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Pendant des siècles, elle est restée à part, résistante et suscitant bien des convoitises. Plutôt mal connue, l’histoire de Ravenne figure parmi les plus mouvementées de la péninsule italienne. Capitale de l’Empire romain d’Occident jusqu’à sa chute en 476 ap. J.-C., la ville ouverte sur la mer Adriatique (avant qu’elle ne s’ensable), fut sous domination des « barbares » ostrogoths, avant d’être reprise en 540 par les Byzantins lors de la conquête menée par l’empereur Justinien.
Reconquise à nouveau par les ostrogoths, puis récupérée par le général de l’empire d’Orient, la cité devint siège de l’exarchat byzantin d’Italie… Ravenne jouira de ce statut à part, avant de tomber, en 752, dans les mains des Lombards.
Basilique de San Vitale, Ravenne
© iStock photo
L’histoire des premiers chrétiens à Ravenne, construite comme un tableau couche après couche, entre Orient et Occident, demeure aujourd’hui gravée dans la pierre. Cet art paléochrétien est en particulier racontée à travers ses mosaïques, les plus éblouissantes du monde ! En balade dans la cité d’Émilie-Romagne ? Tenez-vous prêts à en avoir plein la vue…
Choc esthétique garanti ! Bijou architectural, Ravenne peut s’enorgueillir d’abriter huit monuments paléochrétiens inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. L’émerveillement commence sitôt passées les portes du mausolée de Galla Placidia : assez modeste, douze mètres sur dix, tout de briques. Érigé sous la domination de l’Empire romain d’Occident, il est nommé d’après Galla Placidia (388–450), fille de l’empereur romain Théodose Ier (347–395), qui plaça sa progéniture sur le trône de l’Empire romain d’Occident et avait sa cour à Ravenne. Le mausolée de Galla Placidia (qui ne sera jamais enterrée là) servait d’oratoire au culte de saint Laurent. Quel contraste à l’intérieur ! Voûte bleu céleste étoilée, drapés d’or sur le Bon Pasteur, agneaux au blanc bien moutonneux… Autour d’une grande croix dorée, chaque centimètre de la coupole centrale brille par sa beauté. Les mosaïques, sous influence byzantine, impressionnent par leur conservation.
Mosaïque murale du mausolée de Galla Placidia de Ravenne
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Mosaïque de la Vierge à l’Enfant, entourée par des anges, Basilique Sant’Apollinare Nuovo, Ravenne
© Salvatore Leanza / Alamy via hemis.fr
De là, remonter le fil de l’histoire jusqu’à la période où le roi ostrogoth Théodoric le Grand s’impose et imprime sa marque à Ravenne. Elle resplendit notamment à l’intérieur de la basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf, dont Théodoric ordonna la construction au Ve siècle et qui conserve aujourd’hui son souvenir, et celui de sa cour, en des mosaïques polychromes. Observez bien aussi, au registre inférieur d’un mur, le port de Classis lequel donnait autrefois à Ravenne un accès stratégique à la mer avant qu’elle ne soit rattrapée par le sable. Enfin, comme de nombreux édifices de Ravenne, cette basilique abrite aussi des témoignages de la période byzantine. L’histoire de la ville se goûte par strates.
La nef de la Basilique Sant’Apollinare Nuovo, Ravenne
© Jozef Sedmak / Alamy via hemis.fr
Éloignons-nous un peu du centre, allons à 1 km au nord-est, pour découvrir un autre joyau hérité de Théodoric, le roi « barbare » : son mausolée. Point de mosaïques en ce lieu qui aurait abrité la dépouille royale, mais une architecture en pierre blanche d’Istrie (actuelle Croatie), avec un plan consistant en deux décagones, plutôt original. Ce mausolée, exemple unique d’une tombe de roi barbare, est emblématique de cet art paléochrétien où l’on assiste à une fusion de la tradition gréco-romaine, de l’iconographie chrétienne et des styles orientaux et occidentaux.
Mausolée de Théodoric le Grand à Ravenne
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Place à l’opulence ! L’un des clous de la découverte de Ravenne est sans doute Saint-Vital, chef-d’œuvre du VIe siècle qui combine les influences romaine, avec son dôme et ses tourelles, et byzantine avec sa nef polygonale, ses murs en briques et ses chapiteaux. Les murs de cette imposante basilique, bâtie entre 527 et 548, recèlent une série de stupéfiantes mosaïques et de pavements de marbre, relatant certains événements de la Bible, et mettant en scène avec maestria les souverains, l’empereur Justinien et son épouse Théodora, et leur cour. À ce titre, les panneaux de l’abside attireront forcément votre regard, avec leur éclatant cortège de verts et de bleus où défilent l’empereur et l’impératrice.
Les mosaïques de la Basilique de San Vitale, Ravenne
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Toutes les merveilles de chaque chapelle de cette église se sont élaborées au fil des siècles : admirez donc la virtuosité des artistes pour produire une iconographie chrétienne dans un style oriental ! Le fond d’or, typique de l’art byzantin, où lévitent Jésus et ses apôtres, est tout simplement éblouissant. Comme quiconque vient à Ravenne, ces chefs-d’œuvre ont profondément marqué des artistes tels que Gustav Klimt, maître viennois des décors d’or. En visite à Saint-Vital en décembre 1903, l’auteur du Portrait d’Adèle Bloch-Bauer loue sa « splendeur sans pareil ».
Prolongez le ravissement en faisant cap vers Classis (Classe en italien), l’ancien port de Ravenne, où se trouve la basilique Saint-Apollinaire in Classe fondée au VIe siècle, ce qui la fait figurer au classement des plus anciennes églises d’Europe. Ses mosaïques portent l’empreinte du peuple byzantin installé ici, dont faisait partie Apollinaire. Venu d’Antioche à la fin du Ier siècle ou au début du IIe siècle, il fonda la première communauté chrétienne de Ravenne et en fut l’évêque. Le religieux trône aujourd’hui encore sur les parois de l’abside dans une chatoyante composition de mosaïques, telle une tapisserie minérale précieuse.
La nef de la Basilique Sant’Apollinare in Classe, Ravenne
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Y aller
En avion : depuis Paris, vous trouverez des vols réguliers pour Bologne, reliée à Ravenne en 1h environ par le train.
Office de tourisme : piazza San Francesco, 7 ; tél. : +39 0544 35755 ; www.italia.it
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