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Design Story

La lampe TGV, fidèle compagnon de route et merveille du design industriel

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Publié le , mis à jour le
Derrière chaque objet de notre quotidien se cache une histoire. Aujourd’hui, notre heureux élu fait la couverture d’un guide sur le design contemporain à paraître le 11 mai chez Flammarion : il s’agit de la lampe dessinée par Ionna Vautrin pour équiper les TGV. Une prouesse technique au design si réussi qu’elle a rapidement été éditée pour le grand public. Zoom sur ce bijou made in France.
Lampe TGV rouge de Ionna Vautrin dans les wagons-restaurants
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Lampe TGV rouge de Ionna Vautrin dans les wagons-restaurants

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© Michel Giesbrecht

Il est possible de l’admirer sur la ligne Paris-Bordeaux ou Paris-Toulouse, en bleu près des fenêtres, éclairant les carrés famille de deuxième classe – ainsi qu’en rouge glamour à bord du wagon-restaurant et en première classe… Joyeuse et bienveillante, la lampe TGV est l’atout charme des voyages en train. Pensée en forme de T, elle « évoque ce que l’utilisateur souhaite projeter : une lampe de bibliothèque pour certains, un mini lampadaire de route pour d’autres », nous explique la designer Ionna Vautrin au téléphone, humble devant le succès de sa lampe qui, sous son air sympathique aura nécessité quatre années d’intenses recherches et une technique de pointe…

Ionna Vautrin
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Ionna Vautrin

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© Ionna Vautrin

L’aventure débute en 2013, quand l’agence Saguez & Partners est chargée de l’aménagement des nouvelles rames de TGV Euroduplex. Dans leurs premiers visuels de présentation, ils glissent la lampe Binic, munie d’un petit pied surplombé d’une grosse tête lumineuse. Elle est chaleureuse, ludique et épurée… comme la plupart des créations signées Ionna Vautrin. Adepte de l’objet, la SNCF appelle alors la designer pour lui demander de dessiner une nouvelle lampe, qui s’inscrirait avec autant de douceur dans leurs trains à grande vitesse.

Mais le challenge est de taille : chaque gramme compte, l’objet devant être le plus léger possible tout en étant extrêmement résistant. Il doit également se fixer à la table, mais se démonter facilement pour changer les LED. Et accueillir les millions de voyageurs qui vont lire, travailler ou manger sous sa lueur… D’enfants, aussi, qui risquent de la maltraiter.

Lampe TGV de Ionna Vautrin déclinée en blanc, kaki et bleu
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Lampe TGV de Ionna Vautrin déclinée en blanc, kaki et bleu

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© Michel Giesbrecht

Une fois le brief établi, direction Mulhouse. Là-bas, Ionna Vautrin décide de puiser son inspiration à la Cité du Train. Son coup de cœur : les wagons luxueux de l’Orient Express. « Les décorateurs y ont pensé le train comme une maison : les sièges sont ceux des intérieurs de l’époque et au sol, on y trouve des tapis. Il y a aussi des nappes sur les tables et de belles lampes. J’y ai même repéré une applique double que je trouvais très intéressante… » C’est le déclic. En rentrant à l’atelier, elle dessine six lampes doubles, pour « faire dialoguer » et conférer « un aspect face-à-face ». À l’unanimité, le choix se dirige vers un design en forme de T, une silhouette sculpturale et identifiable aux lignes sensuelles.

Lampe TGV Bleue de Ionna Vautrin
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Lampe TGV Bleue de Ionna Vautrin

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© Michel Giesbrecht

Afin d’éviter la rouille, la SNCF a dû créer une peinture spécifique. Résultat : l’objet a une durée de vie d’au moins vingt-cinq ans !

S’ensuivent quatre années de mise au point pour fabriquer cette lampe en aluminium injecté – un matériau de pointe utilisé pour la fabrication des trains, qui est à la fois léger, solide et recyclable. Afin d’éviter la rouille parfois provoquée par le brouillard salin du bord de mer, la SNCF a dû créer une peinture spécifique. Résultat : l’objet a une durée de vie d’au moins vingt-cinq ans ! En 2017, une fois fixée aux tables des wagons, vissée sous les fenêtres, la lampe connaît un succès fulgurant. À la fois assez basse pour ne pas obstruer la vue et assez haute pour être aperçue depuis le quai, elle est « la promesse d’un confort domestique pendant le voyage ».

Lampe TGV de Ionna Vautrin dans un salon
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Lampe TGV de Ionna Vautrin dans un salon

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© Michel Giesbrecht

À tel point que l’éditeur Moustache la fait basculer dès l’année suivante dans la sphère domestique en la commercialisant auprès du grand public. Seule différence : un lest de 1,5 kilo y est inséré pour assurer sa stabilité (soit le même poids que l’objet initial). Et de nouveaux coloris apparaissent, dont le kaki, le blanc et l’anthracite. « Dès le départ, je souhaitais qu’elle devienne une lampe pour la maison. C’est intéressant d’observer comment l’objet rentre dans le quotidien des gens et leurs esprits. » Désormais, voilà que cette pièce produit en grande quantité pour sillonner la France se retrouve lampe de chevet ou de bureau ! Elle dégage encore, il semblerait, cette douce sensation de départ en vacances et de valises bouclées…

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Lampe TGV par Ionna Vautrin - Éditions moustache

295 € • disponible en six couleurs

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Design contemporain. Le guide

Par Élisabeth Couturier

Retrouvez l'article dans la série 15 objets design aussi cultes qu’indémodables

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