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LE TOPO

Hugo van der Goes en 2 minutes

En bref

Peintre flamand du XVe siècle, Hugo van der Goes (1440–1482) est un artiste rare car peu de ses œuvres ont traversé les siècles. Son réalisme le singularise parmi les artistes de son époque, tout comme sa palette atypique. L’artiste est influencé par les grands peintres flamands qui l’ont précédé, notamment Jan van Eyck et Rogier van der Weyden. Peintre religieux, Hugo van der Goes demeure un personnage énigmatique, bien que certaines de ses œuvres soient considérées comme des pièces majeures de l’art de son temps, en particulier le triptyque Portinari. Depuis les années 1930, les historiens de l’art ne cessent de tenter de percer le mystère attaché à la vie de ce peintre et de mettre au jour l’ensemble de sa production.

Émile Wauters, Le peintre Hugo van der Goes au couvent de Rouge-Cloître (détail)
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Émile Wauters, Le peintre Hugo van der Goes au couvent de Rouge-Cloître (détail), 1872

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Huile sur toile • 186 × 275 cm • Coll. Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles • Artvee

On a dit de lui

« Le retable des Portinari résume presque tout Van der Goes. » Henry Lemonnier

Sa vie

Des débuts énigmatiques

Probablement né à Gand autour de 1440 (peut-être en 1437, selon certains historiens), Hugo van der Goes n’a pas livré tous ses secrets. Sa jeunesse et sa formation demeurent méconnues. Une chose est certaine : en 1467, l’artiste est reçu maître à la Guilde des peintres de Gand. Après cette date, il est probablement l’un des peintres les plus importants de cette ville, alors sous domination bourguignonne.

Au service des princes et des églises

Adoubé, Hugo van der Goes reçoit des commandes de la cour bourguignonne, de riches familles mais aussi de l’Église. Il est, en effet, principalement un peintre religieux et réalise d’importants triptyques, retables et tableaux de dévotion. L’artiste est également sollicité à chaque fois que de grands événements se déroulent dans la ville : des noces princières, l’accueil ou les funérailles d’une haute personnalité.

Le banquier des Médicis pour mécène

Dans les années 1470, Hugo van der Goes trouve un important mécène en la personne de Tommaso Portinari, banquier qui représente la puissante famille des Médicis à Bruges. Pour lui, l’artiste livre son œuvre majeure, le triptyque Portinari destiné à la ville de Florence. Hugo van der Goes est connu pour son aspiration à la monumentalité, peignant des scènes amples, aérées et complexes. Sa palette est très chatoyante, presque irréelle, et l’artiste met une application extrême à représenter avec réalisme les personnages, les objets et les éléments paysagers.

Une fin de vie dans les ordres

Alors que la réussite est indéniablement là, tout comme la reconnaissance sociale, Hugo van der Goes décide en 1477 de se faire frère convers dans une abbaye proche de Bruxelles. Il peut toutefois continuer à peindre, et poursuit son travail sur des thèmes religieux tels que l’Adoration des mages. Il n’est pas impossible que l’artiste ait décidé de se retirer en raison d’une maladie. Au couvent, l’artiste semble mener une vie un peu en marge, et souffre manifestement d’une forte dépression, malgré l’admiration suscitée par ses œuvres. Il décède en 1482.

Ses œuvres clés

Hugo van der Goes, Retable de Monforte
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Hugo van der Goes, Retable de Monforte, vers 1470

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Huile sur bois • 147,2 × 241,4 cm (ouvert) • Gemäldegalerie, Berlin

Retable de Monforte, vers 1470

Provenant à l’origine d’un triptyque, ce panneau central met en scène l’un des thèmes fétiches d’Hugo van der Goes : une Adoration des mages. La scène se déroule dans une maison en ruines. La Vierge et l’enfant sont entourés par les trois mages, tandis que d’autres personnages se tiennent en dehors de la masure, derrière une palissade de bois. Les mages sont somptueusement vêtus, mais les observateurs extérieurs sont de nature plus humble. Les vêtements comme les attributs sont rendus avec un souci d’illusionnisme, mais les couleurs chatoyantes et fantastiques nous plongent dans le domaine de l’idéal. L’œuvre tient son nom d’un collège de jésuites en Espagne, dans lequel elle fut conservée au XVIe siècle.

Hugo van der Goes, Triptyque Portinari
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Hugo van der Goes, Triptyque Portinari, 1473-1478

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Huile sur bois • 274 x 652 cm (ouvert) • Galerie des Offices, Florence

Triptyque Portinari, 1473–1478

Ce triptyque, dont le panneau central représente l’Adoration des bergers, est l’œuvre majeure d’Hugo van der Goes. Il est réalisé pour une église florentine attachée à un hôpital et financé par Tommaso Portinari. À l’image de tous les primitifs flamands, le peintre déploie une extrême minutie qui s’épanouit dans la science des détails. L’œuvre est nourrie de nombreux symboles, tels que les iris blanches rappelant la pureté mariale ou la gerbe de blé évoquant l’eucharistie. Sur les panneaux latéraux, figurent des membres de la famille Portinari, les commanditaires et donateurs de l’œuvre.

Hugo van der Goes, Portrait d’homme
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Hugo van der Goes, Portrait d’homme, vers 1475

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Huile sur toile • 31,8 × 26 cm • Metropolitan Museum of Art, New York

Portrait d’homme, vers 1475

D’un profond réalisme, ce portrait d’un homme non identifié témoigne une nouvelle fois de la minutie extrême et du réalisme d’Hugo van der Goes. L’artiste joue sur le contraste entre la pénombre, dans laquelle se tient le personnage, et le paysage lumineux qui apparaît à travers la fenêtre. Cet homme tient ses mains jointes, en prière, le visage pensif et ignorant du spectateur. Sans doute regarde-t-il une image pieuse. Découpé tardivement, ce portrait devait appartenir à un triptyque religieux.

Par • le 10 avril 2023
Retrouvez dans l’Encyclo : Hugo Van der Goes

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