nitrate (hautement inflammables) et les plaques de verre autochromes semblent pouvoir résister à tout – aux tempêtes du Pacifique comme au chaos de la guerre de 14–18.
Un seul événement aura raison d’eux : la crise financière de Wall Street. Kahn n’a pas anticipé le krach boursier de 1929 et se retrouve étranglé par les dettes. Ses biens propres sont saisis. L’Illusion de Rodin est perdue, l’Éternel Printemps aussi. Un accord négocié avec la préfecture de la Seine autorisera cependant le banquier ruiné à vivre dans ses murs, entouré des seuls meubles garantis par la loi : un lit, une chaise, une table… Reclus dans ces grands espaces vides, il observera le monde basculer en silence. « L’une des plus étonnantes histoires des temps modernes », commente en 1937 le journal le Petit Parisien.
Georges Chevalier, M. Masson fils et son équipage sur la cale au départ pour la pêche, 1920
Georges Chevalier réalise avec ce portrait de groupe de pêcheurs bretons une composition quasi picturale. Un tableau vivant du monde d’hier.
© Département des Hauts-de-Seine / Musée départemental Albert-Kahn – Collection Archives de la Planète.
Le 14 novembre 1940, Kahn s’éteint dans la solitude de sa chambre. Son dernier luxe consistait à promener son chien dans la forêt vosgienne qu’il avait fait acheminer, selon la légende, à l’aide de 50 plateaux de chemin de fer. « Je rassemblerai ici Hitler, Mussolini, Churchill et le pape », aurait-il déclaré au crépuscule de sa vie. Le rosebud d’un ambassadeur acharné de la paix, qui rend l’âme alors que l’Alsace vient de passer de nouveau aux mains des Allemands ? Peut-être. « C’est l’histoire d’un homme qui meurt seul après avoir cherché à embrasser le monde du regard, conclut l’historien Adrien Genoudet. C’est l’histoire d’un homme enterré sans cérémonie dans une fosse commune après avoir été contraint de se faire référencer comme Juif, en vertu de l’ordonnance allemande définissant le Premier Statut allemand des Juifs. C’est l’histoire d’un homme qui porte un ultime numéro : 58582, Kahn, Albert, Abraham, né Juif. »
Pour en savoir plus
Un siècle d'image et quelques années-lumière
Télescopage d’espaces et de temps, l’exposition inaugurale du nouveau musée Albert Kahn confronte les récits et clichés de Stéphane Passet en Inde (1914) ou Frédéric Gadmer en Afghanistan (1928) à ceux d’écrivains-voyageurs contemporains comme Nicolas Bouvier. S’ouvrant sur le journal de bord (1908- 1909) d’Albert Dutertre durant son premier tour du monde aux côtés d’Albert Kahn, elle se poursuit avec un hommage aux photographes-voyageurs au long cours tels que Bernard Plossu, auteur d’un road-trip mythique au Mexique (1965-1966). La dernière partie, axée sur la révolution des transports et l’essor du tourisme, s’achève sur la série Untitled Mars de Marcus DeSieno. Où l’Américain réinterprète au collodion humide les clichés de la planète rouge pris par l’astromobile Curiosity. Sidérale mélancolie.
Autour du monde - La traversée des images
Du 2 avril 2022 au 13 novembre 2022
Musée départemental Albert-Kahn • 2 Rue du Port • 92100 Boulogne-Billancourt
albert-kahn.hauts-de-seine.fr
Les Archives de la planète
Sous la direction de Valérie Perlès
Coéd. Lienart / Musée départemental Albert Kahn • 38 € • 480 pages.
En dirigeable au-dessus des champs de bataille de 14-18, en bateau sur les eaux sacrées du Gange, en haut d’un gratte-ciel à New York ou au beau milieu d’une danse de féticheurs au Bénin, ce livre-mosaïque nous mène aux quatre coins des Archives de la planète. Un tour du monde en 500 pages et 350 illustrations, décrypté par une pléiade d’universitaires, qui nous disent tout de ce projet foisonnant, encyclopédique, profondément humaniste… et unique en son genre !
L’Effervescence des images. Albert Kahn et la disparition du monde
Par Adrien Genoudet
Préface de Patrick Boucheron • Éd. Les Impressions nouvelles • 28 € • 344 pages.
Cinéaste, écrivain et chercheur en histoire visuelle, Adrien Genoudet consacrait en 2018 sa thèse de doctorat aux Archives de la planète et à la figure mystérieuse, sinon fantomatique, d’Albert Kahn. Malgré «la matière noire de la biographie kahnienne», le jeune historien y brosse un portrait vivant et extrêmement fouillé d’un homme inquiet qui, depuis le passé, s’adresse à nous. Si Abel Gance, Frédéric Rossif et Chris Marker entendirent son appel, qu’en est-il aujourd’hui ? Une enquête haletante sur un pacifiste qui nous légua le monde pour héritage.
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