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Week-end arty

Palerme, laboratoire du XXIe siècle

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Publié le , mis à jour le
Faire de la capitale sicilienne un jardin planétaire : telle est l’ambition de Manifesta, biennale généreuse d’art contemporain qui effectue un travail de terrain remarquable. L’occasion idéale d’aller à Palerme moins comme un touriste que comme un acteur citoyen.

Jour 1. 10h. Tout part du Teatro Garibaldi

Jusqu’à présent désaffecté, l’étonnant Teatro Garibaldi, mille-feuille de différentes époques, sert de place centrale à la 12e édition de Manifesta. Le lieu idéal pour démarrer son week-end avec des événements, performances et concerts prévus tout l’été – tout comme la piazza Magione alentour, couverte de gazon, et la petite crypte qui y est posée. Ainsi se trouve ragaillardi le quartier de la Kalza, truffé de souvenirs des occupants arabes au IXe siècle et de palais baroques, mais où il ne faisait pas bon traîner il y a encore peu si l’on ne fricotait pas avec la Mafia. Ou comment faire de l’art contemporain un des outils de renaissance de la città au passé si prestigieux.

Teatro Garibaldi
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Teatro Garibaldi

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© Manifesta 12 / Photo CAVE Studio

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Teatro Garibaldi

12h. Rendez-vous au jardin

C’est au soleil de midi que ce somptueux jardin botanique est à son sommet de beauté. Parmi les plus anciens et les plus riches d’Europe, il sert à Manifesta de point de repère autant géographique que conceptuel pour envisager la ville. Haut lieu de la diversité, parabole de l’enrichissement qu’autorisent les migrations, avec ses essences venues du monde entier, il est l’un des lieux principaux de la biennale. De serres vitrées en arbres rares, les artistes l’investissent, inspirés par le concept de jardin planétaire. Les visiteurs les plus courageux, séduits par cette idée inventée par le paysagiste Gilles Clément, s’aventureront jusqu’à la ZEN, la Zona Espansione Nord, un quartier en déshérence où ce dernier a créé un jardin surgi de nulle part, pour et avec les habitants.

Orto Botanico
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Orto Botanico

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© Manifesta 12 / Photo CAVE Studio

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Orto botanico

Ouvert de 9 h 00 à 20 h 00

16h. Plongée en pleine Renaissance

À quelques pas du Q.G. de Manifesta, le Palazzo Abatellis offre une somptueuse occasion de décrocher un peu de l’art contemporain. Ravagé par les bombes en 1943, il a été restauré par le roi de la mise en scène, l’architecte Carlo Scarpa. Dire qu’il a réalisé là une scénographie sur mesure relève de l’euphémisme : chaque œuvre, chaque salle, a son écrin, son intelligence, son dialogue avec la lumière. Un buste Renaissance posé sur un pan vert, un visage d’enfant respirant sur fond rouge, une salle de crucifixions à couper le souffle, une Vierge de l’Annonciation d’Antonello da Messina sertie dans un coffre de bois… En suspens ou jouant sur le monochrome, la collection est stupéfiante. Un moment rare.

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Palazzo Abatellis

Jour 2. 10h. De palais en palais

Une promenade en front de mer, des orangers, une façade baroque… Comment ce palais a-t-il pu rester si longtemps abandonné ? Situé aux confins de la Kalsa, il vient enfin d’être restauré et rouvre à l’occasion de Manifesta. Son dédale du XVIIIe siècle abrite notamment cet été les débats délocalisés de La Colonie, le lieu de réflexion ouvert par Kader Attia près de la gare du Nord, à Paris. Derrière le Butera, un autre palazzo, représentatif de l’éclectisme du XIXe siècle, participe aussi à la biennale : le Forcella De Seta, avec sa salle de l’Alhambra et celle des mosaïques.

Palazzo Forcella De Seta
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Palazzo Forcella De Seta

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© Manifesta 12 / Photo CAVE Studio

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Palazzo Butera

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Palazzo Forcella De Seta

12h. À midi ou à minuit

Expositions de photos, mais aussi concerts, tournages, projections, cours de langues à l’Institut français, il se passe tous les jours quelque chose dans ces anciens chantiers navals, réhabilités en friche culturelle. À visiter de jour comme de nuit.

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Cantieri Culturali della Zisa

15h. À l’ombre de l’architecture arabo-normande

Chef-d’œuvre de l’architecture arabo-normande du XIIe siècle, le castello della Zisa (dérivé de l’arabe « al-Azîz », signifiant « splendeur » ou « préciosité ») est un havre de fraîcheur où se remettre de la touffeur estivale grâce à son système de ventilation ultra-élaboré (et 100 % électrique). Autour d’un patio richement décoré de nids-d’abeilles et de mosaïques à fond d’or, le parcours s’articule autour d’une petite collection d’art islamique. Mais il vaut surtout le détour pour comprendre la sophistication de l’architecture, qui révèle ici ses coulisses sous des planchers de verre.

Castello della Zisa
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Castello della Zisa

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© Claudio Cassaro / Sime / Photononstop

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Castello della Zisa

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Y aller ?

Vols réguliers au départ de Paris-Orly et Lyon

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Où se loger ?

Grand hôtel et des palmes

Via Roma • 398 +39 091 602 8111

Charme désuet des grands palaces, avec alcôves et piano. À partir de 106 €

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Où manger ?

La Vecchia Locanda

Piazzetta del Messinese, 8/9 • +39 091 617 0235

Des plats succulents, une terrasse au calme, à deux pas des hauts lieux de Manifesta 12. Menu autour de 30 €.

Café du Teatro Garibaldi

Via Teatro Garibaldi, 46/56

Excellent café, soupes et salades délicieuses, et de belles rencontres… Le café, ouvert dans le cadre de Manifesta, est idéal pour les petits creux. Plat autour de 10 €.

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Manifesta 12 Palermo : «Le jardin planétaire»

Jusqu’au 4 novembre, à travers la ville

Via Teatro Garibaldi, 46/56

+39 091 623 0804

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