George Passmore et Gilbert Prousch devant le Gilbert & George Centre
Photo Yu Yigang © Gilbert & George
Fixée au 1er avril, la date d’ouverture pouvait laisser penser à une farce. Mais non : bien que plaisantin, le célèbre duo d’artistes Gilbert & George a bel et bien inauguré samedi son propre musée à Londres ! Inséparables depuis leur rencontre en 1967 à la Saint Martin’s School of Art, et vêtus d’éternels costumes en tweed jumeaux, l’Italien Gilbert Prousch (né en 1943) et le Britannique George Passmore (né en 1942) forment un couple emblématique de l’art contemporain, connu pour ses autoportraits en tandem aux couleurs pop – des photographies retravaillées évoquant des vitraux déjantés où ils se mettent en scène avec une bonne dose d’humour, de provocation et de références à la culture gay.
Situé non loin de leur maison-atelier de l’ancien quartier ouvrier de Spitalfields, dans l’est de la capitale britannique, le Gilbert and George Center prend place à Heneage Street, dans une ancienne brasserie du XIXe siècle réhabilitée et dotée d’une extension moderne réalisée par le cabinet d’architecture SIRS. Sur 280 m² et trois niveaux, ce bâtiment entièrement dédié à leur œuvre proposera une à deux expositions chaque année. La première ? « The Paradisical Pictures », qui rassemble 35 œuvres inédites mettant en scène le duo au milieu de fruits, de fleurs et de végétaux psychédéliques.
Vue de l’exposition « The Paradisical Pictures »
Photo Prudence Cuming © The Gilbert & George Centre
En accord avec la philosophie du couple, le lieu est accessible gratuitement. « Vous n’avez pas besoin d’être un spécialiste, vous n’avez pas besoin d’être riche […] pour comprendre notre art », expliquent-ils dans une vidéo de présentation. Mais leur idée était aussi d’assurer plus de visibilité à leur travail. « La Tate possède 23 de nos œuvres qu’elle ne montre jamais », ont-ils déploré lors d’une interview pour le Financial Times, ajoutant être lassés du « wokisme » actuel des institutions, où la mode ne serait, selon eux, plus compatible avec un duo d’hommes blancs, fût-il queer. Un tacle que les musées britanniques apprécieront !
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