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Neuf toiles ont été assemblées pour former cet espace sombre éclairé à la lumière noire, où luisent des lignes de points phosphorescents, peints sur les murs pour délimiter l’espace… mais qui semblent flotter dans un vide infini. Cette œuvre pionnière – la toute première acquisition du musée d’Art contemporain de Lyon en 1984, et la seule authentique survivante des huit Ambienti spaziali créées par le peintre argentin Lucio Fontana (1899–1968) entre 1949 et 1968 – témoigne de la naissance de l’art de l’installation. Une pièce historique !
Lucio Fontana, Ambiente Spaziale, 1967
Coll. MAC Lyon • Photo : Blaise Adilon
Il a fallu vingt ans de travail à l’artiste catalan Joan Miró (1893–1983) pour concevoir ce dédale de sculptures qui serpente entre les pins centenaires du jardin de la Fondation Maeght, écrin de la fabuleuse collection d’art moderne de Marguerite et Aimé Maeght. Restauré en 2010, ce Labyrinthe comprend notamment un mur de céramique multicolore de douze mètres de long, une arche de béton gravée au marteau piqueur, un Oiseau lunaire en marbre blanc et, posé sur l’eau, un Œuf géant orné de dessins cosmiques. Une promenade enchantée dans l’univers du peintre !
Joan Miró, Labyrinthe Miró, L’Arc et la Fourche, le Cadran solaire, 1963-1973
Photo : Roland Michaud © Successió Miró, Adagp Paris, 2019
C’est en Bretagne, au cœur du Domaine de Kerguéhennec, que se cache ce chef-d’œuvre de l’artiste italien Giuseppe Penone. Une femme en bronze, le corps rugueux comme de l’écorce, court dans un bois de charmes, les pieds retenus par de longues racines ondulantes. À travers son corps évidé, un vrai arbre a poussé ! Remplacé suite à la tempête de 1999, ce dernier finira-t-il, en grandissant, par briser la sculpture ? Ou par l’absorber ? Réécriture poétique de la métamorphose de Daphné, l’œuvre exprime les liens indéfectibles entre l’homme et la nature, dans laquelle il finit par se fondre sans laisser de trace…
Giuseppe Penone, Sentier de charme, 1986
Bronze • Coll. FRAC Bretagne • © ADAGP, Paris, 2021
Dix-huit tonnes de pierres calcaires d’un blanc immaculé ont été nécessaires pour former cette bande rectangulaire de quarante mètres de long et un mètre cinquante de large. Installé en 1990 sur la terrasse du musée d’art contemporain de Bordeaux (CAPC) par l’artiste britannique Richard Long, figure majeure du Land art, ce chemin rigoureusement géométrique invite les spectateurs à une promenade monacale. À la fois minimaliste et monumental !
Richard Long, White Rock Line, 1990
Photo Frédéric Deval / Mairie De Bordeaux
Dans la propriété de l’artiste Bernar Venet (accessible au public un jour et demi par semaine sur réservation) trône l’un des fameux Skyspaces que l’Américain James Turrell dissémine dans le monde entier depuis les années 1970. Des bâtiments où – l’idée est aussi culottée que poétique – le visiteur s’assoit pour observer un échantillon de ciel à travers une ouverture spéciale ! Architecture et art conceptuel se marient parfaitement dans cette capsule de méditation ovoïde aux lignes épurées, dignes d’une soucoupe volante…
James Turrell, Elliptic Ecliptic, 1999
© Frédéric Chavaroche
Depuis 1965, l’artiste japonaise Yayoi Kusama, célèbre pour son obsession des pois, émerveille le monde avec ses ingénieuses Infinity Mirror Rooms : de petites pièces entièrement tapissées de miroirs pour nous plonger dans un décor infini grâce à un effet d’optique qui, avant elle, n’avait été utilisé que dans les labyrinthes forains. Dans celle-ci, ce ne sont pas des lanternes ou des citrouilles qui s’y reflètent mais des « lucioles » – en réalité de petites ampoules multicolores suspendues au-dessus d’un plan d’eau – démultipliées à perte de vue en une nuée d’étoiles scintillantes…
Yayoi Kusama, Infinity Mirror Room Fireflies on Water, 2000
Installation, matériaux mixtes • Coll. musée des Beaux-Arts de Nancy, dépôt du FNAC • • © Ville de Nancy © Yayoi Kusama
Père des mythiques colonnes rayées du Palais Royal à Paris, Daniel Buren a également laissé sa marque au musée d’Art contemporain de Lyon avec cette œuvre qui ne peut s’apprécier dans sa totalité qu’en 100 jours. Installées à la verticale dans une pièce, 100 plaques de plexiglas jaunes, oranges ou vertes filtrent la lumière. Chaque jour, l’un de ces éléments est retiré. Progressivement, l’espace saturé de couleurs se vide… avant de se remplir à nouveau. Un appel cyclique à la méditation !
Daniel Buren, Le Temps d’une œuvre, 2005
Coll. MAC Lyon • Photo : Blaise Adilon
C’est non loin d’Aix-en-Provence, dans le domaine du Château La Coste (transformé en temple de l’art contemporain par un collectionneur irlandais), que se niche ce bijou de poésie. Grande figure britannique du land art, Andy Goldsworthy nous invite à pénétrer dans une salle souterraine arrondie, dont la voûte est entièrement constituée de longs troncs entrelacés. Un immense nid d’oiseau à l’envers, qui nous englobe comme un cocon… À mi-chemin entre conte merveilleux et rêverie surréaliste !
Andy Goldsworthy, Oak Room, 2019
© Andy Goldsworthy 2019 / Courtesy Galerie Lelong, New York And Paris / © Photo Andrew Pattmann
Depuis 1997, les artistes suisses Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger concoctent des œuvres foisonnantes au charme chamanique. La plus merveilleuse est installée depuis 2015 dans la chapelle du château de Chaumont-sur-Loire, là où priait Catherine de Médicis. S’y déploie désormais un enchevêtrement magique de branchages, de fleurs séchées et de graminées cueillies dans les jardins du domaine, auxquels s’accrochent mille gris-gris fantaisistes, dont les couleurs font chanter celles des vitraux. On croirait voir le château de la Belle au bois dormant envahi de ronces enchantées…
Gerda Steiner et Jorg Lenzlinger, Les Pierres et le printemps, 2015
© Photos : Eric Sander
Véritable oasis dédiée à l’art contemporain, la fondation Carmignac abrite de nombreux joyaux dont cette installation de Nils Udo, grand maître des œuvres nichées en pleine nature. Au détour d’une promenade dans le jardin sud, au cœur d’un écrin de verdure, quel rêve de tomber nez-à-nez avec ce nid de huit mètres de diamètre où dorment paisiblement cinq œufs géants ! Sculpté dans du marbre de Carrare, chacun pèse plus de quatre tonnes, mais leur vue nous rend plus léger. Un moment zen et onirique à faire rééclore notre âme d’enfant…
Nils-Udo, La Couvée, 2018
Photo : Bertrand Rieger / hemis.fr
Fondation Carmignac
Piste de la Courtade • 83400 Île de Porquerolles, Hyères
www.fondationcarmignac.com
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