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En images : le rire dans l’art, est-ce drôle ?

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Publié le , mis à jour le
Le Getty Museum de Los Angeles vient d’acquérir un tableau qui serait (peut-être) un autoportrait de Rembrandt riant. Celui-ci provoque une certaine gêne, et nous rappelle qu’il n’est pas si facile pour un artiste de représenter le rire. La preuve en images, de Frans Hals à Yue Minjun.

Rembrandt van Rijn, Rembrandt riant. Photo : Getty Museum.

Étrange œuvre que ce portrait d’un homme qui rit, qui évoque à quel point il est difficile pour un artiste de rendre l’expression qui, loin de la placidité de rigueur chez les classiques, déforme le visage et peut rapidement virer à la caricature. Le rire, en art, indique souvent le seuil critique qui mène de l’équilibre au chaos, et fait voler (en éclats) l’harmonie. Du rire innocent de l’enfant à celui du diable ou du fou, il y a en apparence peu de différences.

Que ce soit un jeune garçon échevelé de Frans Hals ou un satyre antique, un sourire trop extatique de Yue Minjun ou un jeune homme au regard coquin par Carrache, le rire dans l’art provoque toujours un certain malaise chez le spectateur. Si l’art peut faire rire, ça n’est  généralement pas le cas de la représentation du rire. Sans doute parce que la raison de l’hilarité nous demeure mystérieuse.

 Frans Hals, Garçon riant, vers 1625, La Haye, Mauritshuis.

Desiderio da Settignano, Enfant riant, 1460–1464, Vienne, Kunsthistorisches Museum.

Tête de marotte, ivoire, XVIe-XVIIe siècle, Allemagne © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Jean-Gilles Berizzi.

Buste de satyre, dit « Faune de Vienne », Rome, Ier-IIe siècle ap. J.C. © Musée du Louvre/Thierry Ollivier.

 Yue Minjun, The Execution, 1995. Courtesy de l’artiste.

Annibale Carrache, Portrait d’un jeune homme riant, 1583–1589 © Archives Alinari, Florence, Dist. RMN-Grand Palais/Mauro Magliani.

Quentin Metsys, Le Contrat de vente © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais/Jörg P. Anders.

Hokusai, Démon riant, 1831.

Jean-Baptise Carpeaux, La Danse, 1869, sculpture pour la façade de l’Opéra de Paris.

Duchenne de Boulogne,  Pleurnicher et rire faux, « Mécanisme de la physionomie humaine », 1876, Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts.

John Currin, The Morrocan, 2001, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais/Georges Meguerditchian.

Man Ray, Rire, de la série Alphabet pour adulte, 1970 © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GP
© Man Ray Trust/Adagp, Paris.

 

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