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Charles Kaisin en collaboration avec le Palais de Tokyo et la Fondation ENGIE, Origami for Life, janvier 2021
Papier • © Nicolas Lobet
Pour faire une exposition, il vous faut un corpus d’œuvres, un ou deux commissaire(s) pour les présenter dans un ordre logique, et un scénographe pour les mettre en scène. Ça, c’est la recette traditionnelle. Aujourd’hui, face à l’essor des nouveaux médias, les internautes ont leur mot à dire. Certaines institutions ont eu la bonne idée de faire des réseaux sociaux un outil d’inclusion. Depuis 2015, par exemple, le public est invité à choisir les pièces qu’il aimerait voir sortir des réserves du musée des Beaux-Arts de Rouen, pionnier en la matière.
Et la crise sanitaire, qui a vu le monde de l’art se numériser en un temps record, d’amplifier le phénomène. Le musée Anne de Beaujeu de Moulins, dans le département de l’Allier, vient d’inviter le public à départager six œuvres, soigneusement pré-sélectionnées par la conservatrice Giulia Longo autour de la thématique des héroïnes romantiques. Le Top 3 est voué à remplacer des peintures jusqu’à récemment accrochées dans le Salon des peintures.
Aperçu des réserves du musée de Pont-Aven
© Musée de Pont-Aven
De quoi stimuler et divertir le public en attendant la réouverture des lieux culturels. Pour ses trente-cinq ans, le musée de Pont-Aven a également décidé de pimenter sa programmation, en priant ses futurs visiteurs de voter pour les 35 pièces constitutives de son exposition anniversaire, « Réserve, ouvre-toi ! », mais aussi de rédiger des cartels dits « décalés », car non-scientifiques. Quant à la ville de Nantes, elle aura bientôt sa propre identité olfactive. Une fois que ses habitants auront voté pour l’un des trois parfums réalisés par Marc-Antoine Corticchiato, Bertrand Duchaufour et Mélanie Leroux. La trinité sera présentée à partir de la mi-juin au château des ducs de Bretagne et la fragrance gagnante mise en bouteille par Baptiste Ymonet et Vincent Jousseaume, de l’Atelier Polyhedre.
Charles Kaisin en collaboration avec le Palais de Tokyo et la Fondation ENGIE, Origami for Life, janvier 2021
Papier • © Nicolas Lobet
En réponse au contexte sanitaire, le Palais de Tokyo présente Origami For Life, installation résultant d’un appel à participation, clos le 28 février 2021. Il s’agissait de plier n’importe quel type de papier en forme de colombe, d’après un tuto posté en ligne, et de l’envoyer au centre d’art parisien. Pour chaque oiseau reçu – près de 12 000 à ce jour – la fondation ENGIE reverse désormais un euro au SAMU social de Paris, ensemble d’associations non-gouvernementales venant en aide aux plus démunis. Cette opération n’est autre que la cinquième édition d’un projet lancé, au tout début de la pandémie, par le designer belge Charles Kaisin.
Pourquoi solliciter le public, quand on a une poignée d’experts à disposition ? « Cela nous permet de voir nos collections sous un autre jour », explique Florence Raymond, conservatrice au Palais des Beaux-Arts de Lille, dont le programme participatif s’articule autour de la photographie. Tous les ans depuis 2016, des influenceurs sont conviés à poser soit leur regard, soit l’objectif de leur appareil photo sur le bâtiment et son parcours permanent. Chacun de ces rendez-vous, appelés InstaMeets, mène à une exposition physique. De même, le challenge Tussen Kunst & Quarantaine s’est matérialisé depuis les réseaux sociaux jusque dans les salles du Palais. C’est l’un des projets qui a permis à l’institution de remporter le prix « Osez le musée », en 2017. Ex æquo avec le Louvre-Lens !
À gauche, « Les Bulles de Savon » de Pieter Cornelisz van Slingelandt (XVIIe siècle). À droite, « Les Bulles de Savon » par @mogirant (2020)
Huile sur bois / Photographie numérique • 673 x 610 cm • © Palais des Beaux-Arts de Lille
Fondé en 2002 afin de redynamiser la région Nord-Pas-de-Calais, ce dernier s’est toujours défini comme un terrain propice aux expérimentations. « Nous avons la responsabilité de constamment essayer de nous réinventer et de répondre aux besoins d’une population qui n’avait pas l’habitude d’aller au musée », dixit Marie Lavandier, la directrice du site, dont le nouveau Projet culturel et scientifique met l’accent sur le participatif. « Pour « faire autrement » – mon crédo – il faut que tout le monde soit partant. C’est pourquoi je préfère parler d’effort collaboratif. Je me tourne régulièrement vers mes équipes, nos voisins et mécènes, avant de prendre une décision. » Un esprit d’équipe que le PBA de Lille qualifie pour sa part d’« approche polyphonique ». On doit d’ailleurs à ses agents d’accueil quelques clichés, déjà publiés sur les réseaux. Première tentative d’une longue série. Go team, go!
Réserve, ouvre-toi !
Du 17 octobre 2020 au 30 mai 2021
Musée de Pont-Aven • Place Julia • 29930 Pont-Aven
www.museepontaven.fr
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