Visualisation intérieure de Kéré pour le futur musée virtuel d’œuvres culturelles volées, 2023
© Kéré Architecture
C’est un musée d’un genre inédit qui est actuellement sur les rails ! Début octobre à Paris, Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), a annoncé la création en cours du tout premier musée virtuel consacré aux œuvres et biens culturels volés. En navigant dans une succession d’espaces numériques, les visiteurs pourront y découvrir des reconstitutions 3D détaillées d’artefacts désormais introuvables, accompagnées d’outils de médiation présentant leur histoire et leur importance.
Son objectif premier ? Sensibiliser le public à la question du trafic d’œuvres d’art, et à l’importance du patrimoine culturel. Mais le projet répond également à un besoin de mémoire et de réparation : celui de redonner une visibilité à des objets manquants, dont le public demeure illégalement privé. « Derrière chaque œuvre pillée se cache un morceau d’histoire, d’identité et d’humanité qui a été arraché à ses dépositaires, rendu inaccessible à la recherche et qui risque de tomber dans l’oubli », a souligné l’ancienne ministre de la Culture.
Visualisation de la rampe de Kéré pour le futur musée virtuel des œuvres culturelles volées, 2023
© Kéré Architecture
La conception des espaces 3D du musée a été confiée à l’architecte Diébédo Francis Kéré – natif du Burkina Faso qui, en 2022, est devenu le premier lauréat africain du prestigieux prix Pritzker d’architecture – assisté de développeurs web. Cet écrin immatériel abritera une collection virtuelle encore secrète de 600 artefacts, qui est en train d’être constituée en collaboration avec Interpol (Organisation internationale de police criminelle), dont la base de données recense plus de 52 000 objets et œuvres volés dans des musées, à des particuliers ou sur des sites archéologiques, aussi bien en Égypte qu’en Inde, au Guatemala ou en Irak.
« Nous espérons que cette collection diminuera au fur et à mesure que les objets seront récupérés », a déclaré Ernesto Ottone, sous-directeur général pour la culture de l’UNESCO. Prévu pour 2025, ce musée à 2,5 millions de dollars n’a donc pas pour vocation de s’élargir, mais au contraire de disparaître. Du jamais-vu dans l’histoire de ses semblables !
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