Gérard Depardieu jouant le rôle d’Auguste Rodin dans le film “Camille Claudel” de Bruno Nuytten en 1988
© hemis / Alamy
Gérard Depardieu est de retour sur le devant de la scène, et ce pour une tout autre raison que les nouvelles accusations d’agressions sexuelles portées contre lui cet été : ce lundi 25 septembre, de 11h à 18h, et ce mardi 26, de 11h à 17h, le public pourra admirer son exceptionnelle collection d’art à l’hôtel Drouot à Paris, avant que celle-ci, estimée entre 3 et 5 millions d’euros, n’y soit vendue aux enchères mardi à 18h, et mercredi à 14h.
Car non content d’avoir incarné les plus grands rôles du cinéma français, l’acteur de 74 ans est également un passionné d’art. En témoignent les 250 tableaux, dessins et sculptures, répartis dans quatre salles, qu’une foule de curieux et d’acheteurs s’est déjà empressée d’aller découvrir samedi 23 septembre. Le déclic a eu lieu à la fin des années 1980, juste après le tournage de Camille Claudel (1988) [ill. en Une] où Depardieu incarnait Auguste Rodin au côté d’Isabelle Adjani : inspiré, il achète alors trois bronzes de Rodin. C’est le début d’une collection foisonnante, éclectique et authentique, composée au fil des impulsions et coups de cœur de l’acteur.
Auguste Rodin, Paolo et Francesca, avant 1886
bronze à patine noire • 29,3 × 60,7 × 28,4 cm • Coll. particulière
Alexander Calder, Fernand Léger, Odilon Redon, Georges Braque, David Hockney, Joan Miró, Niki de Saint Phalle, Hans Hartung, Marcel Duchamp ; la star s’intéresse aux plus grands noms, mais se prend aussi de passion pour des artistes moins connus, tel Eugène Leroy (1910–2000), peintre abstrait natif de Tourcoing, dont une trentaine d’œuvres sont présentées à Drouot. À la peinture abstraite se mêlent aussi des objets Art déco et de l’art primitif. Parmi les pièces les plus en vue de cette collection figurent L’Homme qui marche de la sculptrice Germaine Richier (1961), estimé entre 500 000 et 800 000 euros, les trois bronzes de Rodin, et l’ensemble d’œuvres de Leroy, estimées entre 5 000 et 120 000 euros.
Germaine Richier, L’Homme qui marche, 1945–1961
bronze patiné • H. 138 cm • Coll. particulière • © Adagp, Paris 2023
Acheteur par passion et non par spéculation, l’excentrique gardait ses œuvres entassées un peu partout chez lui et allait les piocher au gré de ses envies. Mais alors, pourquoi se séparer d’un tel trésor ? Aurait-il besoin d’argent en raison de ses ennuis judiciaires ? Selon le commissaire-priseur David Nordmann, Depardieu souhaitait simplement « s’alléger un peu » et, l’âge avançant, « maîtriser le partage » de sa collection. En faisant de nombreux heureux au passage !
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