Détail de la Tapisserie de Bayeux, XIe siècle
Toile en lin, broderie Crewel en laine • 50 × 6 830 cm • © Bayeux Museum
Une nouvelle vie se profile pour la tapisserie de Bayeux… Vendredi 31 janvier à Bayeux, en Normandie, la ministre de la Culture Rachida Dati a confirmé la participation de l’État à la restauration de ce chef-d’œuvre de l’art roman, brodé au XIe siècle, peut-être dans un atelier anglais. Cette cure de jouvence s’accompagnera d’une transformation du musée de la tapisserie de Bayeux : ce dernier, qui accueille 430 000 visiteurs annuels, déménagera dans une extension de 11 000 m² de l’ancien séminaire où l’œuvre se trouve actuellement exposée.
Décidés en 2013, les travaux de construction de l’extension et de rénovation du musée débuteront cette année. L’établissement fermera le 1er septembre 2025, pour une réouverture prévue en octobre 2027, l’année du millénaire de la naissance de Guillaume II de Normandie, dit le Conquérant – le personnage principal de la tapisserie de Bayeux, qui raconte sa conquête de l’Angleterre.
Loïc Jamin, le préfet Stéphane Bredin, Patrick Gomont, Arnaud Tanquerel, Bertrand Bouyx autour de Rachida Dati, ministre de la culture lors du déplacement au musée de la tapisserie de Bayeux, pour l’annonce du soutien financier de l’Etat en faveur de la rénovation et de l’extension du musée, 31 janvier 2025
© Alain Guizard / Bestimage
Longue de 70 mètres, cette œuvre foisonnante, composée de fils de laine brodés sur une toile de lin, contient pas moins de 626 personnages, 994 animaux, 438 végétaux, et des dizaines de bâtiments et de navires. Classée monument historique et inscrite au registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO, il s’agit d’une broderie « unique au monde, universelle par les thèmes qu’elle aborde : la guerre, le pouvoir, l’histoire du Moyen Âge », a commenté Rachida Dati.
« Sa restauration est une priorité de l’État », a poursuivi la ministre. « L’État prendra en charge l’intégralité des coûts de restauration de la tapisserie, dont il est propriétaire », a-t-elle précisé, soit « plus de 2 millions d’euros, sur un total de 13 millions d’euros » consacrés par le ministère de la Culture à ce projet de nouveau musée. D’un coût total de 38 millions d’euros, ce dernier sera également financé par la Région Normandie et le Département du Calvados (10,5 millions d’euros chacun) et par la Ville de Bayeux (7 millions).
Rachida Dati, ministre de la culture et Antoine Verney lors de la visite au musée de la tapisserie de Bayeux, 31 janvier 2025
© Alain Guizard / Bestimage
Le maire de Bayeux, Patrick Gomont, souhaiterait prêter la tapisserie à l’Angleterre, où elle serait restaurée par la même occasion.
Depuis 1983, la tapisserie est exposée dans l’ancien grand séminaire de Bayeux, dans un long couloir en « U », plongée dans la pénombre pour des raisons de conservation, et prolongée par une exposition permanente. Si l’œuvre est bien placée dans une vitrine sur mesure, avec contrôle de la température et de l’humidité, elle est présentée à la verticale, ce qui impose « des tensions importantes sur ce textile de mille ans, qui nécessite désormais un plan incliné », a précisé à l’AFP son conservateur, Antoine Verney ; d’où le besoin de construire un nouveau local de présentation.
On ne sait en revanche toujours pas où aura lieu la restauration, ni ce qu’il adviendra de la célèbre broderie pendant les deux ans de travaux. Le maire de la ville, Patrick Gomont, souhaiterait la prêter à l’Angleterre (qui serait intéressée par le projet), où elle serait restaurée par la même occasion. D’autres aimeraient que l’œuvre soit restaurée devant le public dans le nouveau musée, ce qui ne plaît guère aux élus, qui aimeraient que les visiteurs puissent en profiter pleinement dès l’ouverture du lieu.
Cet événement sera complété par le dévoilement d’une création contemporaine : la scène manquante de la tapisserie, celle du couronnement de Guillaume le Conquérant, devenant roi d’Angleterre suite à la bataille d’Hastings (1066), réinventée par l’artiste Hélène Delprat. Sélectionné en octobre 2024 suite à un appel à candidatures européen, ce projet sera tissé à la manufacture des Gobelins puis exposé au château Guillaume-le-Conquérant de Falaise – un château fort du Xe siècle où naquit le fameux personnage historique, situé à 45 minutes en voiture de Bayeux.
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