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Vue aérienne de la médina de Tunis au coucher du soleil
© Hemis / Alamy / Photo Arnaud Spani
Si les lieux d’art contemporain ont fleuri à Tunis depuis la « révolution du jasmin » en 2010, la ville conserve ses immanquables sites historiques, à commencer par sa médina inscrite depuis 1979 au patrimoine mondial de l’Unesco, dont les premières fondations remontent à la fin du VIIe siècle durant l’époque berbère, avant son développement au XIIIe siècle sous les sultans hafsides.
Il suffit d’une demi-journée pour le circuit classique depuis l’emblématique porte de France vers la mosquée Zitouna, avec son lot de boutiques proposant des produits artisanaux ancestraux. Prévoir plus de temps pour découvrir certains souks tel celui, enivrant, des parfumeurs, avec ses effluves de jasmin, ambre, rose et fleur d’oranger.
L’étage supérieur du musée national du Bardo à Tunis
© Hemis / Alamy / Photo Gil Giuglio
La découverte de beaux monuments – mosquées, fondouks (ou caravansérails), palais et riches demeures – n’empêchera pas de sortir des sentiers connus de la médina pour se perdre dans les petites ruelles où travaillent encore certains artisans, fabricants de la fameuse chéchia nationale (couvre-chef rouge), soyeux ou encore marteleurs et ciseleurs de cuivre qui confectionnent le zazwa pour faire le café turc, des bonbonnières et autres ustensiles traditionnels. À mi-parcours, déguster un couscous ou un tajine dans le restaurant gastronomique du luxueux hôtel Dar el Jeld, situé dans un palais traditionnel de la médina, est un must. À quelques pas, la galerie Mono est la première du genre à proposer des œuvres d’art NFT, une autre ambiance contemporaine de la médina.
Réalisée par un anonyme, la plus célèbre mosaïque du musée national du Bardo, Virgile écrivant l’Énéide (le-IIIe siècle)
Coll. Musée national du Bardo, Tunis • © Adobe Stock / Photo Peter Robinson
La visite historique se poursuit au musée national du Bardo, à quelques minutes en voiture de la médina. Situé dans un ancien palais beylical du XIXe siècle, il retrace l’histoire de la Tunisie, de la préhistoire à l’époque contemporaine, à travers les civilisations qui s’y sont succédé. On s’y presse surtout pour son incroyable collection de mosaïques romaines, provenant de plusieurs sites archéologiques, dont Carthage. La plus célèbre reste celle figurant Virgile, découverte en 1896 à Hadrumète (aujourd’hui Sousse). Habillé d’une toge blanche brodée et entouré des muses Clio et Melpomène (de l’histoire et de la tragédie), le poète romain tient dans sa main un extrait en latin de l’Énéide, qu’il a écrit entre 29 et 19 av. JC. Pour voir les vestiges de l’Empire romain, direction Carthage (15 min en taxi depuis Tunis) : le plus vaste ensemble réalisé sur le sol africain offre un véritable saut dans le temps. Site le plus remarquable et le plus visité, les thermes d’Antonin, mis en service sous le règne de cet empereur en 165 ap. JC, conservent suffisamment de ruines pour qu’on se rende compte de la majesté des grands bains de l’époque.
Yves Klein, Monochrome bleu sans titre (IKB 4), 1961
Pigment pur et résine synthétique sur toile • 92 × 73 × 3.5 cm • Coll. particulière • © Succesion Yves Klein c/o ADAGP, Paris 2024
C’est à Sidi Bou Saïd, charmant village aux maisons bleues et blanches surplombant la Méditerranée à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Tunis, que se sont implantées les galeries d’art. La plus ancienne, A. Gorgi, fondée en 1988 par la fille du peintre tunisien Abdelaziz Gorgi (1928–2008), met à l’honneur la scène contemporaine du pays. Tandis que Le Violon Bleu, dont le nom rend hommage à la fois au Violon éclaté d’Arman et au bleu d’Yves Klein, se concentre sur les artistes confirmés à l’international, à l’instar des Tunisiens Abderrazak Sahli et Rafik El Kamel. Mais la tendance actuelle est d’investir de nouveaux territoires, comme l’a fait la galerie Selma Feriani (fondée en 2003 à Londres puis à Tunis), mondialement connue et qui, pour ses 10 ans, a quitté le centre-ville pour la zone industrielle du Kram, à 15 min au nordest de Tunis, entre La Goulette, le port de Tunis et Carthage. Début 2024, la galerie y a inauguré un nouveau bâtiment écologique de 2 000 m2 (avec panneaux solaires et système de récupération des eaux de pluie), édifié sous la houlette de l’architecte tunisienne Chacha Atallah et comprenant 800 m2 d’espaces d’exposition, une librairie et un jardin public de sculptures.
Vue de l’exposition monographique de Nidhal Chamekh, « Et si Carthage ? », à la galerie Selma Feriani (2024)
Courtesy de la Galerie Selma Feriani, Tunis / © ADAGP, Paris 2024
Ouverte depuis 2005, la Yosr Ben Ammar Gallery qui expose aussi bien des modernes tunisiens qu’une nouvelle génération d’artistes, notamment du street art, a emménagé en 2022 à La Marsa, dans le quartier en plein développement de Bhar Lazreg, rue du Phosphate, où se sont aussi installées des boutiques de design et d’artisanat.
C’est également dans cette banlieue, mais dans une zone plus défavorisée et semi-rurale, que s’est implantée la plateforme artistique B7L9 (ses coordonnées GPS) pour la démocratisation de l’art contemporain. Sous l’égide de la fondation Kamel Lazaar pour l’art et la culture, elle propose un programme d’événements artistiques accessibles gratuitement : expositions avec médiateurs, rencontres, séminaires et ateliers en interaction avec les communautés locales. Centre d’art fondé en 2007 par la collectionneuse Fatma Kilani dans la zone industrielle La Charguia 1 afin de sensibiliser les employés et les ouvriers à l’art, La Boîte propose trois expositions monographiques par an, en soutien à la création contemporaine du pays.
Il faut retourner en centre-ville pour visiter le 32bis, une association culturelle qui occupe l’ancien siège social de Philips, soit un espace de 2 000 m2 sur trois niveaux où se déploient des expositions, mais aussi des résidences artistiques, une médiathèque et des conférences. Tunis est bel et bien un nouvel hub de l’art contemporain.
Préparer son voyage
Comment s’y rendre ?
Vol direct au départ de Paris (environ 2 h 30, à partir de 200 €)
Où dormir ?
Dar el Jeld
5-10, rue Dar el Jeld • Tunis • +216 70 016 190 • dareljeld.com
Hôtel cinq-étoiles avec jardin, terrasse surplombant la médina, spa et restaurant (environ 200 € la nuit).
Maison d’hôtes Dar Ben Gacem
38, rue du Pasha • Tunis • +216 71 573 086 darbengacem.com
Au cœur de la médina, cette maison du XVIIIe siècle magnifiquement restaurée fonctionne dans un esprit collaboratif avec le voisinage, boulanger, artisans, taxis… (environ 100 € la nuit).
Maison d’hôtes Dar Ennassim
4, rue du Bigaradier • La Marsa • +216 50 815 920
Son architecture marie les styles colonial et arabo-andalou. Bonus : la piscine extérieure sur la terrasse du 2e étage (environ 100 € la nuit).
La Villa Bleue
68, rue Kennedy • Sidi Bou Saïd • +216 71 742 000 lavillableuesidibousaid.com
Où se restaurer ?
Dar el Jeld
5-10, rue Dar el Jeld • Tunis • +216 71 560 916 • dareljeld.com
Cuisine traditionnelle gastronomique dans un établissemenr réputé.
Le Golfe
5, rue Larbi Zarrouk • La Marsa • +216 71 748 219 • restaurantlegolfe.com Pour ses produits de la mer. Ouvert tous les jours de midi à minuit.
Tangerine Rooftop
Route express de Gammarth • Gammarth • +216 24 368 745
Pour boire un cocktail créatif en plein air, sur une gigantesque terrasse.
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