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On se souvient l’an dernier de l’exposition de Milan Garcin, « Pierre & Gilles – La Fabrique des idoles » à la Philharmonie de Paris, qui revenait sur les photographies quasi hagiographiques de Sylvie Vartan et Johnny Hallyday. Le documentaire Retiens Johnny nous emmène lui dans l’église de la Madeleine à Paris pour nous recueillir véritablement devant « l’idole des jeunes ». Depuis la disparition de l’icône rock’n’roll de la chanson française, le 5 décembre 2017, des milliers de fervents pèlerins viennent lui rendre hommage là où furent célébrées ses funérailles, dans une ambiance à la fois grave, conviviale et populaire. Caméra au poing, les trois réalisateurs, Simon Depardon, Baptiste Drouillac et Arthur Verret, saisissent de singuliers moments de grâce – les homélies rythmées par Allumez le feu – et de vérité lorsque les fans se confient sans filtre sur Johnny, Laeticia ou sur les Gilets jaunes protestant à quelques mètres de l’église néoclassique. Un mélange des genres aussi incongru que rafraîchissant !
Extrait du film « Retiens Johnny », de Simon Depardon, Arthur Verret, Baptiste Drouillac, 2019
Retiens Johnny de Simon Depardon, Arthur Verret, Baptiste Drouillac / © Champs-Élysée Film Festival
Sélection officielle de longs-métrages français
Retiens Johnny
Le journaliste Davy Rothbart a eu une curieuse idée en confiant sa caméra à Emmanuel une après-midi de 1998, à Washington. Le garçon afro-américain de 8 ans et sa famille l’utiliseront pour se filmer vingt années durant. Malgré une mère toxicomane, un père tué par balles, un frère dealer et un quartier gangréné par la drogue et les armes, Emmanuel devient le pilier de la famille : diplômé, futur pompier, fiancé et tonton modèle. Jusqu’au jour où tout bascule. Le jeune homme, victime d’un racket, est abattu à son tour. Sa famille se déchire, hantée par sa disparition et l’espoir envolé des jours meilleurs qu’il incarnait. En 2018, Davy Rothbart a récupéré et assemblé ces images pour en faire un documentaire époustouflant, récit d’une tragédie qui fait écho à l’actualité et au mal social qui ronge les États-Unis. Même à 17 blocks du Capitole où siège le Congrès…
Sélection officielle de longs-métrages américains – prix du meilleur long-métrage américain, prix de la critique, prix du public
17 blocks
Long-métrage de Davy Rothbart • 2019 • 1h35
L’art, remède à la mélancolie ? C’est l’idée de ce court-métrage d’animation qui suit une jeune femme souffrant de dépression, qui parvient à s’extirper mentalement de son foyer trop bruyant pour s’offrir une promenade onirique dans un méandre de rues. Tantôt inquiétante, tantôt sublime, la ville finit par envelopper complètement le personnage en la confrontant à ses démons, à des hallucinations psychédéliques ou à des rencontres musicales inattendues au fond d’une église abandonnée. Genius Loci crée un sentiment d’évasion ponctuée de jolies références artistiques. Un taureau de Guernica prend soudain forme puis s’évapore, des mobiles de Calder clignotent et disparaissent, et une impression de mouvement perpétuel projette le spectateur dans une toile kaléidoscopique digne d’un peintre futuriste.
Sélection officielle de courts-métrages
Genius Loci
Court-métrage d’Adrien Merigeau • 2019 • 18 minutes
Dans un village de l’Est de la France, deux garçons, Léo et Yaya s’apprêtent à danser sur la scène publique de leur commune. Un défi artistique mais surtout social puisque les deux adolescents ont monté un numéro queer qui risque de ne pas rencontrer l’adhésion de la population… Si le frère de Léo, soucieux de sa réputation, ne cesse de les tyranniser, les deux amis pourront compter sur leur ange gardien, le cousin Cookie, pour intercéder en leur faveur. Florent Gouëlou, le réalisateur, retranscrit habilement à l’écran les multiples tensions qui jalonnent cette après-midi de préparation à travers le trac des danseurs, leur maquillage approximatif et leur angoisse d’exposer leur identité sexuelle sur le devant de la scène. Un court-métrage nécessaire et tout en paillettes !
Sélection officielle de courts-métrages français – prix du meilleur court-métrage français
Beauty Boys
Court-métrage de Florent Gouëlou • 2020 • 16 minutes
Image de Une : Extrait du film d’animation Genius Loci d’Adrien Mérigeau, 2019
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