Performance acrobatique de Sue Wilson avec le premier fauteuil roulant sous-marin au monde, lors d’une olympiade culturelle des Jeux de Londres, 2012
© Freewheeling / Norman Lom / REX / SIPA
Suivie en direct sur France 2 par 10,17 millions de téléspectateurs, la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Paris 2024, qui s’est déroulée ce mercredi 28 août au soir sur les Champs-Élysées et la place de la Concorde, s’est terminée par un tableau particulièrement festif. Une nouvelle fois imaginé par le metteur en scène Thomas Jolly, ce dernier rendait hommage à l’artiste Sue Austin (née en 1965), une plasticienne et performeuse britannique qui a fait de son fauteuil roulant un surprenant outil de création…
La scène a été pensée comme une explosion de joie et d’énergie : au son de la chanson « Born to Be Alive » de Patrick Hernandez, chantée par Christine and the Queens en costume écarlate, et d’un feu d’artifice final, les danseurs en situation de handicap ont coloré de peinture la scène blanche, comme s’il s’agissait d’une gigantesque toile, qui a fini couverte de traces et d’inscriptions rouges, violettes, orange et jaunes.
Dernier tableau de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Paris 2024
Capture France TV
Devenu objet de création, son fauteuil ne suscite plus l’indifférence ou la gêne, mais l’intérêt, l’admiration et la surprise.
Ce spectacle faisait référence à l’artiste Sue Austin, touchée par une maladie qui la prive de l’usage de ses jambes. Depuis 1996, cette dernière bluffe le public (comme le font dans leur domaine les athlètes paralympiques) en utilisant son fauteuil roulant pour peindre et dessiner. Grâce à un dispositif permettant d’enduire ses roues de peinture, elle trace des cercles, des lignes sinueuses et des spirales sur des feuilles de papier géantes, le béton des rues ou encore du gazon, créant des œuvres abstraites qui évoquent l’art du graffiti.
Sue Austin, Traces from a Wheelchair, 2009
© Freewheeling
« Avec cette maladie, j’ai vu ma vie et mon accès au monde se restreindre et m’échapper. Quand j’ai commencé à utiliser le fauteuil roulant, c’était une liberté nouvelle et extraordinaire. Mais c’est comme si j’étais soudain devenue invisible aux yeux des gens », explique-t-elle lors d’une conférence TEDxWomen en 2012. L’Anglaise décide alors de changer leur regard en faisant de cet obstacle une force. En 2009, elle présente l’œuvre Traces from a Wheelchair. Devenu objet de création, son fauteuil ne suscite plus l’indifférence ou la gêne, mais l’intérêt, l’admiration et la surprise…
Sue Austin ne s’arrête pas là. En 2010, elle se met à performer sous l’eau [ill. en Une] grâce à un fauteuil roulant spécial équipé d’un propulseur, qu’elle a elle-même conçu. « Je me suis rendu compte que les équipements de plongée pallient un ‘handicap’ de la même façon que le fauteuil roulant, mais qu’ils sont eux associés à l’aventure et non à quelque chose de négatif. Alors je me suis demandé ce qui se passerait si j’associais les deux ! », raconte-t-elle.
Dans le cadre des Olympiades culturelles des Jeux olympiques de Londres en 2012, l’artiste a réalisé une performance poétique filmée dans les fonds marins de la mer Rouge, baptisée Creating the Spectacle. Équipée de bouteilles d’oxygène, installée dans un fauteuil doté de nageoires translucides et se dirigeant avec ses bras, l’artiste navigue et danse parmi les coraux et les poissons, puis trouve la flamme olympique dans une grotte sous-marine. Toujours dans le cadre de l’événement sportif, Sue Austin a également performé en direct dans une piscine, devant des spectateurs installés sous l’eau. Une trajectoire inspirante !
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