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Sur Arte, une série documentaire mêle investigation numérique et histoire de l’art

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Le tableau “Les Ménines” de Diego Vélasquez (1656-1657) étudié dans le 5<sup>e</sup> épisode de la série, “La « naine » de la cour d’Espagne”
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Le tableau “Les Ménines” de Diego Vélasquez (1656-1657) étudié dans le 5e épisode de la série, “La « naine » de la cour d’Espagne”

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© Arte / Capa Presse

Courtisane, « nain de cour », esclave, castrat, personne transgenre… Qui sont ces femmes et ces hommes au second plan des tableaux célèbres ? D’eux, on ne connaît presque rien, ni le nom ni le destin. Pourquoi sont-ils représentés ? Que nous disent-ils de l’époque à laquelle ils ont été peints ?

Voilà le point de départ de cette nouvelle web-série d’Arte, « Quelle histoire ! Enquête sur la toile ». En utilisant les méthodes d’enquête de l’OSINT (Open Source Intelligence), qui consiste à exploiter des données disponibles en accès libre sur internet, la série documentaire en six épisodes de dix minutes nous révèle l’identité de ces personnages apparemment secondaires, et porte un nouveau regard sur l’histoire de l’art.

Une facette de la société de l’époque

Robert Thom, J. Marion Sims : chirurgien gynécologue, extrait de « L’histoire de la médecine »
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Robert Thom, J. Marion Sims : chirurgien gynécologue, extrait de « L’histoire de la médecine », 1952

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Huile sur toile • 144.15 cm x 116.84 cm • Coll. musée d’Art de l’Université du Michigan, Ann Arbor • © Arte / Capa Presse

De l’Espagne du Siècle d’or aux États-Unis des années 1950 en passant par le Berlin des Années folles, chaque enquête nous raconte une facette de la société dans laquelle l’artiste évolue lorsqu’il peint sa toile. Avec Les Ménines (1656), chef-d’œuvre de Diego Vélasquez, c’est l’attrait de la royauté, aux XVIe et XVIIe siècles, pour les « nains de cour » qui est raconté à travers la personne de petite taille Maria Bárbola. Le tableau J. Marion Sims: Gynecologic Surgeon de l’Américain Robert Thom, peint en 1952, témoigne, quant à lui, des tortures pratiquées sur des esclaves noires par James Marion Sims, considéré comme le père de la gynécologie moderne. Dans un autre épisode encore, une peinture de Francesco Battaglioli, intitulée Ferdinand VI et Barbara de Bragance dans les jardins d’Aranjuez, donne un aperçu des atrocités subies par des centaines de jeunes chanteurs, castrés au nom de la musique.

Des centaines d’archives numériques

Extrait du second épisode « Castré pour la gloire » de la série « Quelle histoire ! Enquête sur la toile »
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Extrait du second épisode « Castré pour la gloire » de la série « Quelle histoire ! Enquête sur la toile »

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© Arte / Capa Presse

Comment ces enquêtes ont-elles été menées ? Pour chaque œuvre, la web-série nous donne toutes les clés pour comprendre le cheminement de l’investigation, pas à pas. La notice du tableau, sur le site du musée où il est conservé, constitue généralement une première piste. Les archives numérisées de différentes institutions, comme celles de la Bibliothèque nationale de France via l’outil Gallica, ou encore celles du Congrès américain, s’avèrent être aussi des mines d’informations. En exhumant ainsi des centaines de documents numériques, notamment des biographies ou dictionnaires disponibles en ligne, le récit progresse d’indice en indice, au rythme des découvertes faites sur la toile.

Nouvel outil phare du journalisme numérique, la méthode d’enquête en source ouverte, principalement utilisée jusque-là pour des sujets liés à la cybersécurité ou pour couvrir des zones de guerre, se révèle être également pertinente en histoire de l’art. Le pari est donc réussi pour cette enquête numérique absolument passionnante !

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Quelle histoire ! Enquête sur la toile

6 épisodes de 10 minutes

Une web-série documentaire de Elisa Hélain, Clara Losi, Noémie Mayaudon
Coproduite par ARTE France et Capa (Newen Studios)
Sur arte.tv

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