Les ruines de Persepolis
Photo Adobe Stock / Borma_Mir
Un petit organisme discret peut parfois faire l’effet d’une bombe sur le patrimoine. En Iran, le fameux site antique de Persépolis est en effet gravement menacé par un champignon microscopique hébergé par une algue : ces ruines de l’ancienne capitale du premier empire perse de l’histoire, édifiée au VIe siècle avant J.-C. par Darius Ier, sont en train d’être grignotées par un lichen rongeur de pierre…
Après 25 siècles d’exposition aux pillages, aux séismes et aux incendies, ce sont finalement les lichens qui constituent le principal obstacle à la survie de cette cité millénaire de 125 000 m² perdue en plein désert, au pied des montagnes du cœur de l’Iran. Un important site archéologique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui abrite l’une des plus importantes concentrations d’art rupestre du Moyen-Orient, de superbes statues de griffons et des bas-reliefs narrant l’histoire des Perses et de leurs dieux.
« C’est une course contre la montre qui est engagée pour sauver ce patrimoine exceptionnel. »
Alireza Askari Chaverdi
De nombreux motifs sculptés y ont déjà disparu, dévorés par ces organismes de couleur rouge et jaune qui fragilisent même la structure des ruines. « Les lichens peuvent réduire en poussière les reliefs en moins d’un siècle. C’est une course contre la montre qui est engagée pour sauver ce patrimoine exceptionnel », alerte l’archéologue Alireza Askari Chaverdi, directeur du site de Persépolis.
La tombe d’Artaxerxès III, le roi Artaxerxès III et Ahura Mazda à Persepolis
© Christophe Boisvieux / hemis
Brossage, lasers, substances chimiques… Depuis plusieurs années, les experts tentent par tous les moyens, lentement et laborieusement, d’éliminer ces organismes dont la prolifération serait accélérée par la pollution industrielle – les composés azotés présents dans l’atmosphère agissant pour eux comme des engrais.
La situation, révélée il y a quelques mois par les médias iraniens, a particulièrement ému la population. Elle est d’autant plus inquiétante que le vice-ministre du Patrimoine culturel, Ali Darabi, a récemment déclaré que le pays manquait cruellement de moyens pour entretenir ses sites patrimoniaux – un appel à l’aide lancé à l’UNESCO et la communauté internationale.
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique