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Portrait

Marin Karmitz, réalisateur et collectionneur d’histoires

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En prélude à l’exposition de sa collection à la Maison rouge, le réalisateur et fondateur de MK2, société de production, de distribution et d’exploitation de salles, nous a montré ses trésors en avant-première. Et s’est peu à peu révélé à travers eux. Rencontre avec un homme qui crée des histoires d’art et de cinéma absolument uniques.
Marin Karmitz photographié chez lui
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Marin Karmitz photographié chez lui, Juillet 2017

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© Photo Cécilia Garroni-Parisi pour Beaux Arts

Il ne lâche rien, ce petit œil noir. Amusé quand l’autre trébuche, ardent quand s’attise le mépris ; malicieux, souvent ; embué, parfois, quand il s’agit d’en venir à l’essentiel – ce qui ne se dit pas, ce que les mots ne peuvent offrir en partage. Les yeux noirs de Marin Karmitz ? Certes, il s’y décèle de la hargne ; l’envie d’en découdre de tout gamin de bonne famille ; la fierté d’un destin accompli, dans un pays qui n’était pas le sien mais à qui il doit tant (et réciproquement, espère-t-il). Mais on y devine un abîme insondable, aussi. Quand on le rencontre dans sa discrète maison parisienne, au cœur de l’été, beaucoup se tait en lui, malgré l’aimable bavardage. Il y a du vertige dans cet homme. C’est à l’orée de ce précipice que nous convie la Maison rouge, cet automne, en invitant ce grand homme d’images. Pas le producteur de cinéma, non, ni le distributeur de films, ni même le réalisateur frustré de n’avoir tourné que trois longs-métrages. Mais le collectionneur passionné d’art et, plus encore, de photographie.

Marin Karmitz avec ses fils Elisha et Nathanaël, à qui il a confié les rênes de MK2
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Marin Karmitz avec ses fils Elisha et Nathanaël, à qui il a confié les rênes de MK2

Militant du cinéma pour tous, maoïste arpenteur d’usines, artisan de la gentrification de quartiers oubliés, homme de pouvoir prêt à écraser qui le gêne dans son ascension ? Bien sûr, Marin Karmitz demeure tout cela. Mais il s’est, chaque jour un peu plus, réfugié dans cette passion nouvelle, depuis qu’il a abandonné la production et cédé la direction des salles MK2 à ses fils Elisha et Nathanaël. « Ce qu’il nous a transmis, c’est avant tout la liberté. La réelle liberté de nos choix, confie ce dernier. Il nous a littéralement laissé les rênes de son entreprise tout en nous ayant tellement appris, offert tant de savoirs. » Confiant en les talents de ses rejetons, il est donc tombé dans la passion pour la photographie, et cette foule de compagnons disparus qui l’entourent désormais. Des tirages par centaines, qui envahissent chaque recoin de sa maison et le privent de la vue sur les arbres tout proches : il ne faudrait pas que des flots de lumière effacent doucement cette armée des ombres !

C’est ce Karmitz-là que l’on est venu rencontrer. Celui qui vit dans la pénombre légère de ces nouvelles salles obscures, et non plus sous les sunlights de Cannes ou dans la lueur des projecteurs. Derrière le producteur audacieux de la trilogie Trois couleurs de Krzysztof Kieślowski, un immense défenseur du noir et blanc.

Figures oubliées et méconnues de l’après-guerre

De la salle de billard à la bibliothèque, pas un centimètre des trois étages de sa maison n’échappe désormais à sa collection. Enfin, collection, non, vraiment, il ne dirait pas cela. « Ce sont des amis au quotidien. » Leurs mille visages envahissent l’espace. Vieil homme tragique errant dans le Yiddishland arpenté avant la Shoah par Roman Vishniac, bambin de Harlem saisi par la caméra de Gordon Parks, gamines innocentes, 10 ans à peine, déjà attelées à leur machine à tricot, tendrement observées par Lewis Hine au début du siècle passé pour son reportage sur le travail des enfants.

Gotthard Schuh, Grubenarbeiter
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Gotthard Schuh, Grubenarbeiter, 1967

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Cette bouille de jeune mineur est celle qui a tout provoqué. Une des premières photos pour lesquelles Karmitz ait craqué.

Tirage argentique • © Gotthard Schuh

Et aussi ce jeune mineur à la bouille maculée de charbon, chef-d’œuvre de Gotthard Schuh (celui par qui le déclic de la collection est advenu). Sans oublier les autoportraits fulgurants du peintre et écrivain polonais Stanisław Witkiewicz, dit Witkacy (1885–1939), figure oubliée du début du siècle passé. « Pour moi, cet artiste qui a tant inspiré Tadeusz Kantor marque le début de l’art moderne. Quand on pense que le Centre Pompidou n’en a aucun ! » Lui, s’est évertué à dénicher la quasi-totalité de son œuvre photographique. « C’est ça qui est formidable avec la photo ! On peut encore avoir la sensation d’être un défricheur. » Au-delà des grands maîtres comme Helen Levitt ou Eugene Smith, dont il privilégie les images oubliées, il rassemble aussi autour de lui une foule d’inconnus, ou de méconnus, tel le Colombien Fernell Franco, ou l’Américain Homer Page. Et de plus en plus, la décennie 1950 écrase l’ensemble : « Sans doute s’est-il passé quelque chose dans ces années-là », avance-t-il.

Christian Boltanski, l’ami de vingt ans

Dans ces années-là, Marin, petit Juif roumain, vient de fuir son pays avec toute sa famille, de prospères commerçants de Bucarest, et débarque à Marseille, avant de s’installer à Nice. Il ne parle que sa langue natale, et l’allemand. Pas un mot de français. Il apprendra vite. Mais bientôt, plus aucun autre idiome ne pénétrera son cerveau : Karmitz est devenu une figure clé de l’avant-garde cinématographique internationale sans baragouiner un traître mot d’anglais. Alors, ces yeux-là, on ne s’étonne plus qu’ils en disent beaucoup. Avec les immenses réalisateurs qu’il a contribué à façonner, comme Krzysztof Kieślowski ou Abbas Kiarostami, le producteur de Le vent nous emportera partage une langue muette. Dès que les traducteurs quittent la salle, d’autres dialogues se nouent.

Christian Boltanski, Tiroirs
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Christian Boltanski, Tiroirs, vers 1970

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Les visages d’enfants de Boltanski évoquent toujours, en filigrane, le drame de la Shoah qui hante cette collection.

Photographies noir et blanc, tissus, tiroir métallique, lampe • © L’Hoir J. / Archives galerie de France, Paris

Alcoolique repenti depuis quarante ans, Karmitz a raconté souvent ces échanges si intenses qu’il a eus avec eux, autour d’un verre. C’est d’ailleurs ainsi qu’il a rencontré Christian Boltanski, artiste cher à son cœur. Dans un bar de Pologne, qu’on imagine enfumé, Karmitz et Kieślowski sont lancés dans une conversation secrète, quand le premier entend soudain parler dans sa langue d’adoption, sur la banquette, derrière eux. C’est Boltanski. Les visages d’enfants mis en scène par l’artiste hanté par la Shoah accompagnent désormais chaque jour de leur lumière fragile le maestro de la distribution, et la conversation entre ces deux complices dure depuis plus de vingt ans. Les connaissant tous deux, on l’imagine elle aussi de peu de mots.

« Silences », c’est ainsi que Marin Karmitz a intitulé la seule exposition qu’il ait jamais orchestrée (avant celle de la Maison rouge) au musée d’Art contemporain de Strasbourg, en 2009. Car avec les mots, il cultive la même exigence qu’avec l’image. Héritage, sans doute, de la lecture des textes bibliques et rabbiniques que pratique assidûment cet athée convaincu. Il a même fondé il y a une quinzaine d’années une yeshiva, centre d’études du Talmud et de la Torah. « Dans le judaïsme, la langue n’a rien de sacré, confie celui dont l’un des beaux-fils (l’aîné de son épouse Caroline Eliacheff) est devenu rabbin. Il s’agit surtout de tout remettre sans cesse en question. Partir d’un point, puis élargir de plus en plus le cercle de la réflexion, pour enfin, longtemps après, revenir à ce point originel. » Le noir de ces yeux a sans doute gagné en profondeur à l’épreuve de ces heures et ces heures consacrées à l’analyse des textes.

Des nuits à boire avec « Sam » Beckett

Sans compter qu’avant cela, dans les années 1960, il passait des nuits entières à boire et discuter avec Samuel Beckett. Il n’y a pas mieux pour atteindre une conscience extrême de l’essence des mots, de leur faillite comme de leur richesse. « C’est vraiment Sam qui m’a appris la nécessité de peser chaque terme », raconte-t-il lentement. Amoureux de Duras et du Nouveau roman, le tout jeune Karmitz osa approcher le dramaturge pour lui proposer de réaliser un film avec lui. Ainsi naîtra Comédie, en 1966, avec Delphine Seyrig et Michael Lonsdale. Un chef-d’œuvre de mise à nu de la langue. Un chef-d’œuvre tout court. Et sans doute l’une des raisons pour lesquelles l’ex-réalisateur méprise si violemment la vidéo telle que la pratique les artistes contemporains. Pour lui, seul le frangin Boltanski sort du lot (Karmitz montre d’ailleurs l’une de ses dernières vidéos à la Maison rouge). « Les autres n’inventent rien ! Même Steve McQueen, qu’on prétend génial ! Tous ne font que reprendre des recettes anciennes ! Or, pour moi, rien n’est plus essentiel que d’apporter sa pierre à l’édifice. »

Samuel Beckett et Marin Karmitz sur le tournage de « Comédie »
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Samuel Beckett et Marin Karmitz sur le tournage de « Comédie »

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Après avoir réalisé avec Samuel Beckett son film Comédie en 1966, le jeune réalisateur partagea avec lui une intense complicité.

© Collection Marin Karmitz

Défricher, avancer, bâtir, le dynamique retraité n’a que ces mots à la bouche, aujourd’hui encore. « Mes ancêtres m’ont enseigné qu’être juif, c’est être invité dans une demeure que nous devons laisser en meilleur état qu’elle n’était à notre arrivée. » Comprendre, quand il s’adresse aux créateurs à qui il a affaire : soyez inventifs, sinon c’est la porte et un coup de pied au derrière ! Cette sévérité lui a valu de sacrées joutes avec nombre de réalisateurs, de Jean-Luc Godard à Abdellatif Kechiche. Il l’applique avec aussi peu de concessions aux arts visuels. Les jeunes plasticiens ? Rares sont ceux qui trouvent grâce à ses yeux. « Je vois peu d’émotions surgir aujourd’hui. Et puis pour le prix d’une de leurs œuvres, je peux m’offrir cinq photos ! »

Dans chaque photographie, mille films possibles

Le choix est vite fait pour ce négociateur réputé âpre en affaires. Et puis, on ne produit pas Alain Resnais, Alain Tanner ou Gus Van Sant pour tomber ensuite sous le charme d’images faciles.

Martial Raysse, Portrait à géométrie variable deuxième possibilité
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Martial Raysse, Portrait à géométrie variable deuxième possibilité, 1966

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Avant que Martial Raysse ne devienne le chouchou des grands collectionneurs, Karmitz l’adorait déjà, de ses chefs-d’œuvre des années 1960 à ses peintures les plus récentes… et plus crissantes.

Huile sur toile • 120 × 127,5 × 11 cm • © Martial Raysse / Courtesy Coll. Marin Karmitz, Paris

Prenez Martial Raysse, dont il se réjouit de posséder nombre de toiles : « Au début, on se dit : mais qu’est-ce que c’est laid ! Et il faut regarder longtemps, longtemps, pour trouver quelque chose. Et parfois on ne trouve pas ! J’ai une sainte horreur de l’académisme, conclut-il, caressant des yeux un sous-main ayant appartenu à Géricault, dont la moindre trace de crayon « l’émeut énormément : on a l’impression de le voir crayonner à sa table. Dans chaque œuvre, j’ai besoin de sentir l’homme, la vie. Et dès qu’il y a vie, il ne peut y avoir académie. »

Collection de trous noirs

La silhouette mystérieuse, par exemple, saisie par le photographe W. Eugene Smith depuis sa fenêtre new-yorkaise ? « Cette femme, de dos, est-elle noire ou blanche ? Quelle heure est-il ? Sort-elle de chez son amant ? Va-t-elle retrouver son mari ? Vous rendez-vous compte de toutes les histoires que de telles images racontent ? » C’est bien pour cela qu’il aime la photo : dans chacune d’entre elles, mille films possibles. Et pour cela qu’il aime dénicher des images peu connues : « À partir du moment où une photo est très diffusée, on perd l’innocence du regard. Moi, j’ai besoin d’être surpris. » Auparavant, il défendait bec et ongles ses réalisateurs protégés. Aujourd’hui, il veut tout faire pour que les artistes qu’il apprécie soient enfin reconnus à leur juste valeur.

Roman Vishniac, Man Looking Out of a Window, Mukacevo or Uzhgorod
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Roman Vishniac, Man Looking Out of a Window, Mukacevo or Uzhgorod, vers 1935–1938

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Témoignages exceptionnels de la vie dans les shtetls (bourgs ou quartiers juifs de l’Europe centrale et orientale) avant guerre, les images de Roman Vishniac sont parmi celles qui bouleversent le plus l’éternel exilé qu’est Marin Karmitz

Tirage argentique • © Mara Vishniac Kohn / Courtesy International Center of Photography

Comme Christian Caujolle, le « monsieur photo » historique de Libération, qui l’a initié à la photographie européenne, et le galeriste newyorkais Howard Greenberg, qui lui fait découvrir depuis quelques années l’école américaine, il se veut avant tout « passeur ». « Quand on réalise que quelqu’un comme Vishniac n’a jamais rien vendu ! » déplore-t-il en en sortant un par un de superbes tirages au platine, réalisés après guerre pour un marché de l’art indifférent à ces spectres d’une Europe anéantie à jamais. Il en possède aujourd’hui plus d’une trentaine. Ils sont l’un des cœurs battants de cette collection hantée par la plus grande tragédie du siècle passé.

À l’avoir découverte à ses côtés, on comprend mieux pourquoi, après deux heures de conversation, Marin Karmitz explique ainsi sa fascination pour toutes ces images des années 1950 : « Je crois que ces photographes se sont posé la question du silence, glisse-t-il. Ils ont brisé le silence. » « Pas une pièce de sa collection ne pourrait être retirée, toutes construisent une réflexion autour des deux thèmes qui le hantent, l’exil et le judaïsme », souligne Antoine de Galbert, qui l’a invité à la Maison rouge. « Étranger résident » est le titre de cette exposition : comme si, dans la collection, Karmitz avait enfin trouvé sa terre d’accueil. Dans chacune des salles de sa maison, qui s’enroule autour du figuier de son jardin secret, on perçoit alors combien l’accrochage se déploie, à chaque fois, autour d’une espèce de trou noir. Dans la bibliothèque, c’est un quasi monochrome terreux de Dubuffet ; dans le bureau, le visage quasi effacé de l’Enfant juif (1892–1893), sculpté par Medardo Rosso, et photographié par Patrick Faigenbaum ; et dans le salon, une toile stupéfiante d’Alberto Giacometti. « L’un des plus beaux tableaux au monde », assure son propriétaire.

Alberto Giacometti, Nu
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Alberto Giacometti, Nu, 1964

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Un corps hanté par d’autres corps, et par le silence… Aux yeux de Karmitz, Giacometti, c’est Beckett en peinture.

Huile sur toile • 92 × 73 cm • © Succession Alberto Giacometti (Fondation Alberto et Annette Giacometti, Paris + Adagp, Paris) 2017

Soit une silhouette d’homme, émergeant des cernes obsessionnels du sculpteur suisse, au sein desquels l’œil discerne, s’il est attentif, un corps de femme, comme une matrice. Un enfouissement et une renaissance à la fois. « Je l’ai acheté à une époque où personne n’en voulait… Il y a tout, là-dedans. Le silence… Giacometti, c’est Beckett en peinture. Il ne reste plus rien. Le cœur de l’art moderne, c’est ce silence. » Le cœur de Marin Karmitz aussi, sans doute.

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Étranger résident. La collection Marin Karmitz

Du 15 octobre 2017 au 21 janvier 2018
Cette exposition, Marin Karmitz l’a véritablement conçue comme un film. Son dernier film. Scénario soigneusement écrit, montage au cordeau... « Mon père est avant tout un artiste, cette exposition, il la conçoit vraiment comme un film sur lui et sa passion sur l’art, un autoportrait sincère et explicite », confirme l’un de ses fils, Elisha. Articulé autour d’un somptueux Giacometti, et d’une toile énigmatique de Vilhelm Hammershøi, le parcours regorge de bijoux de la photographie moderne : Lewis Hine, Saul Leiter, Christer Strömholm, W. Eugene Smith, jusqu’aux contemporains Antoine d’Agata ou Chantal Akerman. Le tout jalonné d’œuvres de plasticiens, du trop oublié Bernard Dufour à ses complices Annette Messager et Christian Boltanski.

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À lire

Le catalogue de l’exposition

Textes d’Erri de Luca, Julie Jones, et entretien entre Marin Karmitz et Christian Caujolle

Coédition Fage / La Maison rouge • 256p. • 28 €

Retrouvez dans l’Encyclo : Alberto Giacometti

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