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Week-end arty

À Ostende et ses environs, surfer du surréalisme à l’art contemporain

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Publié le , mis à jour le
Le ciel est gris ? D’Ostende à La Panne, le rivage belge réserve tant de surprises qu’on peut bien lui pardonner ! C’est sur cette côte que des artistes comme le surréaliste Paul Delvaux, le symboliste Léon Spilliaert ou l’original James Ensor ont vécu. C’est aussi là qu’une triennale d’art contemporain sème des œuvres monumentales depuis plusieurs années. Cap sur la mer du Nord !

Jour 1 – 10h30. Se laisser griser par l’art contemporain à bicyclette

Au début était la mer et ses « vagues de dunes pour arrêter les vagues »… Comme une envie de fredonner Brel et son « plat pays » ? Normal ! Avec son charme rétro, quelque peu suranné, la côte belge incite irrésistiblement à la nostalgie. Pour explorer ses coins les plus charmants et prendre un bon bol d’art, avec vue sur les vagues, outre le bien nommé « tramway du littoral », le mieux est de louer un vélo.

Pédalez de Nieuport-les Bains à La Panne (11 km). Au programme ? La découverte de quelques œuvres rafraîchissantes de Beaufort. Créée en 2003, cette triennale d’art présente, dans neuf communes du littoral, une quarantaine de créations monumentales (dont 19 nouvelles cette année, sous le commissariat d’Heidi Ballet). Le plan recensant les œuvres en poche, vous êtes prêts à respirer les embruns, ébouriffés par le vent d’est !

Nina Beier, Men
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Nina Beier, Men, Œuvre réalisée pour Beaufort, 2018

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© photo Malika Bauwens

Ouvrez l’œil car les œuvres nichent jusque dans l’eau. À l’instar des statues équestres de la Danoise Nina Beier qui émergent selon la marée… Après avoir passé une tête à la galerie Welnis, installée dans l’office de tourisme d’Oostduinkerke-les-Bains, pour voir le travail de l’Egyptienne Iman Issa, donnez encore quelques coups de pédales. Voyez le pêcheur aux crevettes cloné, hommage à l’activité de pêche à cheval, inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Croisez la monumentale construction en acier d’Anne et Patrick Poirier (Acqua Scivolo), inspirée des ruines moyenâgeuses de l’abbaye des Dunes, autre fierté du cru. Vous bifurquez dans la ville de Coxyde, où trône une des surprises de Beaufort 2018. Sur la place communale, Ryan Gander a érigé une grosse balle constituée d’une multitude d’objets brillants, sans en livrer le sens…

Ryan Gander, Really Shiny Things That don’t Really Mean Anything
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Ryan Gander, Really Shiny Things That don’t Really Mean Anything, Œuvre réalisée pour Beaufort, 2018

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© photo Malika Bauwens

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Louer un vélo

Rien de plus simple, les loueurs sont légion sur la promenade !

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New Port Bikes, Zeedijk 118, 8620 Nieuport-les Bains – comptez 20 € pour louer un VTC deux jours

Pour télécharger la carte vélo

12h. Plonger dans les rêveries de Paul Delvaux

Le mystère vous a ouvert l’appétit. Remontez en selle le ventre plein pour voir l’étonnant musée du surréaliste Paul Delvaux (1897–1994). Il faut se perdre, mu par une délicieuse perplexité, parmi les villas cossues de Saint-Idesbald pour découvrir ce qui était autrefois la maison de vacances de Paul Delvaux.

Musée Paul Delvaux
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Musée Paul Delvaux

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© photo Malika Bauwens

Dédiée depuis 1982 à l’œuvre du peintre belge, la collection (la plus importante au monde !) se déploie sur 1 000 m2. Elle couvre toute la carrière de l’artiste, de ses débuts aux accents impressionnistes et expressionnistes à ses dernières aquarelles, alors qu’il est presque aveugle : le trait, léger, s’épure… « Je voudrais peindre un tableau dans lequel je pourrais vivre », disait Delvaux. Dans ce lieu modeste, à la scénographie feutrée, on se laisse emporter par ses fabuleuses rêveries de la période surréaliste, peuplées de blondes aux grands yeux, d’architectures néoclassiques et de trains à vapeur – une passion de Delvaux, avec les squelettes.

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Musée Paul Delvaux

Ouvert du jeudi au dimanche de 10 h 30 à 17 h 30
Le musée propose chaque année des expositions temporaires inédites. Jusqu’au 6 janvier 2019, l’exposition « Regard introspectif à la manière de crayon », avec de beaux « vernis mous » de Delvaux.

17h. Fin de journée chic à La Panne

Vous reprendrez encore un peu d’art ? Direction la plage de La Panne. Entre les dunes, vous contemplez les silhouettes monolithiques de 15 mètres créées par Jos de Gruyter & Harald Thys. Toujours un peu d’énergie dans les mollets ? Égarez-vous dans le quartier Dumont, en montées et descentes : ses typiques cottages du XIXe siècle tranchent de la frénésie immobilière qui a cannibalisé toute la digue. Le soir, si vous êtes plus oiseau de nuit que marmotte, laissez-vous tenter par une petite virée dans un des casinos de la côte – celui d’Ostende avec son architecture moderniste des années 1950 est un des plus grands d’Europe !

Jos de Gruyter & Harald Thys, De Drie wijsneuzen van De Panne
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Jos de Gruyter & Harald Thys, De Drie wijsneuzen van De Panne, Œuvre réalisée pour Beaufort, 2018

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© photo Malika Bauwens

Jour 2 – 9h30. À Ostende, reine des plages arty

À vélo comme en tramway, il vous faudra une belle heure de balade pour gagner Ostende depuis Nieuwpoort-Bad (18 km). On peut aussi faire traîner son trajet en faisant quelques stops « Beaufort » ! À commencer par les mâts de Daniel Buren, souvenir de l’édition 2009, que l’on aperçoit le long de l’Yser, ou le récent The Navigator Monument sur la plage de Westende-Bad. Pour créer son gouvernail planté dans le sable, Simon Dybbroe Møller a mixé les univers d’Internet et de la pêche.

Un peu loin, Caterpillar 5bis du Belge Wim Delvoye fait forte impression avec sa dentelle rouillée. De même en voyant la sculpture pop de Nick Ervinck : une sorte d’éclaboussure de vague jaune pétard. Sur la plage, on peut aussi tendre l’oreille au creux de deux grandes cornes installées en 2012 par Ivan Drulle (I Can Hear it).

Ivars Drulle, I Can Hear it
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Ivars Drulle, I Can Hear it, Œuvre réalisée pour Beaufort 2018

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© photo Malika Bauwens

11h. Pause récréative à Middelkerke

Les amateurs de BD auront le sourire sur cette partie de la digue : on y croise 17 statues de personnages de BD belges, de Lambique au Chevalier rouge. Une petite pause ? Et pourquoi pas une incursion au « Kusthistories » ? Installé dans un ancien bâtiment de la Poste, ce musée retrace l’histoire du tourisme sur la côte belge : un peu de kitsch n’a jamais fait de mal. En quittant Middelkerke, par la plage, se dresse l’une des œuvres les plus fortes de Beaufort : Holy Land de Kader Attia interroge le mirage de la Terre promise. Un hommage à ceux qui se sont noyés en mer en essayant de gagner l’Europe.

Kader Attia, Holy Land
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Kader Attia, Holy Land, Œuvre réalisée pour Beaufort, 2018

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© photo Malika Bauwens

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Kusthistories

Ouvert de 9 h 30 à 12 h 00 et de 13 h 30 à 17 h 00

14h. Sur les traces d’Ensor et la crème de l’art belge

Bienvenu à Ostende, la reine des plages ! Ce petit port de pêche devenu station balnéaire huppée dans les années 1830, sous l’impulsion du roi des Belges Léopold Ier, a vu passer nombre d’artistes. Même des plus surprenants comme le chanteur Marvin Gaye, qui y a écrit son tube Sexual Healing ! Direction le Mu.ZEE – Musée des arts à la mer (« zee » signifie mer en néerlandais) pour contempler des pointures des arts plastiques. Installée dans un bâtiment moderne, cette collection d’art belge de 1850 à nos jours met à l’honneur James Ensor, Léon Spilliaert, et Constant Permeke, qui ont tous vécu à Ostende. Le clou du Mu.ZEE est bien sûr l’aile de 1 000 m2 qui rassemble 250 œuvres du symboliste Léon Spilliaert et du baron Ensor (sa maison fermée pour travaux devrait bientôt rouvrir au public en ville). Marines, autoportraits… Quel mystère ! Quel carnaval de couleurs ! Jusqu’en juin 2019, le Mu.ZEE présente l’exposition « James Ensor, un rêve de nacre », organisée avec le musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers.

Aile Ensor en Spilliaert, Mu.ZEE, Musée d’art-sur-mer
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Aile Ensor en Spilliaert, Mu.ZEE, Musée d’art-sur-mer

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© Photo Steven Decroos, Ostende

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Mu.ZEE

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10 h à 18 h

16h. Contempler le clair-obscur de Léon Spilliaert

Avec James Ensor, Léon Spilliaert est l’autre Ostendais pur jus. C’est d’ailleurs au cours de ses escapades nocturnes sur la plage, que le symboliste a puisé son inspiration et sa propension à la mélancolie. Jusqu’au 30 septembre, on peut admirer, grâce à un prêt exceptionnel du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque royale de Belgique, 131 œuvres sur papier aux galeries vénitiennes. Ces dernières, théâtre de superbes expositions, ont été construites avec les galeries royales au début du XXe siècle à la demande du roi Léopold II, qui possédait à l’époque une résidence à Ostende (et sa maîtresse). Frissons garantis.

Léon Spilliaert, Wolken
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Léon Spilliaert, Wolken, 1902

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Encre de Chine, lavis, pinceau, plume, aquarelle sur papier • Coll. & © Bibliothèque royale de Belgique, Cabinet des Estampes, Bruxelles

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Léon Spilliaert. De collectie van de Koninklijke Bibliotheek van België

Du 30 juin 2018 au 30 septembre 2018

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Beaufort 2018

La triennale d’art du littoral

La 6e édition de Beaufort se tient du 30 mars au 30 septembre et présente 19 nouvelles œuvres d’art monumentales.

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Comment s’y rendre ?

Autoroute A1 depuis Paris. Comptez 3 h 30 pour rejoindre Nieuport-les-Bains.

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Où loger ?

Hôtel Cosmopolite

Albert I-laan 141, 8620 Nieuwpoort

À partir de 100 € pour une chambre standard

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Où se restaurer ?

Comme dans toutes stations balnéaires qui se respectent, les snacks pullulent (ah… les frites belges !) mais aussi les restaurants de poisson. Le must sont les croquettes de crevettes grises : la croûte doit être fine et croquante, la farce onctueuse…

Julia Fish & Oysterbar

A. Vanhouttelaan 2, 8670 Coxyde

Si décidément, vous n’êtes pas très porté sur le poisson :

Carcasse

Avenue Henri Christiaen 5, 8670 Coxyde

Retrouvez dans l’Encyclo : Léon Spilliaert Paul Delvaux

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