Article réservé aux abonnés

Le topo

Nicolas Régnier en 2 minutes

En bref

Peintre flamand, Nicolas Régnier (1588–1667) est l’un des tenants du caravagisme, soit une peinture marquée par les effets de clair-obscur et de naturalisme initiée par le Caravage. Sa carrière s’est principalement déroulée en Italie au plein cœur de la période baroque. Bien que son nom soit largement méconnu du grand public, cet artiste prolifique a joui d’une grande renommée en son temps et présente un profil original de peintre et marchand de tableaux.

Nicolas Régnier, Autoportrait au chevalet
voir toutes les images

Nicolas Régnier, Autoportrait au chevalet, 1623–1624

i

Huile sur toile • 111 × 138 cm • Coll. Fogg Art Museum, Harvard University Art Museums, Cambridge • © Mrs. Eric Schroeder

Sa vie

Bien qu’il soit né à Maubeuge (dans les anciennes Flandres), c’est à Anvers que Nicolas Régnier fait son apprentissage d’artiste. Quinze ans plus tard, vers 1615, il se rend à Rome et gravite dans l’orbite de Bartolomeo Manfredi, un peintre caravagesque raffiné, adepte des mises en scène théâtrales. Le profond naturalisme et le contraste par le clair-obscur, magnifiés par le Caravage, ont fait école. Manfredi les a en quelque sorte popularisés auprès des peintres étrangers. Régnier adopte, comme lui, le goût pour le mélange entre sujets sacrés et profanes. Il affectionne par exemple les scènes représentant les bas-fonds romains.

Régnier se fait connaître en Italie sous le nom de Nicolo Renieri. Il y devient l’un des pinceaux de la tradition caravagesque, aux côtés de Valentin de Boulogne et de Claude Vignon. Membre de l’académie de Saint-Luc, il fait la connaissance de Simon Vouet, qui l’influence. Régnier a aussi le privilège d’avoir pour mécène le marquis Vincenzo Giustiniani, ancien soutien et collectionneur du Caravage. En 1623, il se marie avec une Romaine. De cette union naîtront quatre filles, réputées pour leur beauté et qui deviendront des modèles pour leur père. Il obtient de grandes commandes dans le domaine de la peinture religieuse et du portrait de cour.

En 1625, Nicolas Régnier se rend à Venise. Le climat artistique de la ville est en perte de vitesse et Régnier contribue à le redynamiser par l’apport d’une inspiration neuve. Il réalise d’importantes commandes religieuses qui lui assurent une grande notoriété en Vénétie. S’il n’abandonne pas la peinture (qu’il pratique activement), il lui combine les activités de marchand d’art et de collectionneur. Sa palette s’adoucit et Régnier s’éloigne du caravagisme. Il possède un atelier prolifique jusqu’à sa mort en 1667.

Ses œuvres clés

Nicolas Régnier, La Farce ou le Camouflet
voir toutes les images

Nicolas Régnier, La Farce ou le Camouflet, 1623

i

Huile sur toile • 100 × 130 cm • Coll. Nationalmuseum, Stokholm • © DR

La Farce, 1623

Dans la pure veine caravagesque, cette œuvre représente une scène de duperie. Une femme nous prend comme complice alors qu’elle est en train de dérober un objet au nez d’un jeune dormeur. Autant le visage de la tricheuse est simiesque, sournois, autant celui du jeune soldat semble beau et mélancolique. La toile est ainsi marquée par sa vive opposition entre les deux personnages. La facture de l’œuvre montre l’assimilation de la leçon du caravagisme, basé sur le contraste du clair-obscur, le goût pour les scènes profanes, et un grand naturalisme dans le traitement des personnages.

Nicolas Régnier, La Diseuse de bonne aventure
voir toutes les images

Nicolas Régnier, La Diseuse de bonne aventure, vers 1626

i

Huile sur toile • 127 × 150 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski

La Diseuse de bonne aventure, vers 1626

Cette œuvre est typique des scènes de genre affectionnées par Régnier dans la lignée des sujets caravagesques. Une jeune femme riche, à la peau claire, tend sa main droite à une bohémienne pour qu’elle y lise son avenir. Pendant ce temps, une complice est en train de lui subtiliser sa bourse. Mais un homme, à l’arrière-plan, est lui-même en train de flouer la diseuse de bonne aventure. Le dupeur est ainsi dupé, et la peinture délivre un message moral en dépit de son sujet trivial. Georges de La Tour a lui aussi traité ce sujet dans les mêmes années.

Nicolas Régnier, Jeune femme à sa toilette ou Vanité
voir toutes les images

Nicolas Régnier, Jeune femme à sa toilette ou Vanité, 1626

i

Huile sur toile • 130 × 105,5 cm • Coll. musée des Beaux-Arts, Lyon • © Musée des Beaux-Arts, Lyon / Photo Alain Basset

Jeune femme à sa toilette ou Vanité, 1626

Portrait profane, ce tableau fut peint à Venise par Nicolas Régnier. À l’époque où s’engage un débat public sur la place de la femme dans la société vénitienne, le peintre fait d’elle une allégorie de la vanité. Occupée à se mirer dans son miroir, elle s’apparente davantage à une figure narcissique qu’à une Marie-Madeleine pénitente, autre sujet que le peintre a plusieurs fois traité. Cette œuvre est représentative du soin apporté par Régnier au traitement précieux et raffiné des étoffes mises en valeur, tout comme la peau de la jeune femme, par l’effet de clair-obscur caravagesque.

Par • le 8 janvier 2018
Retrouvez dans l’Encyclo : Baroque Nicolas Régnier

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi