Léonard de Vinci, La Joconde, vers 1503 - 1519
Bois (peuplier) • 77 x 53 cm • Coll. musée du Louvre, Paris
La Joconde n’a décidément pas fini de nous intriguer ! Après les mystères liés à l’identité du modèle, à son sourire sibyllin et à son arrière-plan vaporeux, des analyses scientifiques de pointe menées par des chercheurs du CNRS viennent de révéler la présence, dans la composition de la peinture utilisée par Léonard de Vinci pour ce célébrissime chef-d’œuvre, d’un élément inhabituel : la plombonacrite.
Publiés dans la revue Journal of The American Chemical Society, les résultats de cette étude montrent que Léonard – dont les talents de scientifique et d’inventeur ne cesseront jamais de nous impressionner – a expérimenté, avec sa Mona Lisa, un nouveau procédé chimique : mélanger sa peinture à l’huile avec un minéral à l’aspect nacré contenant de l’oxyde de plomb. Le but de cette recette secrète ? Permettre à la peinture d’être plus souple pour faciliter son application et de sécher plus rapidement.
La Joconde sous l’objectif d’une foule de visiteurs
© Pedro Fiuza/NurPhoto
La découverte a été faite à l’occasion des recherches de Victor Gonzalez, dans le cadre de l’élaboration de sa thèse sur la céruse (blanc de plomb), sur laquelle il travaille au Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF). Lors d’analyses menées au Rijksmuseum d’Amsterdam, le chercheur a découvert de la plombonacrite dans certaines œuvres de Rembrandt. Ce qui l’a poussé à repasser au crible les fragments de peintures célèbres du musée du Louvre qu’il avait déjà examinés, afin d’y rechercher la présence éventuelle de ce composant rare, trouvé nulle part ailleurs… Et qu’il a finalement débusqué chez Mona Lisa.
Pour ce faire, un fragment de peinture de la Joconde, mesurant moins d’un demi-millimètre, a été prélevé dans la partie la plus externe du tableau, cachée par le cadre. Puis il a été placé, au Synchrotron européen de Grenoble, dans un gigantesque appareil dans lequel des électrons, émis par un canon, sont accélérés et injectés dans un anneau de 840 mètres de circonférence. Ils émettent alors des rayons X ultrapuissants permettant d’étudier précisément l’infiniment petit. Un dispositif qui aurait sans aucun doute fasciné Léonard !
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