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Lambert Sustris, Vénus et l’Amour, vers 1550
Huile sur toile • 132 x 184 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda
Lambert Sustris, Vénus et l’Amour [détail], vers 1550
Blanches colombes
Absorbée par un couple de colombes s’accouplant au pied de son lit, Vénus leur apporte son aide en maintenant les ailes du mâle entre ses doigts. Attributs récurrents de la déesse, ces oiseaux délicats connus pour garder le même conjoint jusqu’à la mort symbolisent l’amour et la fidélité, la pureté et la paix. Placés dans le bas de l’image comme un sous-texte, ces volatiles en plein acte annoncent l’union imminente des deux amants…
Lambert Sustris, Vénus et l’Amour [détail], vers 1550
La flèche de Cupidon
Un enfant ailé, nu et portant un carquois à l’épaule, se tient auprès des colombes. Il s’agit du dieu de l’Amour, Cupidon, fils de Mars et de Vénus ! Les yeux levés vers sa mère, il s’apprête à piquer l’oiseau mâle… car quiconque est touché par l’une de ses flèches tombe amoureux de la première personne qu’il rencontre. Par sa position au centre du tableau, l’Amour fait le lien entre Vénus et Mars, deux éléments opposés (un homme et une femme, la guerre et l’amour) dont l’union engendre l’harmonie.
Lambert Sustris, Vénus et l’Amour [détail], vers 1550
Sensualité maniériste
La posture gracieuse de cette Vénus constitue en soi un chef-d’œuvre. Quitte à prendre quelques libertés avec la perspective et les proportions, le maniérisme insuffle sensualité et mouvement dans les corps et les compositions pour faire naître une émotion. Pour davantage de raffinement et d’érotisme, cette déesse élancée voit donc son dos et son cou s’allonger. Le buste courbé en avant et la jambe repliée, elle adopte la ligne sinueuse et serpentine (en forme de S) chère aux maniéristes. Sa posture mi-assise-mi-allongée, la torsion de son corps permettant de voir simultanément son ventre et son dos, la technique maniériste du contrapposto (le bras gauche en arrière, la jambe droite en avant) et son pied droit posé au sol comme si elle s’apprêtait à se lever nous donnent à voir une déesse en mouvement.
Lambert Sustris, Vénus et l’Amour [détail], vers 1550
L’amant conquérant
Au fond à droite, l’amant de Vénus est en train de franchir le seuil pour la rejoindre. Il s’agit de Mars, dieu de la Guerre, affublé de ses attributs de combattant : casque, lance et bouclier. Son allure est conquérante. Père de Romulus et Remus, ce dieu de la Rome antique porte la panoplie du parfait soldat romain. Sa tunique rouge évoque le feu, son élément, en opposition aux draps bleus de Vénus qui, née de l’écume de la mer, est associée à l’eau…
Lambert Sustris, Vénus et l’Amour [détail], vers 1550
Chaleur humaine
C’est une Vénus naturelle et très humaine que dépeint Lambert Sustris. Son visage n’a rien d’un stéréotype sans saveur. Malgré sa peau très blanche en accord avec les canons de l’époque, chaque détail la rend bien vivante : de petits plis se dessinent dans le creux de son cou, son nez et ses orteils se colorent de rose… En écho à la pointe rouge de la flèche de Cupidon, son oreille particulièrement rougissante exprime le désir et la sensualité.
Lambert Sustris, Vénus et l’Amour [détail], vers 1550
Luxe vénitien
Rideau de velours brillant, lit en or sculpté agrémenté de franges, coussin brodé d’or, somptueux traversin en soie bleue : délicatement détaillés, les tissus précieux et la richesse des ornements aux couleurs chatoyantes montrent toute l’influence chez Sustris de la peinture vénitienne… un art destiné à des aristocrates habitués au luxe et au raffinement des palais italiens, dignes de la déesse de la Beauté !
Lambert Sustris, Vénus et l’Amour [détail], vers 1550
Harmonie naturelle
Au fond à droite, on aperçoit quelques couples assis dans l’herbe. C’est sur ce fond de nature que surgit Mars, également dieu de la Végétation et des Terres fertiles. Là encore, tout n’est qu’harmonie : le vert des arbres fait écho à la couleur du coussin de velours sur lequel est assis Cupidon, et le bleu du ciel à celui des draps de Vénus, créant un effet de symétrie entre les deux espaces. Un parfait équilibre entre les deux amants !
Lambert Sustris, un artiste de la Renaissance entre Venise et l'Allemagne
Du 18 novembre 2017 au 4 mars 2018
Musée des Beaux-Arts de Caen • Le Château • 14000 Caen
mba.caen.fr
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Le peintre organise son tableau de façon théâtrale, séparant deux espaces (l’intérieur et l’extérieur) par une tenture précieuse. Déesse de l’Amour et de la Beauté dans la mythologie romaine, Vénus (Aphrodite pour les Grecs) est allongée nue sur un lit, évoquant le modèle de la Vénus d’Urbin de Titien. De l’autre côté du rideau, à l’arrière-plan en haut à droite, un homme habillé émerge d’un paysage : son amant, Mars, dieu de la Guerre, est sur le point de la rejoindre… Typique du maniérisme italien, cette composition souligne, par la symbolique des espaces, la complémentarité des deux amants.