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Démocratique par essence, la pratique du design industriel s’est appliquée à produire des meubles, ustensiles, outils et autres objets domestiques agréables à regarder et à utiliser, vendus à des prix abordables. Un effort durable au vu de certaines pièces – toujours en production plus de cinquante ans après leur conception – signées Roger Tallon, Gae Aulenti ou Philippe Starck, et aujourd’hui collector. Soit le triomphe de « la bonne forme », selon la formule de Max Bill, exportable dans le monde entier et parfois exposée dans les plus grands musées, tel le MoMA de New York. Sans oublier d’y ajouter quelques totems alimentaires (une boîte de LU, un flacon de Kikkoman), ou comment remplir son chariot de références historiques méconnues à prix moulinés. Certaines inventions sont devenues des génériques universels ; d’autres ont permis à leurs éditeurs de devenir de lucratives sociétés cotées en bourse. Inventaire partiel et partial, du stylo au chariot à roulettes, de 1 à 300 € (les prix sont donnés à titre indicatif).
Henry Massonnet • 1968
C’est le coup de génie du design pop tout plastique ! Trois éléments démontables (deux cônes et un couvercle) pour un siège à la chromie modulable. Lancé en 1968 comme un pavé dans la mare bourgeoise, le Tam Tam se vendra à plus de 12 millions d’exemplaires en dix ans. Il fut initialement édité par Philippe Barbier, mais son concepteur Henry Massonnet reprendra la production à son compte dans son usine Stamp. Le Tam Tam est aujourd’hui réédité par Branex. Massonnet, décédé en 2005, serait inhumé sous un monument décoré d’un… Tam Tam en granit !
Édité par Philippe Barbier puis par Stamp, réédité par Branex (France) • 27 €
Henry Massonnet, Tabouret Tam Tam, 1968
Roger Tallon • 1977
T pour Tallon, S pour Sentou. On le sait peu, mais le grand designer industriel Roger Tallon, décédé en 2011, et le fabricant de mobilier Robert Sentou étaient cousins germains. Ils ont produit la chaise pliante en bois la plus radicale du design français. Économie de matériau, efficacité graphique… S’ouvrant dans les deux sens, la TS fut à l’origine proposée en versions unies, bi- et tricolores. Il y eut même une version baby pour le marché japonais. Rééditée en 2016, elle est produite en trois couleurs standard : noir, naturel et rouge.
Rééditée par Sentou en 2016 (France) • 240 €
Roger Tallon, Chaise TS pliable, 1977
Marc Berthier / Éliumstudio • 1997
Designer prolifique ayant participé à toutes les révolutions formelles postmodernes, Marc Berthier a fondé voilà près de vingt ans Éliumstudio, posté à l’avant-garde du design connecté. Pour Lexon, l’une de ses collaborations au long cours, il a imaginé en 1997 la radio étanche en caoutchouc coloré Tykho, qui fera la couverture du magazine Time en mars 2000 dans sa version vert grenouille, plongée dans un bocal empli d’eau.
Éditée par Lexon (France) • 59 €
Marc Berthier / Éliumstudio, Radio Tykho « sous la douche », 1997
László Moholy-Nagy (par défaut) • 1954
Vendu dans le monde entier à plus de 800 000 millions d’exemplaires depuis son lancement en 1954, produit d’écriture ultradémocratique, le stylo-bille Jotter de l’Américain Parker est une côte d’Adam du fameux stylo-plume Parker 51, dessiné en 1939 par l’artiste du Bauhaus László Moholy Nagy et dont le capuchon non vissable – une première –, donc clippé, évoquait le sommet de l’Empire State Building. Premier stylo-bille de la marque, réputé pour être le meilleur jamais fabriqué, le Jotter a très peu changé depuis sa conception. Seuls varient les couleurs du fuseau et le traitement métal du capuchon piqué de sa flèche emblématique.
Édité par Parker (États-Unis) • à partir de 9,90 €
László Moholy-Nagy (par défaut), Stylo-bille Jotter, 1954
Ron Arad • 1999
Coque en polypropylène teinté fixée sur un piétement à quatre jambes tubulaires en acier chromé, empilable, la Tom Vac sera déclinée en rocking chair (Tom Rock) et en siège de bureau pivotant, avec ou sans roulettes (Tom Twist, Tom Roll). Une référence déjà collector.
Éditée par Vitra (Allemagne) • 315 €
Ron Arad, Chaise Tom Vac, 1999
Julien-Henri Porché (parfois attribuée à Robert Mallet-Stevens) • 1927
Dessinée en 1927 puis portée disparue pendant un temps, la chaise Surpil a rechargé ses batteries en 2010 grâce à la firme parisienne DCW, à qui l’on doit aussi la résurrection de la lampe Gras, premier luminaire articulé. Produite à l’origine par la Société des meubles superposables fondée par Julien-Henri Porché, également propriétaire d’une tôlerie industrielle spécialisée dans le cintrage des tubes d’acier, la Surpil fut conçue pour les espaces publics et collectifs, les terrasses de café et les cantines. On sait que l’architecte Robert Mallet-Stevens, ami de Porché, commanda et utilisa ces chaises par centaines pour ses réalisations comme la boutique Cafés du Brésil, à Paris. Ensemble, les deux hommes ont équipé en Surpil l’ancien siège du parti communiste français.
Rééditée en 2010 par DCW (France) • 280 €
Julien-Henri Porché (parfois attribuée à Robert Mallet-Stevens), Chaise Surpil SL 10, 1927
Anna Castelli Ferrieri • 1969
Deux ans après ses monoblocs carrés empilables de 1967, la designer Anna Castelli Ferrieri imaginait les Componibili ronds, équipés ou non d’une porte coulissante. Cylindres de plastique ABS produits en plusieurs diamètres, ces modules de rangements pop, vendus avec ou sans roulettes, vont du tabouret (seul) à la colonne-bibliothèque/rangement (x 4 ou 5). Proposés en divers coloris, ils sont édités sans interruption par Kartell dont le fondateur, Giulio Castelli, était le mari d’Anna.
Édité par Kartell (Italie) • à partir de 60 € le module
Anna Castelli Ferrieri, Module Componibili, 1969
Enzo Mari • 1962
Fondé en 1957 à Milan, versé au registre du design radical et atypique, Danese aura permis à des talents comme Bruno Munari d’exprimer leur vision en toute liberté. Idem pour Enzo Mari avec ses calendriers perpétuels et ses objets de bureau, dont cet ouvre-lettres torsadé Ameland, lame d’acier inoxydable satiné de 22 cm, sans manche et avec double pointe.
Édité par Danese (Italie) • 31 €
Enzo Mari, Ouvre-lettres Ameland, 1962
Roger Tallon • 1973
Montre à mouvement mécanique Valjoux, le chronographe X dessiné en 1973 par Roger Tallon, avec son bracelet en caoutchouc noir et ses trois poussoirs de couleur, reste un ovni horloger. Produit par la firme Lip à partir de 1975, traqué sur le marché du vintage (cote de 500 à 1 000 € selon l’état), le X a été revu et corrigé par Lip en Mach 2000 avec mécanisme à quartz et unique poussoir rouge.
Éditée par Lip (France) • 189 € le modèle Mach 2000 et 449 € le modèle chronographe
Roger Tallon, Montre chronographe X, 1973
Joe Colombo • 1970
Génie de la lampe et du plastique, trop tôt disparu (1930–1971), le designer italien Joe Colombo a laissé un héritage de formes et d’usages disparates aujourd’hui quasi muséal. Parmi les quelques références encore en production, notamment chez Zanotta, le chariot évolutif Boby roule toujours sa caisse à roulettes et éléments en ABS noir, blanc, rouge et cinq autres couleurs. Destiné originellement à un usage professionnel ciblant les coiffeurs, Boby est entré dans les bureaux et les salles de bains privées avec la même versatilité. Produit de 1970 à 1999 par la firme italienne Bieffeplast, il a été repris en 1999 par B-Line.
Édité par Bieffeplast, réédité par B-Line en 1999 (Italie) • à partir de 150 € le module
Joe Colombo, Chariot à caisson Boby 3, 1970
Max Bill • 1963
Transfuge du Bauhaus qu’il quitte en 1929, le Suisse Max Bill (1908–1994) sera, après guerre, le concepteur de « la bonne forme » (Die gute Form) et le cofondateur de l’école d’Ulm où, architecte du bâtiment (édifié en 1953), il a tout dessiné, mobilier et accessoires compris. Ainsi, en 1957, d’une horloge de cuisine, suivie en 1959 de la fameuse horloge murale, sans chiffres, condensé de simplification néofonctionnaliste. En 1963 y furent ajoutés les chiffres. Un jalon du temps produit sans discontinuer par l’horloger allemand Junghans.
Éditée par Junghans (Allemagne) • 300 €
Max Bill, Horloge murale, 1963
Kenneth Grange • 2004
Brevetée et allumée depuis 1933, articulée et montée sur ressorts par l’ingénieur auto George Carwardine (1887–1947), initialement produite en série industrielle par le fabricant de ressorts Herbert Terry & Sons, la lampe de table Anglepoise est une icône du design britannique. Améliorée au fil (électrique) du temps, elle a été redessinée en 2004 par le designer Sir Kenneth Grange qui aligne des créations pour Kodak, Kenwood, les stylos Parker, les rasoirs Wilkinson et même le London Cab.
Éditée par Anglepoise (Royaume-Uni) • à partir de 190 €
Kenneth Grange, Lampe de bureau à ressorts Type 75, 2004
Olof Bäckström • 1963
Ingénieur et sculpteur sur bois autodidacte, Olof Bäckström (1922–1998) fut repéré à Milan lors de la Triennale de 1957. Engagé par la firme islandaise Fiskars, il y conçoit une vaisselle de camping en plastique fort remarquée. Inspiré par les ciseaux de tailleur à manche de cuivre qui n’ont pas bougé d’un iota depuis des siècles, il prototypera en 1963 un premier modèle avec manche ergonomique en plastique ABS bleu, couleur troquée pour l’orange lors de la mise en fabrication industrielle en 1967. Aujourd’hui, les ciseaux Fiskars sont les plus copiés au monde.
Édités par Fiskars (Finlande) • à partir de 20 €
Olof Bäckström, Ciseaux O-Serie, 1963
Raymond Loewy • 1956
S’il n’a jamais touché au dessin du biscuit aux quatre z’oreilles, Raymond Loewy (1893–1986) s’occupe en 1956 du nouveau logo Lu sur le paquet de Petit Beurre et des autres biscuits produits par la firme nantaise. Deux ans plus tard, le biscuitier belge Paul Parein lançait le Tuc, cracker salé d’apéritif, dont on dit encore que Loewy, copain de Parein, frustré de ne pas avoir pu toucher au Petit Beurre, se serait vengé en coupant net les quatre coins du crack de la croque. Ce qui ne manque pas de sel !
Édité par Lu (France) • 1,50 € le paquet
Raymond Loewy, Petit Beurre, 1956
Yan Pennor’s • 1993
Rarissimes sont les créations pâtissières, par essence artisanales, à faire l’objet d’un dépôt légal et encore moins d’un copyright industriel. Ainsi de la Cerise sur le gâteau®, gâteau culte s’il en est, créée par Pierre Hermé et mise en forme en 1993 par le designer Yan Pennor’s, qui dessinera ensuite une tablette carrée pour le chocolatier belge Pierre Marcolini. Quand le design fond au palais.
Créée par Pierre Hermé (France) • 98 € (pour 8 personnes)
Yan Pennor’s, La Cerise sur le gâteau, 1993
Philippe Starck • 2017
Inventé à Thiers en 1929 par Victor Pouzet, l’épluche-légumes l’Économe est un générique domestique et populaire qu’il convenait de rajeunir alors même qu’il perdait du terrain. Qui d’autre que Philippe Starck pouvait s’y coller ? Lancé en 2017, son Économe pour Degrenne s’accompagne d’une ligne de couteaux à usages culinaires, vendus dans la rusticité écolo d’un coffret-carnet en carton intitulé les Outils de la cuisine… au prix du starck-système.
Édité par Guy Degrenne (France) • 97 € le set
Philippe Starck, L’Économe by Starck, 2017
Michael Zane • 1976
Américain cultivé de Boston, né dans le luminaire, Michael Zane n’a pas inventé l’antivol en U. Il l’a repéré en 1971 chez un mécanicien, est remonté jusqu’à son concepteur, Stan Kaplan, et a racheté ses droits avec promesses de royalties. Barre d’acier courbé fermée par un bâton cylindrique avec serrure Ace II, le tout recouvert de vinyle noir, l’antivol Kryptonite, inforçable, intaillable, inviolable, doit son nom à la substance extraterrestre qui rend Superman vulnérable.
Édité par Kryptonite (États-Unis) • à partir de 50 €
Michael Zane, Antivol vélo U, 1976
Attribué à Raymond Loewy • 1946
Symbole incassable du génie verrier made in France, le gobelet Gigogne, vendu à des millions d’exemplaires, est un totem du design utilitaire. Issu de la technique de fabrication du verre mise au point dans les années 1930 par Saint-Gobain pour les pare-brise automobiles, le verre trempé Duralex, marque déposée en 1945, roulera pour la collectivité, les cantines scolaires ou l’hôtellerie bon marché. Les gobelets étaient réputés incassables et le grand jeu consistait à les faire tomber et à les regarder rebondir façon culbuto, sans qu’ils se brisent. Verre à boire produit en plusieurs gabarits, le Gigogne aurait été dessiné en 1946 par Raymond Loewy. On enquête encore.
Édité par Duralex (France) • 0,90 € la pièce, 3,59 € les 4
Attribué à Raymond Loewy, Gobelet empilable Gigogne, 1946
Karl Peglau • 1961
Conçu en 1961 par Karl Peglau, psychologue en circulation urbaine, pour permettre aux daltoniens de savoir quand traverser une rue, l’Ampelmann équipait tous les feux tricolores de la RDA et de Berlin-Est. Silhouette en marche : on passe au vert ; debout bras en croix : le rouge est mis. Il en fut ainsi jusqu’au début des années 1990 et, quand la municipalité décida de changer de visuels, les Berlinois protestèrent et se mirent à traverser hors des clous. Pur produit de design utilitaire, l’Ampelmann est à la tête d’un business touristique pléthorique et gadgétisé.
Édité par Make Design depuis 2000 (Allemagne) • à partir de 1 €
Karl Peglau, Signal Ampelmann, 1961
Wilhelm Wagenfeld • 1934
Designer de la lumière, Wilhelm Wagenfeld (1900–1990) fut l’un des piliers du design allemand moderne. Orfèvre de formation, il oeuvre pour Schott, Rosenthal, Braun, WMF… En 1954, il ouvre à Stuttgart l’Atelier Wagenfeld, actif jusqu’en 1978. Il est passé à la postérité pour ses objets usuels en verre résistant au feu, pour la table et la cuisine, dont ce cuiseur à œuf clippé, produit par la verrerie de Iéna (ex-Schott) sous label Wagenfeld Edition et signé Prof. Wagenfeld.
Édité par Jenaer Glaswerk (Allemagne) • 12,75 €
Wilhelm Wagenfeld, Cuiseur à oeuf en verre, 1934
Gae Aulenti • 1996
Dessiné par la grande architecte Gae Aulenti, le grille-pain Toast est un appareil emblématique du design tautologique, produit par la firme familiale milanaise Trabo (fondée en 1989 par Giannino Castiglioni, neveu des designers Achille et Piergiacomo Castiglioni). Renommée pour ses aménagements de plusieurs musées, Gae Aulenti (1927–2012) sera peu entrée en cuisine via le petit équipement. Voilà de quoi porter un toast à sa mémoire.
Édité par Trabo (Italie) • 199 €
Gae Aulenti, Grille-pain Toast, 1996
Philippe Starck • 1990
Ébauchée en 1986, la collaboration avec Starck, qui avait surnommé Alessi « le marchand de bonheur », fut l’une des plus fructueuses de la firme. Exécutions tous azimuts avec vocabulaire de BD et gadgétisation souriante : brosse à dents Dr. Kiss, réveil-radio Coo Coo, bouilloire Hot Bertaa, boîtes alimentaires Boaat, égouttoir Max le Chinois, barre d’ustensiles Faitoo, rape à fromage Mister MeuMeu, tapette à mouches Dr. Skud… et le fameux presse-agrumes Juicy Salif, érigé en emblème du design français et considéré à la fois comme l’objet de design utilitaire le plus inutile du monde et comme une arme de poing efficacement meurtrière.
Édité par Alessi (Italie) • 70 €
Philippe Starck, Presse-agrumes Juicy Salif, 1990
David Chipperfield • 2019
Après avoir produit des années durant des cafetières verseuses, dont la Bombé, Alessi passera à l’espresso en 1979 avec la 9090 dessinée par Richard Sapper, best-seller absolu. Suivront Aldo Rossi en 1983 avec la Conica, puis en 1988 avec la Cupola ; Michael Graves avec la Pelicano (1995), Piero Lissoni avec la Pina (2006). Il y aura ensuite Wiel Arets avec la Coffee.it (2008), Michele De Lucchi avec la Pulcina développée avec Illy (2015) ou encore Mario Trimarchi avec l’Ossidiana. Ultime star en exercice : David Chipperfield avec la Moka qui reprend la silhouette facettée de la tutélaire Bialetti.
Éditée par Alessi (Italie) • à partir de 28 €
David Chipperfield, Cafetière Moka, 2019
Matteo Thun • 1992
Trieste, 1991. Il signore Illy, PDG de la firme de café éponyme, commande au designer Matteo Thun le dessin d’une tasse à espresso définie comme « la meilleure tasse pour le meilleur café ». Cible visée : les centaines de milliers d’établissements qui servent du café Illy. Ancien élève de Kokoschka à Salzbourg, ex-pilier du groupe Memphis, Thun est un touche-à-tout talentueux. Sa tasse idéale, fabriquée en masse par le porcelainier industriel milanais IPA, est à ce jour la plus copiée dans le monde. Et aussi la plus volée. D’où l’idée de la vendre dès 1992 sous label « Illy Art Collection », véritable musée à boire. Une association design + art contemporain à bon prix !
Éditée par Illy / IPA (Italie) • 35 € la paire
Matteo Thun, Tasse à café Illy, 1992
Kenji Ekuan • 1961
Dessinée en 1961 par le Japonais Kenji Ekuan (1929–2015), la carafe de sauce soja Kikkoman est une icône du design alimentaire mondial. Connu pour avoir dessiné le train Narita Express ou la moto Eve mécanique pour Yamaha, maître révéré du packaging et du logotype, Ekuan est aussi l’auteur de The Aesthetics of the Japanese Lunchbox. Légèrement retouchée, ce qui mit les puristes en rage, toujours coiffée d’un bouchon verseur bi-pôle zéro goutte, rouge ou vert selon la teneur en sel, la Kikkoman est évidemment exposée au MoMA de New York et s’achète en supermarché pour quelques euros.
Éditée par Kikkoman (Japon) • 4 €
Kenji Ekuan, Bouteille de sauce soja Kikkoman, 1991
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