Vue de l’exposition « Tati 50 x 50. Studio Photo : Seydou Keïta & Malick Sidibé » au Grand Magasin éphémère, Paris, 2025
© Benoît Florençon
Grande nouvelle pour les nostalgiques : l’ancien magasin Tati de Barbès-Rochechouart a rouvert ses portes. Pas pour y vendre des habits et des gadgets à bas coût, mais pour héberger un grand projet éphémère mêlant mode et photographie… L’occasion de rendre visite à un lieu culte des quartiers populaires parisiens, tout en assistant à la spectaculaire mue d’un Barbès en pleine gentrification.
Car l’histoire de Tati, c’est celle d’un magasin innovant, ouvert en 1948 par un jeune commerçant tunisien au nord de Paris. Jules Ouaki, la trentaine, a alors l’idée d’une « grande surface de la fringue à quatre sous », où l’on piocherait librement parmi des stocks venus d’Asie ou d’Italie, répartis dans de grands bacs. Le succès est tel que, rapidement, l’enseigne troque ses 60 m2 d’origine pour cinquante fois plus grand.
Avec ses grandes lettres bleues sur vichy rose, Tati a marqué son époque – et son quartier, aussi, le carrefour Barbès restant encore aujourd’hui imprégné de son aura. D’ailleurs, depuis sa fermeture en 2021, le magasin n’a pas encore été remplacé… Rachetés il y a quatre ans par le promoteur Immobel dans le cadre de l’appel à projet « Réinventer Paris », ses locaux accueillent toutefois un centre culturel nommé l’Union de la jeunesse internationale, porté depuis 2022 par le fondateur de la marque Maison Château Rouge, Youssouf Fofana.
L’Union de la jeunesse internationale a inauguré son Grand Magasin éphémère le 23 janvier 2025 à Paris
© Benoît Florençon
Dernière actu en date, son Grand Magasin éphémère, inauguré le 23 janvier dernier, accueille différentes marques de mode indépendantes, mais aussi un café, une librairie façon taxiphone, et surtout une grande exposition de deux emblématiques photographes maliens, Seydou Keïta (1923–2001) et Malick Sidibé (1936–2016).
Coorganisée avec la galerie Magnin-A, pionnière dans la promotion de l’art africain contemporain en France, celle-ci réunit quelques-uns des clichés culte des deux artistes. Mais aussi certaines images réalisées sur commande de Tati, et la reconstitution d’un studio photo qu’ils avaient installé en 1998 sous une tente devant le magasin pour immortaliser ses clients, et où l’on peut voir aujourd’hui un documentaire autour de ce shooting mémorable, filmé par le galeriste André Magnin.
Le Grand Magasin éphémère conserve l’identité du lieu tout en proposant des créations modernes et indépendantes, Paris, 2025
© Benoît Florençon
Ouvert jusqu’au 29 juin prochain (l’exposition étant, elle, visible jusqu’au 22 février), le Grand Magasin éphémère tâche de respecter l’identité du lieu – où résonne encore le rythme endiablé du Tonton du bled du groupe 113 – en regardant avec émotion son histoire, tout en écrivant la suite, faite de créateurs indépendants et d’un sens aigu de l’élégance et de l’esthétique…
Tati 50 x 50. Studio Photo : Seydou Keïta & Malick Sidibé
Du 23 janvier 2025 au 22 février 2025
Le Grand Magasin éphémère - Union de la jeunesse internationale • 2 Boulevard Marguerite de Rochechouart • 75018 Paris
www.unionjeunesseinternationale.com
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