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Spectacle

Au théâtre du Châtelet, Sidi Larbi Cherkaoui dépeint un Maroc sublime et flamboyant

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Publié le , mis à jour le
Dans sa nouvelle création, Ihsane, le directeur du Ballet du Grand Théâtre de Genève rend un hommage plein de poésie à ses racines. Un fabuleux spectacle qui sera présenté au théâtre du Châtelet, à Paris, à la fin du mois de mars.
Avec Ihsane, le chorégraphe échafaude une ode au pays natal de son père, roses et épines comprises.
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Avec Ihsane, le chorégraphe échafaude une ode au pays natal de son père, roses et épines comprises.

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© Filip Van Roe.

Les gestes sont fluides et précis, gracieux et appuyés ; les corps toujours en mouvement, comme si c’était une question de vie ou de mort. Les danseurs s’unissent pour former une grappe humaine solidaire et puissante avant de se détacher pour suivre leur course folle dans des solos ou des duos vibrants.

Sur les planches se déploient une succession de tableaux flamboyants évoquant aussi bien les contes des Mille et Une Nuits que les paysages urbains d’un Orient magnifié. La scène est bordée d’une ribambelle de babouches jaunes ou de petites bougies qui passent de main en main, le sol, jonché d’une allée de roses et de tapis kilims, quand le décor dessine les éléments d’architecture d’une médina et des moucharabiehs, sur lesquels dégringole une pluie de feuilles d’or.

Une interrogation par la danse et l’image des racines marocaines

La vidéo, utilisée avec parcimonie, prolonge le paysage merveilleux à l’infini, parfois perturbé par les images rouge sang des sacrifices de l’Aïd el-Kébir. En jonglant habilement, avec poésie et faste, entre ses souvenirs d’enfance, les clichés et les singularités culturelles du Maroc, pays natal de son père disparu en 1995, Sidi Larbi Cherkaoui lui rend hommage et interroge ses racines. Il évoque un Islam doux et tolérant comme l’annonce d’entrée de jeu le titre, Ihsane, qui en arabe désigne un idéal de bonté, de charité et de bienveillance.

Un spectacle aux airs d’opéra

Le danseur et chorégraphe belge, né à Anvers en 1976, associe sur scène des danseurs de la compagnie Eastman, qu’il a fondée en 2010, et ceux de la troupe du Ballet du Grand Théâtre de Genève dont il a pris la direction en 2022, ainsi qu’un groupe de musiciens qui jouent en live percussions et piano, conduit par la viole d’amour du virtuose Jasser Haj Youssef, accompagné par les voix hypnotiques des chanteurs Mohammed el-Arabi Serghini et Fadia Tomb El-Hage.

Le spectacle, grandiose, a des airs d’opéra – ceux que Sidi Larbi Cherkaoui a pu créer par le passé, comme Pelléas et Mélisande en 2018 avec son ami le chorégraphe Damien Jalet et la plasticienne Marina Abramović ou, l’année dernière, Idoménée de Mozart avec l’artiste Chiharu Shiota –, mais il porte en lui une part d’ombre. Celle de la figure paternelle bien sûr, mais aussi celle d’un jeune homme gay d’origine marocaine, victime d’un crime raciste et homophobe. Battu à mort à la sortie d’une boîte de nuit à Liège en 2012, il s’appelait Ihsane.

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Ihsane

Par Sidi Larbi Cherkaoui

Du 30 mars au 6 avril 2025 au théâtre du Châtelet

Plus d’informations et réservations sur le site du théâtre du Châtelet

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Théâtre du Châtelet

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