L’ŒUVRE QUI A CHANGÉ MA VIE

Kim Chapiron : « Bosch nous montre toute la beauté des monstres et des marginaux »

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Publié le , mis à jour le
Visionnaire, même 500 ans après sa mort, Jérôme Bosch continue d’inspirer les artistes de tous horizons, à l’instar de Kim Chapiron. Alors que son dernier long métrage, Le Jeune imam, vient de sortir au cinéma, le réalisateur, qui poursuit en parallèle ses explorations musicales avec son collectif Pink Noise, nous raconte sa fascination pour le célèbre Jardin des délices
Portrait de Kim Chapiron
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Portrait de Kim Chapiron

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© AFP / Photo de Julien de Rosa

« Le Jardin des délices fait tellement partie de moi que je ne me souviens plus de la première fois où je l’ai vu. Cette œuvre m’a accompagné à différents moments de ma vie, comme un court-circuit : elle captive, interroge… Elle m’a aussi beaucoup inspiré dans ma démarche et ma volonté de court-circuiter le cinéma. Mon premier film, Sheitan (2006) – le diable, en arabe – et mon dernier Le Jeune imam (2023), sans doute plus lumineux, forment deux opposés. Un peu comme les panneaux latéraux du triptyque, finalement ! Le Jardin des délices est aussi présent dans une scène de La Crème de la crème (2014), pour laquelle j’ai animé l’œuvre avec des effets spéciaux.

Jérôme Bosch, Le Jardin des délices
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Jérôme Bosch, Le Jardin des délices, vers 1500

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Huile sur bois • 200 × 195 cm pour le panneau central, 220 × 97 cm pour les panneaux latéraux • Coll. musée du Prado, Madrid

« 500 ans après sa mort, Jérôme Bosch continue d’émerveiller. »

Dans cette œuvre, le mal est aussi fascinant que le bien. On peut l’observer pendant des heures, on trouvera toujours un détail qui suscite de la joie, de la peur voire du dégoût. Jérôme Bosch nous montre toute la beauté des monstres, des marginaux, et c’est d’une modernité absolue. Comment peut-on être visionnaire à ce point ?

Cette œuvre m’interroge aussi sur la création contemporaine, à l’heure de la distraction permanente et du scroll : dix minutes plus tard, on ne se souvient plus de ce qu’on a vu ! 500 ans après sa mort, Jérôme Bosch continue d’émerveiller. Il a une énorme influence sur la créativité du monde entier : on retrouve son style aussi bien dans l’univers de Roland Topor que de Miyazaki ! Le Jardin des délices est aussi la preuve qu’une œuvre a priori élitiste, qui regorge de symboles, peut se fondre dans la pop culture. J’aime me dire qu’avec cet artiste on arrive à toucher à une sorte de vibration universelle. »

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À voir

Le Jeune imam

Par Kim Chapiron • 1 h 38

Actuellement au cinéma

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À écouter

Pink Noise, "Bruit Rose" (ft. Mai Lan)

Retrouvez dans l’Encyclo : Jérôme Bosch

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