Actu

Le musée Leopold accroche ses œuvres… de travers

Par

Publié le , mis à jour le
Vue de l’intervention de l’exposition “Quelques degrés de plus” dans celle de “Vienne 1900. Naissance du modernisme”
voir toutes les images

Vue de l’intervention de l’exposition “Quelques degrés de plus” dans celle de “Vienne 1900. Naissance du modernisme”

i

© Musée Léopold, Vienne © Andreas Jakwerth

Depuis le 22 mars, quelque chose cloche au musée Leopold de Vienne : quinze tableaux, dont Sur le lac Attersee de Gustav Klimt (1900) et Maisons au bord de la mer d’Egon Schiele (1914) et d’autres d’artistes comme Gustave Courbet et Tina Blau, présentés au sein de l’exposition « Vienne 1900. Émergence du modernisme », y sont accrochés de travers. À la grande surprise des visiteurs qui se trouvent forcés, pour les admirer, de pencher la tête au risque d’un torticolis !

Erreur ? Poisson d’avril ? Pas tout à fait ! Si d’autres musées ont déjà fauté en accrochant des tableaux à l’envers, ces quinze toiles ont, elles, été sciemment bousculées. Jusqu’au 26 juin, ces peintures jadis plus apaisantes créeront un petit sentiment de malaise inédit, voulu par le directeur du musée Hans-Peter Wipplinger, qui cherche ainsi à « alerter sur les conséquences dramatiques du changement climatique ».

Vue de l’exposition « Quelques degrés de plus » dans le cadre de l’exposition « Vienne 1900. Naissance du modernisme » au musée Leopold avec Hans-Peter Wipplinger et Claudia Michl
voir toutes les images

Vue de l’exposition « Quelques degrés de plus » dans le cadre de l’exposition « Vienne 1900. Naissance du modernisme » au musée Leopold avec Hans-Peter Wipplinger et Claudia Michl

i

© Leopold Museum, Vienne © Andreas Jakwerth

« Quelques degrés de plus » : c’est sur cet ingénieux jeu de mots que se basent le concept et le nom de ce projet, élaboré en collaboration avec le CCCA (Climate Change Centre Austria, une équipe de douze scientifiques de renom, dont la climatologue Helga Kromp-Kolb) et l’agence autrichienne Wien Nord Serviceplan. Les œuvres choisies ont en effet été inclinées du nombre de degrés exact dont les paysages représentés devraient se réchauffer dans les années à venir en raison du changement climatique, si aucune action drastique n’est menée pour le ralentir. « Une augmentation de la température de quelques degrés seulement favoriserait la prolifération d’algues et assécherait progressivement le magnifique lac turquoise », peut-on lire par exemple à côté du tableau de Klimt. Pour maintenir ce paysage tel que l’a brossé l’artiste, il faudrait arriver à contenir le réchauffement climatique à 1,5 % de plus qu’à l’ère préindustrielle…

Vue de l’intervention de l’exposition « Quelques degrés de plus » dans celle de « Vienne 1900. Naissance du modernisme »
voir toutes les images

Vue de l’intervention de l’exposition « Quelques degrés de plus » dans celle de « Vienne 1900. Naissance du modernisme »

i

© Leopold Museum, Vienne © Andreas Jakwerth

Ce geste apparaît comme un habile renversement de situation, le musée ayant été en novembre la cible de militants écologistes, qui y avaient aspergé d’un liquide noir un tableau de Klimt, protégé par une vitre. En plus de sensibiliser à la crise climatique, l’opération sert donc également à rappeler que les musées (lieux privilégiés d’appréciation de la beauté du monde et de réflexion sur les questions de société et de conservation) se préoccupent eux aussi de l’environnement. Mais non sans quelques petites contradictions, puisque les activistes dénonçaient par cet acte un partenariat du musée Leopold avec le géant pétrolier OMV. De quoi rendre, aux yeux de certains, son message d’engagement un peu bancal…

Arrow

Musée Léopold

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi