Clermont-Ferrand s’éveille tout particulièrement le samedi, avant de s’endormir le dimanche. Pour cette première journée, imprégnez-vous donc de l’atmosphère clermontoise en vous baladant dans l’hyper-centre, en commençant par exemple par la place de Jaude, point de tous les rendez-vous. Une statue de Vercingétorix signée par Auguste Bartholdi (sculpteur de la statue de la Liberté de New York) défie avec panache les volcans environnants, et cela depuis 1903. L’Opéra-Théâtre de la ville se trouve à deux pas, sur le boulevard Desaix, axe qui coupe la place en deux ; on ira donc feuilleter son programme et admirer sa façade fastueuse, conçue dans les années 1890 par l’architecte local Jean Teillard.
La Place de Jaude
Photo Ville de Clermont-Ferrand / Direction de la communication
Puisque les musées qui nous intéressent font la grasse matinée jusqu’à 14 heures, direction les boutiques culturelles aux histoires singulières. La librairie des Volcans, à 5 minutes de la place de Jaude, est une miraculée : en 2014, elle a été sauvée de la faillite par douze salariés qui l’ont rachetée et transformée en SCOP (Société coopérative et participative). Très vaste et fort fréquentée, elle vend également des disques, des films et de la papeterie, et se trouve juste en face de la Maison de la Culture, où les curieux pourront encore une fois jeter un œil aux programmes de la ville. Les branchés courront un peu plus au nord, chez Ne rien faire. Ce disquaire (ouvrant lui aussi à 14 heures les samedis) a été créé par le label clermontois Kütu Records, qui s’est associé au Cahier Bleu, une collection de livres auto-édités, et au Pack Culture, qui propose divers événements, pour ouvrir ce lieu unique, où l’on flâne en regardant une expo et en feuilletant un livre, les oreilles séduites par une jolie bande-son.
Terrasse de l’espace Ne Rien Faire
Librairie Les Volcans
Ouvert du lundi au samedi de 10 heures à 19 heures
80, boulevard François Mitterrand, 63000 Clermont-Ferrand
Ne rien faire
Ouvert du lundi au vendredi de 10 heures à 18 heures et le samedi de 14 heures à 18 heures.
14, place du Terrail, Disquaire, 63000 Clermont-Ferrand
Impossible d’ignorer les fromageries, boucheries et autres commerces de bouche qui rappellent l’importance du terroir auvergnat dans toute la ville. Pourquoi ne pas traîner un peu autour du marché Saint-Pierre, entouré de nombreux restaurants ? Certains modernes proposent des menus plutôt légers, d’autres façon bouchons lyonnais (gare aux envies de sieste !). Les amateurs de shopping odorant pourront même y pénétrer et acheter des fromages du coin – Saint-Nectaire, Cantal, bleu d’Auvergne… Car l’art, c’est aussi l’art de vivre, surtout dans cette région imprégnée d’un patrimoine culinaire centenaire.
Le Marché Saint-Pierre
© Photo Ville de Clermont-Ferrand / Direction de la communication
À une minute de là, dans la rue des Gras (cela ne s’invente pas, surtout après un tel repas), se trouve le Centre photographique de Clermont-Ferrand, installé depuis 2010 dans un bâtiment historique hérité du XVIe siècle, l’hôtel Fontfreyde. Du 13 octobre au 31 décembre 2017, on découvre Dommages & Refuges : six femmes photographes venues de France, de Pologne et d’Espagne portent un regard politique sur le monde et les territoires qui les entourent. Une puissante conversation entre les images qui nous introduit parfaitement à un après-midi tourné vers l’art contemporain.
Vue de l’exposition Dommages et Refuges à l’Hôtel Fontfreyde — Centre photographique
© Photo Ville de Clermont-Ferrand / Direction de la communication
Dommages & Refuges
Du 13 octobre 2017 au 31 octobre 2017
Hôtel de Fontfreyde - Centre Photographique • 34 Rue des Gras • 63000 Clermont-Ferrand
clermont-ferrand.fr
Cinq minutes seulement, et vous vous retrouverez dans le monde absurde de Zoe Barcza, entre les murs de l’association In Extenso, qui occupe un petit local de 25 mètres carrés dans la rue de la Coifferie. Du 12 octobre au 16 décembre 2017, Zoe Barcza présente Mother’s Milk, un projet lié à la programmation Résonance de la Biennale de Lyon. Cette artiste canadienne née en 1984, qui a fait ses études en Allemagne et vit maintenant en Suède, propose une immersion dans un dialogue écrit par Erik Lavesson entre deux personnages, Théo et Vincent, qui s’alarment de la dégradation de la planète et de l’alimentation de chacun. On rit jaune…
In extenso, vue de l’exposition Zoe Barcza — Mother’s Milk, 2017 en résonance avec la 14e Biennale de Lyon
© Photo Vincent Blesbois
En 2003, un grand garage a été réinvesti par la ville de Clermont-Ferrand pour y développer des expositions d’art contemporain. Auparavant investie par des commissaires indépendants, la Tôlerie est aujourd’hui dirigée par l’association Non-breaking space. Cet automne, levez le nez : l’artiste allemand Veit Stratmann (né en 1960) a installé une trentaine de tubes fluorescents dont la rotation s’active tous les jours à 16 heures pile. Une chorégraphie lumineuse qui surplombe la Tribune du Suisse Fabrice Gygi (né en 1965), prêtée par le FRAC Bourgogne : quatre bancs sous un toit en tôle entouré par trois parois de bâches en plastique. L’illusion est totale, on y pénètre comme pour s’abriter de la pluie, fuir quelque chose… Oui, mais quoi ? Mystère !
Veit Stratmann, Pour la Tôlerie, 2016
32 tubes fluorescents équipés d’un bloc moteur • Rotation quotidienne à 16h • Courtesy de l’artiste, de la galerie Valentin, Paris, et de La Tôlerie, Clermont-Frrand / © Photo Vincent Blesbois
Il s’y passe toujours quelque chose : ouvert jusqu’à 23 heures, le café Les Augustes (à une vingtaine de minutes à pied de la Tôlerie) cuisine des produits locaux et issus de l’agriculture biologique ; il organise également des ateliers de théâtre, des discussions philosophiques, des concerts, des soirées jeux de société… Tenu par une association, ce café a quelque chose d’émouvant, d’engagé, de rebelle : on y trouve une sélection de livres politiques et de journaux, histoire de garder un œil grand ouvert sur ce qui se passe ailleurs. Remarquons, une nouvelle fois, que c’est grâce au dynamisme d’initiatives citoyennes que notre week-end clermontois est aussi riche en culture et en rencontres. Une bonne nouvelle pour 2028 : les Auvergnats sont prêts !
Devanture du café Les Augustes, 2014
Les Augustes
Ouvert du lundi au samedi de 11 heures à 23 heures
5, rue sous les Augustins, 63000 Clermont-Ferrand
Passé le petit choc que provoque le dimanche matin à Clermont-Ferrand – les rues, hier animées et vibrantes de mille activités, semblent maintenant aussi ternes que les murs sombres de la ville –, on profitera du calme ambiant pour consacrer notre journée à l’architecture et aux parcs publics. Direction la très célèbre cathédrale Notre-Dame de l’Assomption, qui domine la ville de ses deux tours façon bonnet d’âne. La première pierre fut posée en 1262, et l’ensemble de l’architecture répond aux codes de l’art gothique. Située au sommet d’une butte dont le tracé des rues et des places est vieux du IIIe siècle (!) – lorsque Clermont-Ferrand était encore une petite ville fortifiée –, l’édifice est remarquable pour son utilisation de la pierre de Volvic.
Cathédrale de l’Assomption
Photo Ville de Clermont-Ferrand / Direction de la communication
Si vous êtes d’humeur sociale, papotez avec les cafetiers alentours : ils vous raconteront la soirée spectaculaire du samedi 7 octobre 2017, qui a vu l’artiste Vincent Glowinski danser devant la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption. Son corps, filmé par une caméra suspendue, dessinait par projection sur la façade toutes sortes de formes poétiques. C’était l’un des projets du week-end Effervescences, qui préparait la ville à sa candidature au titre de Capitale de la Culture et qui a reçu un très bel accueil. 50 000 personnes, une parade gigantesque, de très nombreux spectacles en plein air, dans des friches réinvesties… Car nous y étions, nous pouvons le dire : le potentiel de la ville est très excitant, et le projet artistique est porté par Philippe Kauffmann, autrement dit l’homme qui est derrière le succès de Lille 2004, Marseille-Provence 2013 et Mons 2015… Prometteur !
Le spectacle de Glowinski lors d’Effervescences
Photo Ville de Clermont-Ferrand / Direction de la communication
Retour vers le calme et le sud de la ville, plus exactement au jardin Lecoq. Les racines de ce très joli parc de cinq hectares sont profondes, puisqu’il a été initié en 1780 par un abbé (dont le nom est évocateur : Delarbre !), puis redessiné au XIXe siècle, avant d’être agrémenté d’une roseraie et d’une grotte artificielle dans la première moitié du XXe siècle. Un restaurant panoramique accompagné d’une vaste terrasse achève de faire du jardin Lecoq un lieu de paix et de bonheur dominical, où les familles clermontoises fêtent leur anniversaire en regardant les cygnes.
Le jardin Lecoq
Photo Ville de Clermont-Ferrand / Direction de la communication
Pas de passage en région sans coup d’œil au FRAC local ! Du 7 octobre 2017 au 7 janvier 2018, l’institution, née en 1985, propose une exposition collective intitulée Le Divan des murmures, qui met en face-à-face sa propre collection – spécialiste de la peinture et de l’image sous toutes ses formes (photographie, vidéo, cinéma) – et celle du FRAC Rhône-Alpes, plus aventurière et expérimentale. On y croise Simon Hantaï, David Lynch, Michelangelo Pistoletto, et le propos, qui compare deux ambitions, pose avec intelligence la question des collections publiques d’art contemporain et de leur cohérence.
Vue de l’exposition Le Divan des Murmures au FRAC Auvergne
© DR
Vingt-six hectares de pelouses et de bois dominent la ville. Le parc Montjuzet est l’un des plus jolis parcs de France : il est vaste, peuplé d’arbres méditerranéens et d’essences exotiques, ainsi que de deux sculptures d’art contemporain signées par le sculpteur monumental Takashi Naraha (né en 1930) et par Carlos Cruz-Díez (né en 1923), représentant de l’art optique. Pour accéder au parc, il vous faudra grimper à travers des rues résidentielles très sages, mais le jeu en vaut la chandelle. C’était d’ailleurs le rendez-vous inaugural du week-end Effervescences, avec installations de feux dans les arbres et concerts sur l’herbe. Asseyez-vous sur un banc, face à la ville qui s’étend devant vous, pour savourer le panorama, ou glissez sur les gigantesques toboggans qui dévalent la pente – pour ainsi retomber en enfance.
Carlos Cruz-Diez, Fontaine d’Induction Chromatique, 1996
Oeuvre in situ • 100 x 1100 cm • Courtesy Atelier Cruz-Diez, Paris / © Adagp, Paris 2017
À propos de pente, et si vous êtes venus en voiture, n’oubliez surtout pas de vous arrêter devant les très impressionnantes pistes Michelin, situées à côté du musée L’Aventure Michelin (qui a marqué l’histoire industrielle de la ville). Si la visite semble relativement accessoire, on retiendra surtout l’architecture vertigineuse de ces pistes routières qui s’élancent vers le ciel, avec une infinie lourdeur. Quel drôle de spectacle ! Philippe Kauffmann, directeur artistique de Clermont-Ferrand 2028, nous a confié qu’il espérait bien pouvoir les reconvertir ; en effet, il y a de quoi être excité par cette perspective. Ainsi, Clermont-Ferrand dévoile, le temps d’un week-end, un terreau propice aux projets et un patrimoine des plus singuliers, qui nous fait rêver d’une candidature faite de friches réinvesties, entretenant un lien étroit avec le territoire. Passionnant !
Les pistes Michelin
© Michelin
En savoir plus
L’agenda culturel de Clermont-Ferrand est à retrouver sur :
Paris-Clermont-Ferrand : en route !
Départ de la gare Paris Bercy le vendredi à 18h
Retour le dimanche à 19h26
Trajet de 3h40
Où se loger ?
Holiday Inn Clermont-Ferrand
Situé à deux pas du jardin Lecoq et de la librairie Les Volcans, cet hôtel central confortable possède quelques atouts de taille : une belle verrière où l’on prend son petit-déjeuner au soleil, une terrasse pour les aventuriers et de grandes chambres confortables avec vue sur les volcans. Le matin tôt, vous pouvez voir la lune qui flotte dans le ciel, au dessus des reliefs montagneux…
59, boulevard François Mitterrand, 63000 Clermont-Ferrand
Chambres à partir de 100 euros
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