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Sélection

6 livres pour emporter l’art en vacances

Par et

Publié le , mis à jour le
Bien sûr, il y a les romans de gare, idéaux pour des lectures de plage. Mais l’art nous manquerait trop ! Voici six ouvrages à glisser dans la valise : bande dessinée, immersion biographique, beau livre illustré ou fiction délirante… Il y en a pour tous les goûts et toutes les époques !

1. L’épopée d’un commissaire-priseur en Toscane

Le Grand Art de Léa Simone Allegria, 2020. Couverture illustrée par l’oeuvre The Yellow Scale de František Kupka (vers 1907)
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Le Grand Art de Léa Simone Allegria, 2020. Couverture illustrée par l’oeuvre The Yellow Scale de František Kupka (vers 1907)

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Éditions Flammarion

Fascinant roman que celui-ci, qui invite ses lecteurs dans la vie d’un commissaire-priseur. Il s’appelle Paul Vivienne et a des années d’expertise derrière lui : « J’ai tout vendu. Des palais entiers, des plats, des bols en argent, des vieux machins que l’on fait briller depuis des siècles. » Un brin blasé, l’œil traînant sur son compte Instagram, il se rend tout de même en Toscane assister à l’enterrement d’un homme. Sa veuve, lui souffle une connaissance, « doit tout liquider  ». Là, bingo : il déniche un retable, une Vierge d’humilité selon Marianne, son experte et, rapidement, son amante. Fait étrange, l’œuvre suit les règles de la perspective alors qu’elle semble plus ancienne que son invention… On fait alors la connaissance de Zbikowski, un restaurateur qui vit encore chez ses parents mais sait regarder les œuvres – à la loupe. Le rythme est enlevé, les dialogues rapides, bien sentis. Cette enquête, qui cite le célèbre Da Vinci Code de Dan Brown pour mieux s’en écarter avec finesse et ironie, nous mène dans les coulisses de l’art ancien, du marché de l’art, mais aussi des faussaires et des faux-semblants. Palpitant et parfaitement documenté ! M.C.L.

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Le Grand Art

Par Léa Simone Allegria, Flammarion

Ed. Flammarion   352 p. 20,00 €

 

2. Paul Cézanne sans filtre

Trois jours dans la vie de Paul Cézanne par Mika Biermann, 2020. Couverture illustrée Autoportrait de Paul Cézanne (vers 1875.)
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Trois jours dans la vie de Paul Cézanne par Mika Biermann, 2020. Couverture illustrée Autoportrait de Paul Cézanne (vers 1875.)

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Éditions Anacharsis

L’auteur est guide-conférencier au musée des Beaux-Arts de Marseille. Plus jeune, il a étudié aux Beaux-Arts de Berlin et de Luminy, puis a été peintre avant de prendre la plume. Bref, Mika Biermann connaît son sujet – et son texte, court, vivant, sent la térébenthine tout juste séchée sur les pages. « Le peintre s’approche de la toile. Il respire par le nez, attend le bon moment et appuie le pinceau qui laisse une trace humide. » Cézanne, qu’il surnomme Peintre Paul, se montre ici dans toute sa rudesse, dans son quotidien le plus trivial. Le récit se concentre sur quelques jours passés à ses côtés, qui voient défiler les personnages secondaires : une petite fille insolente qui l’interrompt dans une séance de peinture en plein air (« Elle a beau être mignonne, petite brune à l’œil espiègle et à la bouche en fleur, Paul a des envies de meurtre. »), le docteur Gachet, qui lui parle de Van Gogh, et puis La Rotonde, prostituée qu’il croise avant de la voir disparaître dans un éclat de sang. Le récit est dense, aussi touffu qu’un songe – ou qu’un cauchemar. M.C.L.

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Trois jours dans la vie de Paul Cézanne

3. Une nuit avec Pablo Picasso et Enki Bilal

Nu avec Picasso de Enki Bilal, 2020.
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Nu avec Picasso de Enki Bilal, 2020.

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16 • Éditions Stock

Depuis 2018, les éditions Stock invitent créateurs et créatrices à passer la « nuit au musée » – un principe qui a donné son nom à une collection de courts ouvrages à la couverture noire. La plupart du temps, le rendez-vous est donné au musée Picasso : après les écrivains Kamel Daoud, Lydie Salvayre, Santiago H. Amigorena et l’artiste Adel Abdessemed, place à l’auteur de bandes dessinées multi-talents Enki Bilal. Son récit, ponctué de crayonnés, débute avec une grande main monstrueuse qui s’empare de l’artiste et le « propulse à travers le portail grand ouvert du musée PP ». Il avertit le lecteur : mieux vaut lire ce récit à l’imaginaire débordant avec quelques reproductions sous les yeux, dont celle de Guernica. S’ensuivent des dialogues fantasmés avec Picasso, Dora Maar ou Marie-Thérèse Walter. Prose fiévreuse, que l’on complètera d’une visite au Fonds Hélène & Édouard Leclerc, qui consacre actuellement une exposition à Enki Bilal et présente ses toiles inédites, réalisées en complément de cette nuit, « nu avec Picasso ». M.C.L.

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Nu avec Picasso

4. Dans les ténèbres de Léon Spilliaert

Être moi toujours plus fort de Stéphane Lambert, 2020.
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Être moi toujours plus fort de Stéphane Lambert, 2020.

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11 × 18 cm • Éditions Arléas

Habitée d’ombres inquiétantes, travaillée par l’angoisse et le malaise, l’œuvre de Léon Spilliaert (1881–1946) effraye autant qu’elle fascine. Alors que cette grande figure de l’art belge est mise à l’honneur au musée d’Orsay en octobre prochain, Stéphane Lambert signe une parfaite entrée en matière avec ce récit intime aux frontières de la biographie et de la fiction. Au gré de ses déambulations sur les pas de l’artiste en Belgique, on pénètre peu à peu dans cet univers trouble qui prend forme à Ostende au début du XXe siècle. Insomniaque, solitaire et maladif, le jeune Léon Spilliaert traîne sa mélancolie sur la digue. Sous son pinceau imbibé d’encre noire, la très chic station balnéaire se mue en théâtre de solitude, et les intérieurs bourgeois deviennent des espaces saturés d’« inquiétante étrangeté ». Grâce à une écriture toujours mouvante, limpide et nuancée, ce court récit échappe au huis clos étouffant. L’art y apparaît comme une quête existentielle sublime, un voyage initiatique qui nous mène au-delà des certitudes. F.G.

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Être moi toujours plus fort – Les paysages intérieurs de Léon Spilliaert

Par Stéphane Lambert

Ed. Arléa • 128 p. • 10,00 €

5. Dans les souvenirs d’Ettore Sottsass

Écrit la nuit, le livre interdit de Ettore Sottsass, 2020.
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Écrit la nuit, le livre interdit de Ettore Sottsass, 2020.

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Editions Herodios

Quand on est suffisamment fou et audacieux pour fonder, avec quelques amis, le mouvement de design Memphis, que raconte-t-on de sa vie ? Réponse nous est donnée dans cet attachant recueil de souvenirs sensuels, gourmands, voyageurs. Écrit par Ettore Sottsass à quelques années de sa mort en 2007 (à tout juste 90 ans), Écrit la nuit contient la verve du jeune homme, la fougue du désir pour sa femme, et pour sa maîtresse (« Barbara était assise sur le rebord de la fenêtre, et le soleil de juin ruisselait sur elle, lumière et or sur ses cheveux blonds »), pour leur peau, leurs fesses… Et puis les amis, les rencontres, les repas. Point trop d’architecture ou de céramique ou de design ! Mais une énergie et un humour qui disent, finalement, bien plus de ses inspirations et de la couleur de son sang. Une lecture flamboyante qui donne envie de vivre. M.C.L.

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Écrit la nuit. Le Livre interdit

6. Le grand roman de Niki de Saint Phalle

Trencadis de Caroline Deyns , 2020. Photographie de Niki de Saint Phalle par Arnold Newman  en 1949
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Trencadis de Caroline Deyns, 2020. Photographie de Niki de Saint Phalle par Arnold Newman en 1949

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Éditions Quidam

Il y a d’abord son visage de poupée et son cou, si joliment ornés de boucles blondes et d’un collier brillant. D’un regard trop rapide, on ne reconnaîtrait pas sur la couverture de Trencadis l’artiste qui tirait sur des toiles et sculptait de voluptueuses Nanas colorées ! Et pourtant, c’est bien elle : Niki de Saint Phalle, héroïne de l’art du XXe siècle. Elle est ici racontée avec panache par l’agrégée de lettres Caroline Deyns, dans un ouvrage étonnant et sincère, aux interruptions poétiques – comme des éclairs. « Trencadis, explique l’autrice, est un mot catalan qui, selon son étymologie, a d’abord désigné toute matière fragile, aisément cassable. De cette matière, Niki de Saint Phalle semble faite. » Elle raconte sa vie par épisodes, fait le lien avec des éléments contemporains, cite des poètes, invite un dialogue par-ci par-là, pour un livre comme un puzzle. Beau et atypique. M.C.L.

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Trencadis

Bonus pour les petits lecteurs : un grain de folie dans les vacances

Des vacances timbrées de Mathilde Poncet, 2020.
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Des vacances timbrées de Mathilde Poncet, 2020.

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21,6 × 32,6 cm • Éditions Les fourmis rouges

« Chère mamie, je t’écris depuis ma colonie de vacances. Pour la première fois de ma vie je suis partie en train toute seule, comme une grande ! » Un récit banal de vacances ? C’est sans compter l’imagination débridée de la petite Alice, révélée par les illustrations flamboyantes et complètement extravagantes de Mathilde Poncet. Sous son crayon gras aux teintes bleues et roses, les camarades se métamorphosent en animaux sauvages et le bus en crapaud couleur bonbon ; l’ennuyeuse visite d’un château se transforme en cérémonie chamanique et la veillée au coin du feu en sabbath endiablé. Chaque excursion embarque la joyeuse colonie pour des contrées fantastiques peuplées de monstres et d’extraterrestres adorables. Truffé de détails amusants et de clins d’œil (notamment à l’histoire de l’art), ce périple fantasmagorique se clôt par un twist réjouissant. Une petite merveille digne du très beau catalogue de la maison d’édition Les Fourmis rouges. F.G.

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Des vacances timbrées

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