Plâtres de l’ensemble “Les Bourgeois de Calais” par Auguste Rodin, version conservée au musée Rodin, Paris-Meudon
Œuvre similaire à celle disparue (Jean d'Aire) au musée de Glasgow. • © Brian Jannsen / Alamy / Hemis
Avis de recherche : une sculpture d’Auguste Rodin s’est volatilisée ! Le musée de Glasgow, en Écosse, qui avait acheté ce plâtre à l’artiste lui-même en 1901 – une statue de plus de deux mètres représentant Jean d’Aire, l’un des personnages du fameux groupe en bronze des Bourgeois de Calais (1895) [ill. ci-dessus] –, vient de s’apercevoir qu’il ne parvient plus à remettre la main sur l’œuvre, qui aurait pourtant dû se trouver dans ses réserves.
Mais cette disparition ne semble pas dater d’hier. En effet, la sculpture a été vue pour la dernière fois en 1949, lors d’une exposition au parc Kelvingrove. Depuis, plus de trace ! A-t-elle été volée, égarée ou simplement jetée ? Si ces deux dernières options paraissent aujourd’hui insensées pour une sculpture d’un artiste aussi célèbre, désormais estimée à environ 3,5 millions d’euros, elles ne sont pas si invraisemblables dans le contexte des années 1940, où l’on faisait peu de cas des créations en plâtre, fussent-elles préparatoires à des chefs-d’œuvre.
Auguste Rodin, Jean d’Aire, des Bourgeois de Calais, modèle 1884–1889, reproduction probablement 1895
Oeuvre similaire à celle disparue, en bronze
bronze • 46,7 × 16,3 × 15,4 cm • Coll. The Burrell Collection, Glasgow
Un indice en particulier appuie la thèse de l’abandon volontaire : lors de l’exposition de 1949, l’objet aurait subi des dommages. Déjà considérée comme mineure en raison de son matériau, cette sculpture désormais abîmée ne présentait donc peut-être plus d’intérêt aux yeux des conservateurs de l’époque. Si elle a été brisée, ses morceaux dorment peut-être dans un lieu de stockage. Ainsi, les restes d’une autre statue de l’artiste, elle aussi cassée dans le cadre de l’exposition de Kelvingrove, se trouvent depuis au centre de ressources des musées de Glasgow.
Pour le Comité Rodin, cette disparition n’en est pas moins « regrettable ». D’autant qu’elle intervient dans un contexte de prise de conscience d’un manque criant de surveillance dans les réserves des musées, alors que le vol de milliers de pièces, subtilisées tranquillement dans les sous-sols du British Museum, vient de faire scandale. Ce plâtre de Rodin n’est d’ailleurs pas le seul objet à avoir disparu des musées écossais : 1 750 autres, dont des pièces d’or du XVIe siècle, demeurent introuvables !
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