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Les mosaïques restituées au Liban par les États-Unis seraient… des faux

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Mosaïque de Dionysos rendue au Liban par le bureau Manhattan District Attorney
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Mosaïque de Dionysos rendue au Liban par le bureau Manhattan District Attorney

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Courtesy Manhattan District Attorney

Voilà une affaire bien embarrassante : le 7 septembre 2023, les États-Unis restituaient fièrement au Liban neuf mosaïques romaines saisies dans l’entrepôt américain du collectionneur libanais Georges Lotfi, considérées par le ministère de la Culture libanais et le bureau du procureur de New York comme des pièces authentiques pillées au Liban puis importées illégalement aux États-Unis en 1988. Sauf que deux experts éminents assurent désormais que huit d’entre elles seraient de vulgaires faux « faciles à détecter »

C’est en voyant des photographies des œuvres dans la presse en septembre que Djamila Fellague, maîtresse de conférences en histoire de l’art, archéologie et antiquité à l’Université de Grenoble, a immédiatement pensé qu’il s’agissait de copies. Son enquête aurait confirmé ses soupçons. « La recherche et la comparaison iconographique conduisent très rapidement à l’identification des modèles utilisés. Les originaux sont des œuvres bien connues », a-t-elle expliqué le 23 octobre lors d’une conférence sur le sujet.

Beaucoup d’objets rendus à la hâte ?

Un géant copié sur une mosaïque de la célèbre Villa Romana del Casale en Sicile, un Neptune et une Amphitrite issus d’une œuvre trouvée à Constantine et conservée au Louvre, un Bacchus tiré du musée national de Beyrouth… « Même si vous n’êtes pas un expert, si vous mettez le faux à côté de la mosaïque authentique, vous voyez à quel point ils sont similaires, mais aussi à quel point la qualité n’est pas si bonne », a renchéri dans le Guardian l’archéologue Christos Tsirogiannis, chargé de la lutte contre le trafic d’antiquités auprès de l’UNESCO.

Pour eux, ces œuvres sortiraient d’un atelier de fausses mosaïques situé quelque part au Proche-Orient dans les années 1970–1980 ! Mais comment Matthew Bogdanos, procureur adjoint du district de Manhattan, respecté pour avoir retrouvé de nombreux trésors pillés, aurait-il pu ne rien voir ? Selon les deux experts, beaucoup d’objets seraient rendus à la hâte, sans expertise sérieuse. Un porte-parole du procureur américain nie pourtant toute erreur, assurant qu’une expertise en bonne et due forme a bien été réalisée.

Un collectionneur dans le viseur des enquêteurs

Fait troublant, Georges Lotfi, le collectionneur octogénaire qui s’est vu saisir les mosaïques, avait collaboré en tant qu’informateur avec ce même bureau du procureur et son unité de lutte contre le trafic d’antiquités, notamment dans l’affaire du cercueil en or de Nedjemankh… Avant de tomber dans le viseur des enquêteurs. En septembre, il assurait dans L’Orient-Le Jour être en possession de documents officiels prouvant l’honnêteté de ses achats, mais aussi « qu’une grande partie » des pièces de sa collection étaient de toute façon « des copies » !

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