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Design Story

Le lampadaire Arco : 60 ans, et toujours dans le vent

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Derrière chaque objet de notre quotidien se cache une histoire. Et celui-ci bat tous les records : plus de 100 000 exemplaires ont été vendus depuis sa création en 1962 par les frères Castiglioni ! Le lampadaire Arco, aux dimensions spectaculaires, n’a pris aucune ride et se revêt exceptionnellement de cristal depuis la rentrée, pour fêter dignement ses soixante ans.
Achille et Pier Giacomo Castiglioni, ARCO K éditée par Flos
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Achille et Pier Giacomo Castiglioni, ARCO K éditée par Flos, 1962

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Lampadaire à lumière directe, base en cristal sans plomb, tige télescopique en acier inoxydable satiné, réflecteur orientable et réglable en hauteur en aluminium moulé, poli et recouvert d'une laque de protection transparente • Photo Mattia Balsamini

Vue du bureau de Ernst Stavro Blofeld décoré de deux lampes Arco originales dans le film « Les Diamants sont éternels » dirigé par Guy Hamilton
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Vue du bureau de Ernst Stavro Blofeld décoré de deux lampes Arco originales dans le film « Les Diamants sont éternels » dirigé par Guy Hamilton, 1971

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© Danjaq – EON – UA / © Kobal Collection / © Aurimages

Il est, sans équivoque, la star du salon. Et l’est doublement au cinéma dans le James Bond Les Diamants sont éternels sorti en 1971, positionné de chaque côté du cruel Spectre assis à son bureau… Le lampadaire Arco, un symbole de domination et d’autorité ? Une pièce spectaculaire surtout : avec son arc de plus de deux mètres de long au globe en aluminium poli ainsi que sa base en marbre de Carrare (l’un des plus précieux, extraits des carrières de Toscane), il respire à la fois la modernité, le luxe, la simplicité et l’opulence… Un pari impossible.

Ainsi il nécessitait non pas un, mais deux créateurs : les frères milanais Achille (1918–2002) et Pier Giacomo (1913–1968) Castiglioni, au style épuré et ingénieux, parfois teinté d’humour. Tous deux sont diplômés de la prestigieuse École polytechnique de Milan et furieusement épris de luminaires : déjà en 1955, leur Luminator, simple tige sur trépied surplombée d’une ampoule, avait remporté le Compasso d’Oro, prix international de design. Au début des années 1960, en plein boom du design italien, alors encouragés par l’éditeur Flos qui vient tout juste d’être créé, ils se penchent sur l’idée d’un lampadaire aussi éclairant qu’une suspension, qui éviterait à son utilisateur de devoir percer son plafond. Leur point de départ : un réverbère urbain, haut et courbe, d’où jaillit une intense lumière. Un arc qui permettrait d’illuminer des objets au centre du salon, ou au milieu d’une grande table à manger…

Double portrait des frères Achille et Pier Giacomo Castiglioni
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Double portrait des frères Achille et Pier Giacomo Castiglioni

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Photo Luciano Ferri

Un bijou, mais aussi une prouesse technique qui s’assemble facilement et se déplace sans encombre, à condition d’être deux.

Arco naît en 1962, tout à fait resplendissante grâce à son réflecteur de lumière en demi-sphère fixé au bout d’une longue tige incurvée en acier, aérienne et légère, qui contraste avec son contrepoids massif en marbre brut, dont les veines grises ressortent sur fond blanc laiteux… Un bijou, mais aussi une prouesse technique qui s’assemble facilement et se déplace sans encombre, à condition d’être deux. Car il s’agit de pouvoir soulever plus de cinquante kilos de marbre ! Et la méthode est aussi inventive que cocasse : un manche à balais s’enfile dans le trou de la base pour la soulever, en se plaçant de part et d’autre. Improbable solution digne de la folie des sixties.

Vue in situ de la lampe Arco de 1962
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Vue in situ de la lampe Arco de 1962

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Lampadaire à lumière directe, base en marbre blanc de Carrare, tige télescopique en acier inoxydable satiné, réflecteur orientable et réglable en hauteur en aluminium moulé, poli et recouvert d’une laque de protection transparente • © Studio Casali

Un arc en trois parties, un abat-jour, une base, une seule vis, un fil électrique, une ampoule : c’est tout ce que renferme les trois cartons livrés lors de l’achat d’une Arco (comptez à peu près 2 000 €). Il faut ensuite enfiler l’arc dans la rainure du marbre, l’assembler grâce à des encoches en y glissant le fil électrique avant de visser l’ampoule avec son abat-jour en aluminium. Un minimum d’effort pour un maximum d’effet : le succès est immédiat. Les ventes explosent et les musées ne tardent pas à s’en emparer pour étoffer leur collection, dont le MoMA à New York, féru de design. Consécration (tardive) : en 2020, Arco reçoit enfin son Compasso d’Oro, un prix posthume pour les frères Castiglioni, qui en avaient déjà reçu neuf au fil de leur carrière.

Vue du pied en cristal sans plomb de la lampe Arco K éditée par Flos
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Vue du pied en cristal sans plomb de la lampe Arco K éditée par Flos, 2022

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© Mattia Balsamini

Cette année, à soixante bougies soufflées mais encore bien loin de la retraite, le lampadaire troque exceptionnellement son marbre italien contre un bloc de cristal catégorie 9 (la plus pure), qui laisse entrevoir son mécanisme interne. Une édition limitée à 2 022 pièces intitulée Arco K, au déraisonnable prix de 10 000 €. Du luxe à l’état pur : « cette édition limitée anniversaire est fabriquée à partir de la dernière génération de cristaux sans plomb, révélant le contrepoids dans sa forme la plus pure et la plus transparente possible », nous assure Jason Brackenbury, directeur de Flos France. Et en remerciements pour leur investissement, l’éditeur offre à ses clients une sérigraphie du croquis original des frères Castiglioni, signée et numérotée. On y voit des détails constructifs et des schémas d’utilisation du luminaire : la trace de leur génie.

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Édition limitée Arco K

10 000€

Retrouvez l'article dans la série 15 objets design aussi cultes qu’indémodables

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