Vue du cloître du musée Unterlinden à Colmar
© Musée Unterlinden
Veillé par les cigognes qui nichent sur les toits colmariens, le musée Unterlinden a la chance d’être l’un des musées de province les plus visités de France. Et pour cause : son parcours divisé en deux édifices offre à ses collections, courant de la Préhistoire à l’art contemporain, une multiplicité de salles et de décors tout à fait enchanteurs. L’ancien couvent des Dominicaines d’Unterlinden charme d’emblée avec son cloître du XIIIe siècle, autour duquel s’organisent les salles dédiées à l’art ancien ; l’église se fait quant à elle écrin du chef-d’œuvre du musée : Le Retable d’Issenheim de Matthias Grünewald. Puis, dans l’extension pensée par l’agence suisse Herzog & de Meuron – une absolue réussite – dans les anciens bains municipaux, collections modernes et expositions temporaires complètent un panorama dense, pavé d’œuvres emblématiques – notamment une tapisserie de Jacqueline de la Baume-Dürrbach reprenant le Guernica de Picasso.
L’histoire du musée commence en 1846, lorsque Louis Hugot, archiviste-bibliothécaire de la ville, décide de fonder un cercle d’érudits. Ensemble, dès l’année suivante, les amateurs réfléchissent à ouvrir un musée dans l’ancien couvent de la ville, laissé à l’abandon depuis quelques décennies. Aussitôt dit, (presque) aussitôt fait : le 8 avril 1853, le musée ouvre ses portes au public, qui vient notamment admirer des œuvres du Moyen Âge, des retables, des peintures et des gravures – le premier catalogue du musée est publié en 1860. Un peu plus d’un siècle et demi plus tard, Colmar est à nouveau en fête : l’extension de l’autre côté du canal est inaugurée le 12 décembre 2015, et ravive la flamme d’un musée devenu trop étroit pour ses riches collections. Celles-ci couvrent en effet 7 000 ans d’histoire, et comprennent des objets archéologiques datant du Néolithique aussi bien que des peintures de Hans Holbein, de Lucas Cranach, ou encore de Jean Dubuffet ou de Nicolas de Staël…
La « Joconde » du musée Unterlinden est bien sûr Le Retable d’Issenheim de Matthias Grünewald (1512–1516). Celui-ci sort justement cette année de très longs mois de restauration, qui ont permis de donner un coup de jeune à ses panneaux peints, à son encadrement et à ses sculptures. Au printemps et à l’été 2022, le musée organisera différentes activités et festivités pour célébrer la fin de cette précise et précieuse restauration : restez attentifs !
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