Vue de la pièce de théâtre « Rose Valland. Sauver un peu de la beauté du monde ». Au centre, les acteurs Marion Cador et Rapahel Cohen
© Théâtre de la Boussole
Robe noire, lunettes rondes et chignon serré, Rose Valland alias la « Capitaine des Beaux-Arts », est devenue un symbole de la résistance sous l’Occupation. Si cette attachée de conservation du Jeu de Paume a permis de retrouver 60 000 œuvres d’art saisies par les Nazis de 1945 à 1954, son histoire fut longtemps oubliée.
Déjà honorée dans des expositions et des ouvrages (au musée Dauphinois à Grenoble par exemple en 2020), elle tient aujourd’hui le premier rôle dans une pièce au théâtre de la Boussole, adaptée elle-même de la biographie « Rose Valland, l’espionne à l’œuvre », parue en 2023 (éd. Robert Laffont).
Le spectacle mis en scène par Maud Lesur retrace l’itinéraire de cette espionne française au destin héroïque, de l’arrivée à Paris de l’ERR (Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg) chargé de la confiscation des biens culturels dont elle notera avec précision toutes les opérations pour les communiquer à Jacques Jaujard, directeur des musées nationaux, jusqu’à son départ en Allemagne après la Libération, sur les traces des œuvres pillées à restituer.
Vue de la pièce de théâtre « Rose Valland, Sauver un peu de la beauté du Monde », mise en scène par Maud Lesur au Théâtre de la Boussole à Paris
© Théâtre de la Boussole
Interprétée par Alexandra Sarramona, Rose Valland apparaît comme la résistante courageuse qu’elle fut avant d’être une figure majeure des restitutions après-guerre, dont on se demande bien pourquoi elle a été effacée de la mémoire collective. Mais, la pièce s’intéresse également plus largement à l’art au cœur de la Seconde Guerre mondiale durant laquelle 650 000 œuvres auraient été volées. Parmi elles les œuvres de Van Gogh, Matisse, Dalí, Monet ou Dubuffet, qui défilent dans une scénographie efficace constituée de panneaux rotatifs. L’adaptation nous plonge ainsi dans les œuvres des plus grands maîtres de l’art moderne, dont nombreux furent considérés à l’époque comme « dégénérés ».
Vue de la pièce de théâtre « Rose Valland, Sauver un peu de la beauté du Monde ». De gauche à droite, Antoine Bobbera, Alexandra Sarramona et Rémi Couturier
© Théâtre de la Boussole
Palpitant récit d’espionnage en même temps que leçon d’histoire et d’histoire de l’art, accessible aux enfants dès 8 ans, « Rose Valland, sauver un peu la beauté du monde » est une nouvelle étape dans la reconnaissance de cette résistante. Et bonne nouvelle : la pièce connaît un tel succès qu’elle est prolongée jusqu’au 27 avril.
Rose Valland, sauver un peu la beauté du monde
Au théâtre de la Boussole
Du mercredi au samedi à 19h30 jusqu’au 27 avril 2024
Tout public, dès 8 ans.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du théâtre de la Boussole.
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