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Artiste des plus novateurs de la Renaissance, Pietro Vannucci, dit Le Pérugin, est allé à bonne école. Né en 1450, il se forme à l’âge de l’adolescence auprès de Piero della Francesca, qui tient un important atelier à Pérouse.
Puis, vers l’âge de vingt ans, direction Florence où il entre en apprentissage chez Andrea Verrocchio, dont l’atelier accueille aussi un certain Léonard de Vinci. C’est là qu’il peaufine son art de la transparence dans les couleurs et de doux effets de lumière. Ses madones et ses représentations de saints font sa réputation.
Pérouse, le Palazzo dei Priori, place du IV novembre
© iStock photo
Auréolée de succès, notamment grâce à sa participation au prestigieux chantier de la chapelle Sixtine à Rome en 1478, la carrière du Pérugin s’enracine en Ombrie, et particulièrement à Pérouse. Le peintre y possède son propre atelier, où il honore de nombreuses commandes religieuses, et enseigne la perspective et l’anatomie au jeune Raphaël. À sa mort en 1523, suite à une épidémie de peste, l’élève aura dépassé le maître !
Juchée sur un promontoire rocheux à près de 500 mètres en altitude, elle est un joyau protégé du temps avec ses murs étrusques et médiévaux. Bienvenue à Pérouse, trésor culturel, regorgeant de vestiges, palais, églises et musées ! Aucune ville au monde ne conserve autant de témoignages de l’art du Pérugin que le chef-lieu ombrien.
Pérugin et atelier, Les Miracles de Saint Bernardin : Le Miracle de l’enfant mort-né, 1473
Tempera sur bois • 75 × 57 cm • Coll. Galleria Nazionale dell’Umbria, Pérouse • © Photo Scala, Florence
Le charme opère dès la Piazza IV Novembre, avec sa fontaine du XIIIe siècle et son Duomo. Tout près se dresse le Palazzo dei Priori abritant la Galleria Nazionale dell’Umbria, qui recèle la plus riche collection de peinture régionale. Enfant du pays, le Pérugin y figure bien sûr en bonne place avec une importante réunion de ses œuvres de toute l’Italie, des panneaux de San Bernardino (1473) aux tableaux de sa maturité, à l’instar de l’Annonciation Ranieri (1487–1489), et jusqu’à la dernière période, avec notamment le Polyptyque de Saint Augustin (1502–1523). Pour poursuivre, à l’étage du Palazzo dei Priori, siège du Collegio del Cambio, on ne manque pas d’aller admirer le cycle de fresques avec lesquelles le Pérugin décora la Sala delle Udienze entre 1496 et 1500. Enfin, on passe une tête dans la chapelle voisine de San Severo, où est conservée la Trinité avec six saints, réalisée avec son élève Raphaël – union sacrée entre deux génies !
Plafond peint du Collegio del Cambio, Pérouse
© Russell Mountford / Alamy via hemis.fr
Si Pérouse foisonne d’églises, la plus incontournable est sans doute la basilique dédiée à saint Pierre dont les origines remontent au moins au XIIe siècle. À la Renaissance, les lieux connaissent de nombreuses transformations et vont s’orner de sublimes fresques et toiles, faisant de la basilique un cœur battant de l’art à Pérouse, avec une collection arrivant juste derrière celle de la galerie nationale de l’Ombrie en termes d’importance !
Pérouse, la basilique Saint Pierre (Basilica di San Pietro)
© E. Bernard / Andia
On y admire de nombreux tableaux de maîtres de la Renaissance comme le Christ au jardin des oliviers attribué à Guido Reni, deux grandes toiles de Giorgio Vasari, et une Pietà de l’école de Sebastiano del Piombo. Le Pérugin vous attend aussi dans la sacristie avec un de ses chefs-d’œuvre : une partie de l’exceptionnel Polyptyque de San Pietro (vers 1496), qui ornait autrefois de ses quinze panneaux aux couleurs flamboyantes le maître-autel de l’église – et dont la partie centrale et la cimaise sont conservées au musée des Beaux-Arts de Lyon.
Basilique Saint-Pierre
74 Borgo XX Giugno • 06126 Perugia
Contrairement à ce que son nom laisse entendre, Le Pérugin n’est pas exactement né à Pérouse… Mais, pas loin, à Città della Pieve ! Accrochée à une colline, cette ville se pare de couleur rouge intense, matériau de ses briques en terre crue. Libre depuis 1228, elle fut l’alliée de Sienne dans ses luttes contre la papauté, et en constant conflit avec Pérouse. On déambule à l’intérieur de fortifications bien conservées, dans ses ruelles médiévales, dont l’une des plus étroites de toute l’Italie : 80 centimètres seulement !
Citta della Pieve
© Stefano Ravera / Alamy via hemis
La cité semble ne pas avoir bougé depuis la venue au monde de l’artiste en 1446. Si sa maison natale ne montre aujourd’hui qu’une simple plaque, la ville du Pérugin abrite certains de ses chefs-d’œuvre, à commencer par son Adoration des Mages que l’on contemple sur un des murs de l’Oratoire de Sainte-Marie des Blancs, rue Pietro Vannucci. Cette fresque de sept mètres de large et de six mètres et demi de haut remontant à 1504 donne à voir de doux visages dans le plus pur style du Pérugin, avec pour décor en fond le paysage d’alors aux environs de Città della Pieve !
Le Pérugin, Adoration des Mages, 1522
Fresque • Coll. église Santa Maria dei Bianchi, Città della Pieve
Remontez vers la place centrale de Città della Pieve et gagnez la cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais, remarquable à son dôme. On y trouve à l’intérieur deux scènes religieuses par le Pérugin. À l’approche de Noël, une belle crèche est installée, avec des figurines en bois, en hommage au peintre. Enfin, les plus curieux passeront aussi de l’autre côté des remparts pour voir sa fresque dans la petite église Saint-Pierre représentant saint Antoine l’Abbé entre saint Paul l’Anachorète et saint Marcel.
Cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais
15 Piazza Plebiscito • 06062 Città della Pieve
Pour terminer votre voyage, misez sur Spello au sud de Pérouse. Ce fascinant village se laisse découvrir en serpentant au cœur de ses étroites ruelles médiévales bordées de maisons de grès, en débouchant parfois sur des panoramas de collines environnantes à couper le souffle.
Le village de Spello
© iStock photo
Si le village de Spello conserve des traces de la présence romaine, dont les vestiges d’un amphithéâtre et des portes augustéennnes, il donne aussi à voir des œuvres tardives du Pérugin. L’église Santa Maria Maggiore en particulier, où le maître excelle. Admirez dans les peintures, les paysages en arrière-plan : voilà l’Ombrie en majesté ! Même ravissement à Corciano, dans l’église de Santa Maria Assunta devant le monumental Retable de Corciano, de plus de deux mètres de haut, montrant l’assomption de la Vierge au Ciel accompagnée d’angelots. Exécuté en 1513, il trône toujours à l’endroit pour lequel Le Pérugin l’a peint.
Pour poursuivre, faites étape à Foligno, où l’on passera par l’Oratorio della Nunziatella pour scruter une fresque du Pérugin représentant le baptême du Christ. Enfin, on peut se recueillir sur le tombeau du maître dans l’église Santa Maria dell’Annunziata à Fontignano – son dernier lieu de travail avant d’être emporté par l’épidémie de peste à plus de 70 ans !
Le Pérugin, Pietà avec Saint Jean Baptiste et Marie-Madeleine, 1521
Fresque • Coll. église Santa Maria Maggiore, Spello • © Photo Scala, Florence
Église Santa Maria Assunta
6 Via della Corgna • 06073 Corciano
S'y rendre
Il est possible de gagner Pérouse en avion, jusqu’à Rome ou Florence, puis en profitant des magnifiques paysages environnants en train.
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