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Cinéma

Nos 4 coups de cœur du festival de films In the Palace

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Publié le , mis à jour le
Considéré comme une étape vers la course à l’Oscar du meilleur court-métrage, le festival In the Palace, pour sa 17édition, s’est vaillamment tenu à Varna en Bulgarie du 15 au 22 septembre, doublé d’une version digitale. Beaux Arts y a déniché quatre petites merveilles parmi une sélection éclectique qui a mis en lumière de jeunes réalisateurs prometteurs.

1. Hugo : 18h30, vivre, aimer et se relever

Il est 18h30. Hugo, face caméra, vient d’apprendre sa séropositivité. Acculé par cette nouvelle, le jeune homme se met en quête de l’origine de la transmission. En se remémorant les êtres aimés, il rassemble ainsi par l’esprit une éblouissante galerie de personnages : hommes, femmes, cis ou transgenres, sages ou excentriques, tous ensemble dressant le portrait des amours d’une jeunesse libre, affranchie des sexualités prédéfinies. Les réalisateurs Simon Helloco et James Maciver accomplissent le tour de force de faire d’un sujet encore grave et tabou un feel good movie tendre et volage à la fois. Hugo : 18h30 se révèle être une ode à l’amour et à l’amitié qui terrasse la condamnation sociale et morale qui pèse toujours durement sur les épaules des personnes séropositives.

James Maciver et Simon Helloco, Hugo : 18h30
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James Maciver et Simon Helloco, Hugo : 18h30, 2020

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© James Maciver et Simon Helloco / Les films de l’Ermitage

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Sélection officielle de courts-métrages Silver Princess Competition

Hugo : 18h30

Court-métrage de Simon Helloco et James Maciver • 2020 • 13 mn

Un film à retrouver au festival de cinéma LGBTQ+ Chéries-Chéris au Centre Pompidou du 4 au 14 novembre 2020.

2. Judas Collar : le sacrifice du dromadaire

Dès les premières images de ce court-métrage, on est saisi par la beauté du désert australien et de sa faune. Un tir vient brusquement briser cette sérénité : un dromadaire s’effondre, endormi par un homme qui lui flanque un collier GPS. Rassuré, le spectateur pense à une mesure nécessaire pour surveiller et protéger un écosystème fragile. Pourtant tel un insecte volant et monstrueux, un hélicoptère surgira avec à son bord des chasseurs massacrant à bout portant la meute à laquelle appartient le dromadaire. Depuis, les camélidés ont intégré l’information : en se réveillant avec un collier autour du cou, ils doivent fuir leurs congénères pour se livrer seuls aux braconniers. À travers ce film déchirant, Alison James tire la sonnette d’alarme sur une pratique de braconnage lâche, inhumaine et écocide qui va jusqu’à dérégler le comportement social des dromadaires en Australie.

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Sélection officielle de courts-métrages Silver Princess Competition

Judas Collar

3. Toomas beneath the valley of the Wild Wolves : quand tout le monde veut voir le loup

Dans ce court-métrage d’animation, Chintis Lundgren fait le pari osé d’aborder avec un humour grinçant le harcèlement sexuel à travers un travestissement animalier complètement déjanté. Dans un rythme effréné le spectateur suit Toomas, beau loup aux muscles saillants, dans sa descente aux enfers. Renvoyé de son travail pour avoir éconduit sa supérieure, Toomas honteux de ne plus subvenir aux besoins de sa femme enceinte et de ses enfants se retrouve contraint à faire ce que la société semble attendre de lui : vendre son corps. Tel Job sur son tas de fumier, notre loup se résigne à cette nouvelle vie exténuante qui peu à peu, dans un enchaînement loufoque, détruit sa famille et déconstruit toute la société qui l’entoure.

Chintis Lundgren, Toomas dans la vallée des loups sauvages
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Chintis Lundgren, Toomas dans la vallée des loups sauvages, 2020

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© Chintis Lundgren / Miyu Productions

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Sélection officielle de courts-métrages Silver Princess Competition

Toomas beneath the valley of the Wild Wolves

4. Routine : The Prohibition, à bout de souffle

Quelles sont donc ces figurines claudicantes qui se disputent des bouteilles d’oxygène comme des produits de contrebande ? Dans une modélisation aussi effrayante que géniale, à la croisée entre le monstre de Frankenstein et les figures de pâte à modeler de Wallace et Gromit, le réalisateur Samuel Ortí Martí dépeint dans son court-métrage un monde à l’agonie. Les protagonistes humanoïdes sont des amas d’organes et de déchets, l’atmosphère est irrespirable tandis que le capital et la religion, main dans la main, pompent littéralement l’air des concitoyens jusqu’à les asphyxier. Les personnages sont tordants mais le rire laisse rapidement place à une réflexion quelque peu morbide sur la répartition des richesses et ressources indispensables à la vie.

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Sélection officielle de courts-métrages Silver Princess Competition

Routine : The Prohibition

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