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C’est une histoire qui commence, comme beaucoup d’autres, dans le domaine de la presse : des désaccords sur la ligne éditoriale, de la frustration, et puis un envol. Ainsi est née Persona, la plus jeune revue de la sélection, en décembre 2016. Secondé par sa compagne graphiste, Frédéric Lemaître, fondateur et rédacteur en chef, qui a longtemps collaboré à la revue musicale Abus Dangereux, s’est lancé dans l’aventure, avec pour ambition de faire tomber les masques. Le lecteur est donc invité à passer « de l’autre côté du miroir », là où « les artistes nous dévoilent leur face cachée ». Héritière de l’esthétique du fanzine, Persona mêle photographie, graphisme, littérature et bien sûr musique, le premier amour de Frédéric Lemaître. Les entretiens fleuves se succèdent au fil des 80 pages à la maquette soignée. Ici, aucune publicité ne vient troubler la lecture. Tenir Persona entre ses mains, c’est avant tout renouer avec la matérialité du livre. Une expérience physique et profondément intime de la lecture.
La Féline en couverture du 1er numéro de la revue Persona, Printemps 2017
Persona
Revue trimestrielle • 10 €
Dans les rayonnages des librairies, son nom nous met déjà sur la piste : Profane prend le contre-pied des revues d’art. Fondée en 2015, celle-ci ne s’intéresse ni aux chefs-d’œuvre ni à la santé du marché de l’art international. Non, Profane s’adresse avant tout aux non-initiés. Son mantra : « art d’amateur, amateur d’art ». Qu’il soit peintre, collectionneur ou simple curieux, l’amateur apparaît ici comme le personnage central d’un roman graphique. Carine Soyer, rédactrice en chef, et Bertrand Houdin, co-fondateur de cette revue très visuelle, ont fait du portfolio un format récurrent. Exit les tournures de phrase alambiquées ; Profane est adepte du less is more, comme l’indique par exemple le titre de ses catégories : « un.e autodidacte », « une trouvaille », « un geste » et même « un truc ». La conception graphique, proche de l’esthétique du « fait maison », a été primée par le Club des directeurs artistiques en 2016. Une pépite, à se procurer chaque semestre !
Couverture du 5ème numéro de la revue Profane, Automne-hiver 2017–2018
Profane
Revue semestrielle • 15 €
Son titre évocateur nous met tout de suite l’eau à la bouche… Avec Luncheon, c’est toute la culture qui passe à table, au sens propre comme au figuré : le sommaire de la revue s’articule comme le menu d’un grand restaurant étoilé, du « Hors-d’œuvre » aux « Desserts ». Biannuel britannique fondé en 2016, cette belle revue en impose à tous les points de vue, et notamment par son format : 27 centimètres par 38 d’un beau papier épais sur lequel viennent se coucher de multiples portfolios d’artistes et de photographes. Sa maquette, délibérément épurée, rappelle les plus belles heures de la presse américaine des années 1950. Les deux fondateurs de la revue, Frances von Hofmannsthal et Thomas Persson (auparavant à la tête du regretté et très chic Acne Paper), ont notamment mis l’accent sur la photographie, avec, en filigrane, une tendance « foodporn » plus ou moins exacerbée. Leur credo ? La culture se partage comme un bon plat entre amis. À table !
Jane Moseley, photographiée par Jack Davison, en couverture du 3e numéro de la revue Luncheon, Printemps 2017
Luncheon
Revue semestrielle (en anglais) • 21 €
On ne présente plus le Festival international de bande dessinée de Lausanne, BDFIL, qui depuis 2005 rassemble chaque année le meilleur du neuvième art. Mais que les amateurs du genre qui n’auraient pas la chance de s’y rendre ne fassent pas la moue. Car depuis 2015, BDFIL prolonge le plaisir avec une épaisse revue éponyme (210 pages pour le dernier numéro !) qui fait la part belle aux textes comme aux images. Un seul mot d’ordre : la qualité, sans pour autant se prendre au sérieux. Le ton est d’ailleurs donné dès l’édito signé par Dominique Radrizzani, directeur du festival depuis 2015. Dans le dernier numéro de la revue, qui rend notamment hommage aux félins de Steinlen (l’illustrateur, entre autres, de la fameuse affiche du cabaret du Chat Noir), il n’hésite pas à ponctuer son texte de miaulements : « Ce numéro 3 s’annonce aussi comme le plus « kawaiiiiii » et le plus miawwwwwlant de cette revue », prévient-il. Le tout surtitré « Défonce et illustration ». Vivement 2018 pour découvrir ce que réserve le prochain numéro !
Couverture du 3e numéro de la revue Bédéphile, 2017
© Anna Sommer, pour BDFIL 2017 et Éditions Noir sur Blanc
BDFIL
Revue annuelle • 25 €
On ne vous le cache pas, les belles revues d’art demandent souvent un certain investissement financier. Chaque trimestre, Noto est l’exception qui confirme la règle. Fondée en 2015, la revue est disponible gratuitement dans des lieux culturels tels que des cinémas, théâtres, musées et, bien sûr, librairies. Son objectif ? Rendre accessible au plus grand nombre la culture jugée élitiste. La revue, dont le nom fait référence à la ville sicilienne éponyme entièrement construite dans le style baroque, propose ainsi des pistes de réflexion très larges qui mêlent peinture, littérature, et sciences humaines. Une interdisciplinarité qui traduit avant tout une ligne éditoriale claire : replacer l’humain au cœur de l’actualité culturelle. Chaque numéro – à la maquette très soignée – interroge une notion, un mot, un concept : la fête, les frontières, ou encore la lumière. Au fil des pages se dévoilent de multiples formats, de l’interview à la chronique, en passant par le portfolio, la tribune et l’enquête. Intellectuels et artistes de tous horizons sont convoqués de rubrique en rubrique, comme l’écrivain Tristan Garcia, le cinéaste Christophe Honoré, ou encore le plasticien Pierre Soulages… Noto bene : l’intégralité de la revue est aussi disponible en ligne !
Couverture du 2e numéro de la revue Noto, « Sauvage », Été 2015
Noto
Revue trimestrielle • Gratuit
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