Actu

Violent braquage au musée Cognacq-Jay : plusieurs objets précieux dérobés

Par

Publié le , mis à jour le
Musée Cognacq-Jay à Paris
voir toutes les images

Musée Cognacq-Jay à Paris

i

© Pierre Antoine

Ce mercredi 20 novembre au matin, vers 10h30, le musée Cognacq-Jay, à Paris, a été victime d’un violent braquage. Les visiteurs se promenaient tranquillement dans les salles de cet élégant hôtel particulier du 3e arrondissement, célèbre pour sa collection d’œuvres et d’objets d’art du XVIIIe siècle, lorsque «  quatre hommes cagoulés, armés de battes de base-ball et de haches », ont fait irruption sur les lieux et « brisé des vitrines » avant de s’emparer de plusieurs tabatières ornées d’or et de pierres précieuses, et de « s’enfuir sur deux scooters » avec leur butin d’une valeur d’« un million d’euros », a précisé Le Figaro.

Ce 22 novembre, la Ville de Paris, qui avait jusqu’ici refusé de s’exprimer, a révélé dans un communiqué la liste des objets dérobés: sept tabatières du XVIIIe siècle, dont deux issues des collections du Louvre, deux des collections royales anglaises, et trois de la collection Rosalinde et Arthur Gilbert, qui avaient été prêtées par le Victoria and Albert Museum de Londres où elles se trouvaient en dépôt.

« Le musée a été la cible d’un braquage d’une grande violence, alors que du public et des agents étaient sur place. La Ville condamne fermement cette action violente », avait simplement déclaré la Ville dans un communiqué le jour des faits. Si « aucun blessé n’est à déplorer », « plusieurs objets ont été dérobés » avait-elle seulement indiqué. Une plainte ayant été déposée et une enquête ouverte, le musée restera fermé jusqu’au 10 décembre, mais remboursera les billets achetés pour cette période.

Une exposition d’objets précieux vandalisée

L’établissement présentait (et pour seulement quelques jours encore) l’exposition « Luxe de poche. Petits objets précieux du siècle des Lumières », émaillée notamment de « prêts importants des collections royales anglaises ». Ouvert le 28 mars dernier et prolongé jusqu’au 24 novembre avant que le vol ne l’écourte brutalement, ce parcours rassemblait une « collection exceptionnelle » d’artefacts de petite taille « en or, enrichis de pierres dures ou de pierres précieuses, couverts de nacre, de porcelaine ou d’émaux translucides, parfois ornés de miniatures ». Des trésors emblématiques de l’extrême raffinement du quotidien des aristocrates au XVIIIe siècle.

Fabrique royale de Berlin, Tabatière de table
voir toutes les images

Fabrique royale de Berlin, Tabatière de table, entre 1770 et 1775

i

Porcelaine incrustée d’or et pierres fines • 5.1 × 10.7 × 8.5 cm • Coll. Royal Collection, Londres • © The Royal Collection Trust / HM King Charles III

Le soir même du vol, le musée du Louvre a annoncé dans un communiqué que « deux tabatières particulièrement importantes » de ses collections se trouvaient parmi les objets dérobés: l’une en or et pierres précieuses (jaspe, cornaline, onyx, améthyste et agate) réalisée par Johann Christian Neuber à Dresde, l’autre en or et agate décorée de fruits en pierres dures par Daniel Baudesson à Berlin, aux alentours de 1760–1770 – numéros d’inventaire OA 63 et OA 2142.

La Ville a depuis confirmé que les voleurs avaient également dérobé (confirmant ainsi les rumeurs répandues dans la presse) plusieurs trésors des collections anglaises exposés dans la même vitrine que ceux du Louvre. Ont en effet été emportées une luxueuse tabatière verte décorée de diamants appartenant au roi Charles III, ainsi qu’une seconde de même couleur, elle aussi recouverte de pierres précieuses – un rutilant joyau issu de la collection Rosalinde et Arthur Gilbert et prêté par le Victoria and Albert Museum. Une troisième, la « tabatière de Vénus », appartenait également aux collections royales anglaises, tandis que les deux dernières boîtes subtilisées étaient aussi issues de la collection Gilbert: l’une en or, argent et diamants, l’autre en or et lapis-lazuli.

Sept pièces précises ont été ciblées

« L’évaluation du préjudice est en cours », a commenté la Ville, qui a précisé qu’« une cellule psychologique d’écoute » avait été mise en place pour les visiteurs et les agents présents, dont elle a salué le « grand professionnalisme » et « l’attitude exemplaire ».

La vitrine de l’exposition « Luxe de poche. Petits objets précieux du siècle des Lumières » où se trouvaient les sept tabatières volées lors du braquage au musée Cognacq-Jay
voir toutes les images

La vitrine de l’exposition « Luxe de poche. Petits objets précieux du siècle des Lumières » où se trouvaient les sept tabatières volées lors du braquage au musée Cognacq-Jay, le 20 novembre 2024

i

© Malika Bauwens

Les malfaiteurs n’ayant emporté que sept pièces précises, certains évoquent une commande d’un collectionneur privé. Mais il pourrait plus vraisemblablement s’agir de voleurs qui, profitant de la petite taille de ces objets faciles à emporter, comptent en faire fondre l’or et en arracher les pierres précieuses pour les revendre au détail

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi