Patrimoine

La maire de Paris fait scandale en annonçant que les anneaux olympiques resteront sur la tour Eiffel

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Le premier étage de la Tour Eiffel avec les anneaux olympiques installés depuis le 7 juin 2024
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Le premier étage de la Tour Eiffel avec les anneaux olympiques installés depuis le 7 juin 2024

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© Alamy / Hemis

La nouvelle a immédiatement fait polémique. Ce samedi 31 août, la maire de Paris Anne Hidalgo a révélé avoir décidé que les anneaux olympiques géants qui ont été installés sur la tour Eiffel pour les Jeux de Paris 2024 resteraient de façon permanente sur le monument après le 8 septembre, date de fin des Jeux paralympiques… Une annonce qui a aussitôt valu à l’édile un recadrage de la ministre de la Culture et des descendants de Gustave Eiffel, ainsi qu’une déferlante de réactions négatives sur les réseaux sociaux.

« Les anneaux olympiques deviendront un élément permanent du monument », a déclaré Anne Hidalgo au quotidien Ouest-France. En tant que maire de Paris, la décision me revient et j’ai l’accord du Comité international olympique (CIO) ». « C’est très beau cette idée d’allier la tour Eiffel, monument conçu comme étant éphémère pour une exposition universelle, aux Jeux, moment éphémère qui aura aussi marqué Paris et notre pays », a-t-elle ajouté. Les cinq anneaux multicolores entrelacés, qui mesurent près de 30 mètres de long sur 13 mètres de haut, étant cependant « trop lourds » pour une installation permanente sur la tour, la maire a précisé qu’ils seront remplacés « le plus vite possible » par des anneaux « aussi grands mais plus légers ».

Une décision vivement critiquée

Un vent de révolte s’est alors levé sur les réseaux sociaux, critiquant une « dénaturation » du monument le plus célèbre de France, emblématique du pays et de la capitale depuis son inauguration lors de l’Exposition universelle de 1889. « Scandale », « délire », « absurdité », « horreur », lit-on. « La tour Eiffel est inscrite aux monuments historiques depuis le 24 juin 1964 et au patrimoine de l’UNESCO depuis 1991, mais Anne Hidalgo, du haut de ses 1,74 % [son score à l’élection présidentielle de 2022, ndlr], déciderait unilatéralement d’y conserver un logo publicitaire appartenant à une organisation privée ? », s’insurge un internaute sur X (ex-Twitter). « La tour Eiffel n’est pas un frigo sur lequel on colle des magnets », renchérit une autre, tandis que circule un montage humoristique montrant la pyramide de Khéops, la statue de la Liberté et le Christ rédempteur de Rio tous estampillés des fameux anneaux.

« La tour a une histoire de 135 ans, qui dépasse de très loin un événement sportif et médiatique de 17 jours. Les deux n’ont pas à être liés indéfiniment. Son architecture XIXe n’a pas à être parasitée durablement par un logo, qui plus est d’un style moderniste incompatible », dénonce l’association SOS Paris, qui défend le patrimoine architectural et le cadre de vie de la capitale. « Une fois le temps de la fête passé, notre monument emblématique doit retrouver son naturel », écrit l’auteur d’une pétition lancée le jour même de l’annonce sur la plateforme Change.org, qui avait déjà recueilli ce lundi midi plus de 5 000 signatures.

La question de la protection du monument reposée

« La tour Eiffel n’a pas une vocation d’antenne publicitaire. »

Olivier Berthelot-Eiffel

« La tour Eiffel est un monument protégé, œuvre d’un immense ingénieur et créateur. Le respect de son geste architectural et de son œuvre nécessite, avant d’y apporter toute modification substantielle, une autorisation », a temporisé ce week-end la ministre de la Culture démissionnaire Rachida Dati (opposante de la maire socialiste au sein du Conseil de Paris) dans un post sur le réseau social X. « Avant toute prise de décision et toute annonce en la matière, il est important que toutes les procédures et consultations visant à la protection du patrimoine soient respectées », écrit-elle.

Les descendants de Gustave Eiffel ont, quant à eux, clairement exprimé leur désaccord. « Il ne nous paraît pas opportun que la tour Eiffel, devenue […] le symbole de Paris et de la France […], se voit adjoindre le symbole d’une organisation extérieure, de façon pérenne », a déclaré l’Association des descendants de Gustave Eiffel (ADGE) dans un communiqué. « La tour Eiffel n’a pas une vocation d’antenne publicitaire, a protesté auprès de l’AFP son président, Olivier Berthelot-Eiffel, arrière-arrière-petit-fils de l’ingénieur. Anne Hidalgo aurait sûrement dû dire qu’elle souhaitait garder les anneaux olympiques, pas qu’elle l’avait décidé, et demander l’avis du Conseil de Paris et de personnalités compétentes ».

Beaucoup fustigent une décision « mégalomane », prise sans se soucier du code du patrimoine et de l’avis des Français. Selon SOS Paris, la maire se « sert du plus célèbre monument de France pour rappeler au monde entier et pour toujours qu’elle a fait les JO de 2024 ». « Il faut de toute urgence poser une instance de classement sur ce monument, qui n’est toujours pas classé monument historique », rappelle le défenseur du patrimoine parisien Baptiste Gianeselli – classement qui lui garantirait une meilleure protection et que la ministre de la Culture démissionnaire Rachida Dati avait appelé de ses vœux en février dernier (alors qu’étaient dénoncés des problèmes d’entretien de la tour), mais que la maire Anne Hidalgo avait alors refusé de demander.

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