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LE TOPO

Giorgio Vasari en 2 minutes

En bref

Peintre et architecte, Giorgio Vasari (1511–1574) est surtout connu pour être le premier historien de l’art, auteur des Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes (dit aussi Le Vite), véritable monument de la discipline. Talent multiple et humaniste, comme de nombreux artistes de la Renaissance, Vasari a mené des travaux d’architecture importants et travaillé pour la puissante famille des Médicis comme pour le pape Paul III. Si sa production picturale est peu connue, on ne peut pas négliger sa contribution à la culture de son époque en tant que peintre et fresquiste.

Giorgio Vasari, Autoportrait
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Giorgio Vasari, Autoportrait, 1566–1568

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Cet autoportrait de Vasari figure dans le célèbre corridor qu’il construit pour les Médicis, reliant le palais Vecchio au palais Pitti à Florence. Cette galerie est ornée d’une collection d’autoportraits d’artistes, la plus célèbre au monde. La pratique de la collection de l’autoportrait d’artiste par les mécènes s’est développée au XVIe siècle. Vasari se représente de manière austère. Son visage illustre la pensée, tandis que ses mains agissantes montrent qu’il est aussi un homme d’action.

Huile sur toile • 101 × 80 cm • Coll. Galerie des Offices, Florence • © Arthive

Il a dit

« Les hommes de génie accomplissent parfois le plus quand ils agissent le moins, car ils doivent méditer leurs inventions et former dans leur esprit les idées parfaites qu’ils exprimeront subséquemment en les reproduisant avec leurs mains. »

Sa vie

Un jeune érudit d’origine modeste

Né dans une famille modeste de potiers dans la ville d’Arezzo, Vasari est le cousin d’un célèbre peintre florentin, Luca Signorelli. Ce dernier lui permet d’intégrer l’atelier d’un vitrailliste. Très jeune, Vasari est déjà érudit, très grand connaisseur de la culture antique affectionnée par les humanistes de son temps.

Des études à Florence

Remarqué à l’âge de 13 ans par l’évêque de Cortone, Vasari est appelé à poursuivre ses études à Florence, épicentre culturel et artistique de l’Italie. Il fréquente des artistes importants tels qu’Andrea del Sarto et Michel-Ange, qu’il considère comme le plus grand artiste vivant.

Un peintre au service des Médicis

En 1529, Vasari est à Rome et admire les œuvres récentes de Raphaël. Il voyage également à Venise et Naples. À Florence, il côtoie les grandes familles princières tels que les Médicis, dont les palais sont de véritables musées. Vasari travaille ainsi dans les années 1550 pour Côme Ier de Médicis, qui lui commande l’aménagement de son le Palazzo Vecchio.

Un grand maître d’ouvrage

S’il est lui-même peintre, et exécute des décors à fresque (notamment pour le Palazzo Vecchio et la cathédrale de Florence, pour le palais de la Chancellerie à Rome), Vasari se révèle surtout être un excellent maître d’ouvrage, dirigeant nombreux artistes sur de grands chantiers décoratifs. Il occupe ainsi des fonctions de plus en plus importantes, et se voit confier l’organisation des funérailles de Michel-Ange en 1564.

Un architecte de Florence

Les artistes de la Renaissance maîtrisant fréquemment plusieurs arts, Vasari est aussi architecte. Il rénove notamment certaines églises médiévales dans le goût maniériste qui préside à son époque. Il entreprend également en 1560 la construction, à Florence, du palais de l’administration grand-ducale. L’architecte est, en particulier, l’auteur du fameux « corridor », ce passage protégé enjambant l’Arno qui permet aux Médicis de circuler entre le Palazzo Vecchio et le Palazzo Pitti.

Le premier historien de l’art

Vasari est principalement connu pour son travail d’historien de l’art. Il rédige en effet Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, un recueil considérable de biographies d’artistes, du XIIIe siècle à ses contemporains. Il étudie leur style, leur apport à l’histoire de l’art, livre des anecdotes mais aussi des légendes et entretient le mythe autour de certaines grandes figures comme Michel-Ange. L’ouvrage est édité pour la première fois en 1550, puis de nouveau en 1568. Vasari est également connu pour être le premier auteur à employer le terme de « Renaissance » pour qualifier son époque.

L’Académie de dessin de Florence

En 1563, Vasari fonde l’Académie de dessin de Florence, une institution importante. Michel-Ange en est l’éphémère directeur tandis qu’une trentaine d’artistes l’assistent.

Entre Arezzo et Florence

Très riche, Vasari fait aussi rénover un palais dans sa ville natale d’Arezzo qu’il décore de fresques dans les années 1540. Dans cette cité de Toscane, qui vit également naître Pétrarque, Vasari fait figure de grand homme de son époque. Mais c’est à Florence, où il réside le plus clair de son temps, qu’il décède, en 1574.

Ses œuvres clés

Giorgio Vasari, Portrait de Laurent le Magnifique
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Giorgio Vasari, Portrait de Laurent le Magnifique, vers 1534

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Huile sur bois • 90 × 72 cm • Coll. Galerie des Offices, Florence • © Bridgeman Images

Portrait de Laurent le Magnifique, vers 1534

Ce portrait posthume de Laurent le Magnifique, commandé à Vasari par un membre de la famille des Médicis, représente ce personnage de l’histoire florentine dans l’attitude d’un philosophe. Le personnage est entouré d’attributs symboliques qui soulignent ses vertus morales. Laurent le Magnifique mit, en effet, tout son pouvoir à éviter le retour de la guerre en Italie. Il fut, par ailleurs, un grand humaniste, mécène de nombreux artistes phares de la Renaissance, tels que Botticelli.

Giorgio Vasari, Vue du dôme de la cathédrale de Florence, « Le Jugement dernier »
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Giorgio Vasari, Vue du dôme de la cathédrale de Florence, « Le Jugement dernier », 1572–1579

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Fresque • © Bridgeman Images / Raffaello Bencini & Nicolò Orsi Battaglini

Le Jugement dernier, 1572–1579

Si Vasari n’est pas Michel-Ange, il accomplit tout de même une œuvre remarquable dans la cathédrale de Florence. Cette fresque monumentale constitue sa dernière grande œuvre, achevée après sa mort. Dans le dôme, Vasari place une représentation du Jugement dernier, un thème courant pour l’époque et que Michel-Ange avait traité dans la chapelle Sixtine à Rome. Annoncé au début de l’Apocalypse, le Jugement dernier incarne le jugement entre les justes (promis au Paradis) et les mauvais chrétiens (promis aux Enfers).

Par • le 28 août 2023
Retrouvez dans l’Encyclo : Renaissance italienne Giorgio Vasari

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