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Repérage

Jeune Création 2017 : 5 noms à retenir

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Publié le , mis à jour le
Comme chaque année, depuis 1949, le très attendu salon Jeune Création fait émerger une flopée de nouveaux talents. Troublants, rafraîchissants ou bluffants : Beaux Arts a repéré pour vous cinq artistes à suivre de près.

Un 67e anniversaire, 53 artistes choisis par 9 personnalités, artistes elles aussi, parmi plus de 1 800 dossiers de candidature reçus, auxquels sont remis près de 40 prix indépendants de la part de galeries, lieux de résidence ou revues (on imagine la foire d’empoigne…). Pour cette édition 2017 de Jeune Création, présentée pour la seconde année consécutive dans l’immense hangar de l’antenne de la galerie Thaddaeus Ropac à Pantin, les chiffres font tourner la tête. Une pléthore qui cache malheureusement cette année une certaine médiocrité dans les propositions artistiques présentées, et surtout un manque d’originalité qui montre, chez de nombreux jeunes artistes, une tendance à suivre les modes vues chez leurs aînés, que ce soit celles de la peinture figurative éthérée, de la sculpture d’assemblages hétéroclites, de la photo ou de la vidéo documentaire, ou du recyclage de l’esthétique pop. Quelques-uns cependant nous ont réjouis. Éclairage.

Étienne François : peinture fraîche

Compliqué de faire de la peinture en 2017. Étienne François, né en 1984, ne semble pas s’être donné pour ambition de renouveler le médium, et cette relative modestie est plutôt rafraîchissante. À coups de grands traits brossés irisant des vagues déchaînées ou creusant des gouffres, ses toiles reprennent, d’une certaine manière, l’intérêt romantique pour une nature fougueuse, tandis que ses portraits mutiques ont la densité de statues. Étienne François a reçu le prix du domaine La Richardière (Lhomme) où il sera accueilli en résidence.

Étienne Francois, Sans titre
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Étienne Francois, Sans titre, 2017

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Huile sur toile et sur bois • © Jeune Création

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Théo Hernandez : le monotype remis au goût du jour

Théo Hernandez, vingt-sept ans, pratique la gravure sur Plexiglas (mais pas seulement, il utilise parfois aussi le crayon ou le feutre). C’est en tout cas dans cette technique particulière qu’on le découvre ici, avec ces images hachurées, un peu sales et comme noircies de suie, évoquant la manière des monotypes de Degas ou Gauguin. Le jeune artiste la réactualise en représentant des icônes de la culture populaire, issues notamment du sport, plaquées dans une iconographie ancienne. Efficace et troublant.

Théo Hernandez, La décadence du taureau
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Théo Hernandez, La décadence du taureau, 2016

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Gravue sur plexiglas • © Jeune création

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Jules Lagrange : l’art vidéo de main de maître

Un citron tranché net, un lapin qu’on dépiaute avec tendresse, les doigts qui plongent dans la chair et le sang… La caméra de Jules Lagrange reste toujours sur les mains, ridées et à demi refermées, qui accomplissent ces gestes simples et beaux comme le crime parfait. Des doigts aux ongles abîmés tiennent un œil de verre au blanc immaculé. Une sculpture polychrome piquée par les vers apparaît sous une lumière aveuglante, un visage noirci lui succède. En quelques minutes à peine, le film Orion aveugle (2016) de Jules Lagrange captive le spectateur. L’artiste bénéficiera d’une exposition à Paris organisée par l’association Diamètre qui lui a remis son prix indépendant.

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Salut C’est Cool : interactif et pas si bête

Plus connu des habitués de festivals de musique pop que de ceux des centres d’art contemporain, le collectif de quatre garçons Salut C’est Cool est célèbre (notamment sur Internet) pour ses performances relevant d’un art assumé de l’idiotie et d’une esthétique volontiers kitsch et moche. On est donc surpris ici de les voir développer un projet interactif pas trop bête, à base de grosses perles magnétiques qui activent une bande sonore lorsqu’on les approche de divers objets connectés. La galerie 22,48 m², à Paris, leur a remis son prix, ils y bénéficieront donc d’une expo. Cool.

Salut c'est cool, Installation
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Salut c’est cool, Installation, 2017

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Technique mixte • © Jeune création

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Lucy Watts : formule choc

Dessinatrice et lithographe, diplômée des Beaux-Arts de Paris, Lucy Watts présente à Jeune Création une monumentale série de vingt-six affiches intitulée Abécédaire de la propagande en temps de paix, dans lesquelles le trait large et les couleurs franches évoquent à la fois la spontanéité du dessin de presse et la tradition de la ligne claire issue d’un Félix Vallotton. L’artiste née en 1988 y révèle le lien entre affiche de propagande politique et publicitaire avec un art épatant de la synthèse graphique et de la punchline rhétorique. Elle a été désignée lauréate du prix indépendant de l’Under Construction Gallery qui lui consacrera une exposition.

Lucy Watts, Abécédaire de la propagande en temps de paix
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Lucy Watts, Abécédaire de la propagande en temps de paix, 2016

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Ensemble de 26 lithographies • 70 × 100 cm chaque

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