Actu

Un touriste casse la fontaine de Neptune à Florence en posant pour une photo

Par

Publié le , mis à jour le
La fontaine de Neptune à Florence en Italie
voir toutes les images

La fontaine de Neptune à Florence en Italie, 1563-1565

i

Marbre et bronze • 560 cm • Piazza della Signoria, Palazzo Vecchio, Florence • © Alamy & Hemis / Photo Valery Bareta

Voilà une photo qui va coûter très cher. Dans la nuit du 3 au 4 septembre, un touriste allemand a endommagé la fontaine de Neptune, l’une des principales attractions de la vieille ville de Florence, en l’escaladant pour se faire immortaliser avec le dieu de la mer. L’intrus avait outrepassé les barrières qui entourent ce chef-d’œuvre de la Renaissance italienne, érigé en 1563–1565 sur la Piazza della Signoria par le sculpteur Bartolomeo Ammannati, disciple de Michel-Ange, à l’occasion du mariage du futur grand-duc de Toscane.

En descendant de la statue, l’individu a abîmé le plâtre de la patte avant droite de l’un des chevaux marins entourant le dieu, et cassé son char en marbre rouge, causant le détachement d’un morceau de 2,5 centimètres sur 2 – des dégâts estimés à 5000 euros. Le Neptune en marbre blanc de Carrare n’aurait, lui, heureusement pas été touché.

« Aucune justification contre le vandalisme »

Le contrevenant, qui avait réussi à fuir avec ses deux amis avant que l’alarme se déclenche, a finalement été identifié et retrouvé par les autorités italiennes grâce à une caméra de vidéosurveillance. Il « devra payer une lourde amende. Il n’y a aucune justification contre le vandalisme du patrimoine culturel », a déclaré le maire Dario Nardella.

Haute de 5,6 mètres, l’œuvre du XVIe siècle avait été restaurée en 2018 pour un coût d’1,5 millions d’euros. Elle avait subi de nombreuses mésaventures au fil des siècles : vandalisée en 1580, amputée d’un satyre volé en 1830, et bombardée en 1848, elle avait déjà été escaladée en 2005, ce qui avait abîmé la main droite de Neptune et son trident.

En Italie, qui fourmille de trésors historiques aussi anciens qu’inestimables, et connaît une très forte affluence touristique, les dégradations de ce type deviennent de plus en plus fréquentes, témoignant d’un manque de respect grandissant pour le patrimoine et d’une ignorance accrue quant à son importance et sa fragilité.

Le 23 juin, un touriste anglais, filmé en train de graver son nom et celui de sa fiancée sur un mur du Colisée à Rome (monument emblématique du pays achevé en l’an 80), avait causé un scandale national. Fin août, le corridor de Vasari à Florence avait également été tagué à la bombe. Le ministre de la culture italien, Gennaro Sangiuliano, avait alors déclaré que « la moindre égratignure » ferait « désormais l’objet de poursuites judiciaires ».

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi