Rachida Dati lors de la commission des Affaires culturelles et de l’éducation à l’Assemblée nationale, 19 mars 2024
© Xose Bouzas / Hans Lucas / Afp
Après la baisse du budget pour 2024, la ministre de la Culture Rachida Dati vient de faire une nouvelle annonce préoccupante pour le milieu de l’art français. Mardi 19 mars, dans une introduction à une audition à l’Assemblée nationale, la nouvelle occupante de la rue de Valois a admis qu’elle envisageait de « fermer certaines écoles » d’enseignement supérieur artistique en France, qui compte à ce jour 99 écoles d’enseignement culturel publiques, dont 43 écoles supérieures d’arts plastiques (10 nationales et 33 territoriales).
« Certaines de ces écoles d’art, en particulier pour les écoles territoriales, sont en situation de crise, malgré l’engagement confirmé de l’État », a affirmé la ministre. « Il y a une jungle des écoles. Et certaines sont très déconnectées de la réalité, y compris des débouchés ». « Il faut cesser avec la politique des bouts de ficelle, parce que finalement ça ne résout aucun problème de fond, et c’est de l’argent public très mal dépensé. Je souhaiterais des écoles performantes, avec les mêmes chances de réussite, et la même ouverture à tous », a-t-elle ajouté.
« Nous sommes en train de faire une cartographie précise pour proposer une stratégie de l’enseignement supérieur, qui soit non seulement cohérente, mais ambitieuse. »
« S’il faut fermer certaines écoles, car aujourd’hui elles n’ont plus les moyens d’offrir un cadre de qualité, peut-être que ça peut être le cas ». Rachida Dati n’a toutefois pour l’instant dévoilé aucun nom d’école concernée. « Il y a des instances d’évaluation pour cela. Ce n’est pas le ministre qui décide sur cet aspect-là. À ce jour le cabinet a reçu les représentants associatifs, il reçoit les syndicats, et nous allons évidemment présenter un plan global », a-t-elle précisé. « C’est un sujet complexe car chaque école a, finalement, des problématiques particulières ».
« Nous sommes en train de faire une cartographie précise pour proposer une stratégie de l’enseignement supérieur, qui soit non seulement cohérente, mais ambitieuse ». Enfin, la ministre a exprimé le souhait, pour une mise en application dès septembre 2024, que les écoles qui dépendent du ministère de la Culture deviennent accessibles à l’alternance et à l’apprentissage.
Sa prédécesseure, Rima Abdul Malak, avait déjà pointé les difficultés du secteur. En mars 2023, elle avait accordé une aide d’urgence de deux millions d’euros aux 33 écoles supérieures d’arts plastiques territoriales, qui accueillent environ 8 400 étudiants, et confié au directeur de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique de Marseille-Méditerranée, Pierre Oudart, une mission sur « les défis structurels de ces écoles », dont le rapport a été rendu en octobre dernier.
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