Article réservé aux abonnés
Comment décide-t-on qu’une exposition, une œuvre ou un sujet « fera » la couverture de Beaux Arts Magazine ? Trois éléments essentiels entrent en ligne de compte dans la « fabrique » de notre couverture. Le logotype qui définit Beaux Arts, qui lui ne change jamais et vous permet de repérer immédiatement votre magazine en kiosque ; une image qui peut être une peinture, un dessin de bande dessinée, une photographie, une sculpture, une architecture, un objet, etc. ; des titres que l’on nomme également des « accroches » et qui annoncent les sujets « forts » du numéro du mois.
La couverture, c’est l’identité du magazine : elle doit correspondre à son ADN, sinon le lecteur fidèle ne s’y reconnaîtra pas. Elle doit être surprenante, séduisante, excitante pour vous inciter à acheter (ou prolonger votre abonnement) et lire le magazine grâce à un subtil cocktail – pour paraphraser l’expression de Paris Match – entre « le poids des mots et le choc des photos ». Chaque mois, nous testons donc plus d’une trentaine de couvertures en fonction des visuels disponibles et des sujets traités. Cela jusqu’à ce que deux ou trois images s’imposent par elles-mêmes, c’est-à-dire qu’elles réussissent à convaincre la majorité de la rédaction.
Mais ces images, et c’est toute la difficulté, peuvent être radicalement différentes, car Beaux Arts Magazine publie toujours un ensemble d’articles très divers, qui traitent de toutes les périodes de l’histoire de l’art et couvrent le champ de tous les arts visuels (de la peinture à la photographie, en passant par le design ou l’architecture…). Pour la rédaction, il est ainsi parfois difficile, voire même très frustrant, de réduire le contenu riche et varié du mensuel à un seul visuel et trois ou quatre titres ! Pour ce numéro, nous envisagions trois sujets en une. D’abord, notre dossier consacré à la tendance des expositions immersives et polysensorielles, impossible à résumer en une seule image. Puis, deux sujets à l’esthétique radicalement différente : les fascinants et méconnus peintres finlandais du XIXe siècle, célébrés dans deux musées parisiens, et la fièvre hip-hop qui gagne les musées du monde entier.
Couvertures du Beaux Arts Magazine n°453, Mars 2022
Aussi, à titre exceptionnel, et pour illustrer la diversité de Beaux Arts Magazine, nous avons décidé de publier deux couvertures ! Parce que nous sommes autant séduits par le portrait rouge passion peint en 1883 par Albert Edelfelt, et représentant l’une de ses sœurs, que par celui de la chanteuse Beyoncé et du rappeur Jay-Z posant devant un cadre où la figure de la Joconde a été effacée, œuvre du jeune artiste brésilien Maxwell Alexandre présentée au MAC Lyon en 2019 et qui montre comment le hip-hop se réapproprie l’histoire de l’art occidental. Laquelle de ces deux couvertures préférez-vous ? Quels que soient vos goûts et votre choix, je crains que vous ne soyez frustré de ne pas avoir les deux !
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique