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Si l’année 2022 sera encore marquée par des records de température sur toute la planète, témoignant de nombreux dérèglements climatiques, elle restera peut-être aussi comme l’année où le monde a le plus consacré d’expositions aux relations entre l’homme et la nature. Soit une véritable déferlante de propositions, de Paris à Lille comme de Genève à New York, jamais vue auparavant. L’écologie artistique et politique n’est évidemment pas nouvelle et, depuis les années 1960, nombre d’artistes comme Joseph Beuys ont placé la défense de l’environnement au centre de leur travail.
La nouveauté aujourd’hui, c’est que les artistes de la jeune génération s’emparent largement du sujet, non seulement pour dénoncer l’impact de l’homme sur la nature mais aussi pour changer leur pratique, dans l’objectif de créer un art écoresponsable, en utilisant par exemple des matériaux recyclables – ce que font d’ailleurs également les institutions artistiques. Qui aurait imaginé voilà seulement cinq ans que les foires d’art feraient ainsi leur révolution, à l’image d’Art Paris qui se targue d’être « écoconçue », du Centre Pompidou qui se revendique premier établissement écoresponsable, ou encore du Palais des beaux-arts de Lille dont la fabuleuse exposition « La forêt magique » a été élaborée en réutilisant une majorité des matériaux et en sélectionnant des œuvres conservées dans des villes proches, pour limiter au maximum leur coût carbone !
Au-delà de cette écologisation accélérée du domaine de l’art, les expositions mettent en avant des artistes qui portent une écologie heureuse, c’est-à-dire qui sont en connexion, en fusion avec la nature, avec l’animal. Des artistes quasi chamaniques qui réenchantent la nature et le vivant, tel le peintre brésilien Bruno Novelli présenté dans l’exposition « Les vivants » organisée par la fondation Cartier au Tripostal de Lille, dans le cadre du festival Utopia.
Ses tableaux débordent de couleurs et d’énergie tant il est « dans un état de fascination et d’émerveillement face à la puissance de la nature tropicale ». Cette connexion avec le vivant peut amener les artistes à imaginer des êtres hybrides, mi-humains, mi-végétaux, des hommes à tête de chou, de tomate ou de citrouille, comme l’illustrent les très sympathiques Nanitos et Minitos de Jean-François Fourtou, reproduits en couverture de ce numéro et de notre « Guide des 1 000 expositions de l’été ». Un guide qui vous conduira, j’en suis sûr, à vous émerveiller autant grâce à l’art que grâce à la nature.
Retrouvez le dossier sur l'art et la nature dans notre nouveau numéro en kiosque.
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